‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 313 sur 471 · LL · texte numérisé non relu

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l'Hindou que les animaux eux-mêmes sont classés parallèlement aux groupes humains : les rats palmistes sont réputés bêtes de bonne caste; les corbeaux ne sont que de vils pariah".

D'après les brahmanes, qui veulent donner à leur pouvoir une consécration divine, les castes seraient d’origine religieuse ; les dieux mêmes auraient ainsi classé les hommes. Il est vrai que les castes sont entrées dans la religion, ou même lui sont devenues supéricures : € Qu'importe la foi, pourvu que l'on conserve sa caste*! » est une parole que répètent souvent les brahmes. Mais dans l’Inde, comme en tout autre pays, les origines de la caste se trouvent à la fois dans le clan et dans le métier. Là où deux peuplades, différentes par l'aspect, les mœurs, les occupations, se trouvaient juxtaposées, elles restaient distinctes, et les caractères de race se transformaient peu à peu en traits de castes : c’est par centaines que l'on peut citer les groupes distinets de l'Inde septentrionale qui sont des clans d'immigrants et d’aborigènes non encore fondus en une mème nation. Mais les castes ne procèdent pas moins du métier que de la race : quand la profession et l'origine diffèrent également, ce qui est le cas ordinaire dans la plus grande partie de la Péninsule, chaque groupe particulier s’isole comme s’il voulait dresser autour de lui un mur d’airain*. Guildes et corporalions se sont aussi formées en Europe; mais, pour se constituer définitivement en castes fermées, il leur a manqué la longue durée, la sanction religieuse, la pratique séculaire des mèmes usages et la communauté d'observances pour la nourriture et la vie matérielle. Djat bhah., « la caste est le riz », dit un proverbe moderne du Behar; € la viande fait la caste, » répliquent les Kohl d'Orissa*. Les causes premières qui ont fait la caste sont oubliées, on la reconnait surtout à des signes extérieurs, à des symboles, considérés comme d'importance capitale : telles sont les marques horizontales ou verticales peintes sur le front avec du bois de sandal pilé. Que le signe soit abandonné et la caste n'existe plus. L'état social change forcément suivant les pratiques : pour transformer des Hindous en musulmans, il suffisait aux conquérants de circoncire leurs sujets, et ceux-ci, malgré leur chagrin, étaient obligés de se réclamer de l'Islam. Une fois entrés par un signe corporel dans un nouveau groupe, ils n'avaient plus de communion avec leurs parents et leurs amis; ils étaient repoussés

* Luquet, Annales de la Propagation de la Foi, juillet 1866. Monier Williams, Modern India and the Hindu,

3 Elie Reclus, Notes manuscrites.

# Tikell, Journal of the Asiahc Society 0{ Bengal, 1840; — Stohr, Mittheilungen von Pelermann, 1861, n° 10,

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