COMMERCE DE L'INDE
de la Péninsule un commerce direct d'une trentaine de millions‘. L'intercourse augmente d'année en année avec l'Australie, pour l'exportation des riz, du thé, du café et l'importation du cuivre et des chevaux. Les envois de l'Inde dépassent régulièrement ses achats de 250 à 600 millions de francs”, et cet écart, payé presque c:clusivement en monnaies d'argent’, contribue à maintenir dans le monde la valeur proportionnelle de ce métal avec celle de l’or. Mais, sous une autre forme, traitements ct intérêts d'actions, presque tous ces bénéfices de l’Inde retournent à la Grande-Bretagne, parasite de ses possessions coloniales.
Profitant de la plus grosse part du commerce de l’Inde, les Anglais en sont aussi les intermédiaires. C'est à eux qu’appartiennent les trois quarts des navires qui apportent et remportent marchandises et denrées, et grâce aux bateaux à vapeur qu'ils ont construits spécialement pour le passage du canal de Suez, ils se sont emparés du monopole comme chargeurs. Le nombre des bâtiments qu'ils emploient pour ia navigation entre la Grande- Bretagne et les ports de l'Inde, Bombay, Calcutta, Madras, Rangoun, Karatchi, a diminué pendant les vingt dernières années, mais leur capacité s'est accrue et les voyages se sont suivis de plus près, les bateaux à vapeur ayant pris en grande partie la place des voiliers ; quoique beaucoup moins nounbreux, ils représentent déjà plus de la moitié du tonnage”. En outre, 4000 embarcations montées par des indigènes longent le littoral en touchant de port à port’. Ce n’est pas tout : le commerce des côtes orienlales de l'Afrique, de Socotora et de Madagascar, se trouve presque en entier entre les mains de marchands baniah; dans ces contrées, les voyageurs ont l’étonnement d'entendre parler hindoustani comme dans la péninsule du Gange.
Quant an “ommerce par les frontières continentales, il n'a de réelle importance avec le royaume d’Ava, par le cours de l'Irraouaddi; les
1 Conmmeree de la France avec Pondicherry et les autres ossessions de l'Inde en 1880 : 09 416 90 francs.
# Ecar: eutre les exportations et {es importations e l'Ins + en dix années, de 1865 à 1874 : 2811 275 259 francs.
$ Exportation de l'Inde pendant l’année fiscale 1880-1881 : 1 862 948 925 francs. importation » » » » 1256971875 »
# Mouvement de la navigation pour le commeres extérieur de l'Inde pendant l'année fiscale 1879-80 : 9744 voiliers, jaugerut à + + . + . 2 475 000 tonnes. 2400 bateaux à vapeur +... 2750000
Ensemble : 19 144 navires. jaugeant, . . . , . . . « . 5 525 000 tonnes. 5 Cahotage sur les côtes 4: l'Inde nendant l'année fiscale 1877-1878 : 519 624 bâtiments, jau- CA,
geant 15 752 246 tonnes, Valeur du commerce de subotage + 1 693 360 00û francs.
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autres pays d’outre-frontière sont, par ordre d'activité commerciale, le Nepal, Caboul, le Kachmir et Kandahar.
Les relations de commerce, sans cesse »ccrues, qui rapprochent loutes les provinces, sont encore loin d’avoir effacé les distinctions de castes dont les mœurs et les traditions séculaires ont fait le dogme le mieux observé des religions nationales. En aucune autre contrée, les contrastes originaires que les diversités de naissance, de richesse, d'instruction, de métier, toutes les inégalités sociales en un mot, ont fait surgir entre les hommes, n’ont été maintenus d’une manière aussi tranchée que dans la Péninsule Cisgangétique. Partagés en une foule de sociétés qui n’ont point de relations mutuelles et que sollicitent des intérêts différents ou mème opposés, les Iindous ne constituent point un peuple : dans aucune province, même là où tous parlent la mème langue, un lien commun de patriotisme ne réunit pauvres et riches, pariahs et brahmanes. Tous divisés, ils rendent la tâche facile à qui veut régner sur eux. Quelque haine qu'ils aient pour le dominateur, ils lui savent gré de l'oppression qu’il fait peser sur les autres
Les recherches des indianistes ont établi d’une manière indiseutable que la prétendue division originaire de la population en quatre castes où « quatre couleurs », celles des Brahmanes ou prêtres de couleur blanche, des rouges Kehatryas ou guerriers, des Vaïsyas ou marchands à teint jaunètre, des noirs Soudras ou laboureurs, est une conception relativement moderne, due aux commentateurs des ouvrages sacrés'. Ces strates régulières de la société hindoue n’ont jamais eu d'existence réelle; à toutes les époques, les mille contrastes produits dans les diverses régions de l'Inde par la différence des professions, des métiers, du genre de vie, devaient avoir pour conséquence une grande diversité de eastes et en rendre impossible la classification précise, Les écrivains grees et latins parlent de sept eastes, non de quatre, et cependant ils ne connaissaient qu'une partie des plaines septentrionales. Actuellement on ne peut reconnaitre, d’une manière Lout à fait générale, que l'existence de quatre groupes : les brahmanes, les gens des campagnes, les marchands, les industriels ?,
Même la easte dominante, celle des brahmanes, issue, dit la légende, de la tête de Brahma, est formée en réalité de castes nombreuses, n'ayant
1 Muir, Sanskrit Texts on the Pcople of India. # Nelson, Madoura Country
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