‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 323 sur 471 · RELIGIONS ET MŒURS DES HINDOUS · texte numérisé non relu

RELIGIONS ET MŒURS DES HINDOUS

Ces progrès sont immenses. Il suffit de comparer l’état de l'Inde tel qu’il était à la fin du siècle dernier et tel qu’il est aujourd’hui, pour constater quels changements se sont accomplis et combien l'Orient et l’Occident, si différents qu'ils soient encore, se sont rapprochés pour les idées et les mœurs. On se rappelle les horreurs des cérémonies funéraires à l’époque, encore récente, où les veuves des grands se faisaient brûler sur un bûcher de bois de sandal pour accompagner leur époux au delà du tombeau. En 1839, les treize femmes de Randjit-sing moururent ainsi à Lahore, à côté du cadavre du mari, tandis que 150 autres femmes du harem brûlaient à Ramnagar. Quelques années après, 22 femmes se suicidaient de la même manière à Parmandal, dans le bas Kachmir'. Au milieu du siècle, un radjah du pays des Khond se faisait suivre dans la mort par 116 épouses; enfin, un dernier holocauste de femme dévouée eut lieu en 1862, malgré la surveillance des autorités anglaises. De nos jours, le sentiment du bien et du mal s’est tellement modifié, que les veuves les plus accablées de douleur ne songent plus à mériter le titre de sati en montant sur le bûcher de leur mari.

L'infanticide des filles, général dans quelques provinces il y a cinquante ans, est devenu très rare; les sacrifices humains sont pour tous, même pour les Khond, un souvenir d'horreur; la nouvelle du mariage de veuve ne fait plus scandale. Mainte forme bizarre du mariage, qui avait pour conséquence d'augmenter le nombre des divorces et des veuvages, est tombéc en désuétude. C’est ainsi que dans le Madoura les filles étaient mariées par procuration à des morceaux de bois représentant un futur absent, qui, à son retour, apprenait tout à coup qu’on lui avait trouvé femme*. Dans le pays de Baroda, l’époux choisi par certaines jeunes filles était un bouquet de fleurs, et quand les plantes étaient fanées, les veuves ne pouvaient plus contracter de mariages légitimes. Au Kathyawar, diverses populations avaient l’usage de célébrer tous les onze ans les mariages de filles nées depuis la dernière période d'épousailles : toutes devaient recevoir un mari, à l'exception de celles qui n'avaient pas encore 40 jours d'existence*. Il n’était pas rare de voir des enfants marchant à peine et portant déjà suspendu au cou le symbole du mariage, le tali, bijou d'or ou d'argent, représentant le dieu Pouleyar, qui préside aux accouchements. Le grand progrès serait de retarder les unions : presque dans chaque famille, les premiers enfants naissent de parents qui

! Drew, Jummoo and Kashmir.

2 Shortt, Journal of the Ethnological Society, NII. 5 Burgess, Visit to Kattyawar.

0 € «, ee Lt ‘ nr k ‘ “ur »

CE

chat LU

sont eux-mêmes des enfants : est-il possible que la race puisse acquérir ainsi la vigueur physique et la force du caractère‘?

Les idées changent aussi relativement au rôle qui appartient à l’homme bien élevé. La grande perfection n’est plus maintenant de pratiquer dans tous ses détails le grand art de l'étiquette, la « science de se lever et de s'asseoir * ». Le temps n'est plus où l'éducation des femmes était considérée, non seulement comme inutile, mais comme honteuse. L'influence européenne contribue pour une grande part à développer l'amour des études chez les femmes des hautes castes hindoues, et déjà plusieurs d’entre elles, surtout dans le pays mahratte, ont dû à leur connaissance du sanscrit et de la liltérature ancienne l'honneur d'être classées au nombre des pandits; des journaux sont rédigés par elles, et quelquesunes occupent des chaires de professeurs. On a vu la princesse de Bhopal vaquer à loutes les affaires comme un homme, sans s’inquiéter de l'étiquette traditionnelle condamnant les femmes à la réclusion. Les femmes se rappellent la gloire de leurs devancières dont les hymnes se trouvent dans les Védas ; en Inde, l’étude est présidée par une déesse, Sarasvati*. Mème les pariah voient des écoles s'ouvrir pour eux, et les pères ne craignent plus que celte innovation ait pour conséquence de faire mourir leurs enfants dans l’année. Jadis tout changement était considéré comme devant être suivi d'un désastre. Le radjah de Vizianagram, « un des princes ses plus éclairés de l'Inde », ne voulait point laisser fabriquer d’indigo dans ses États, ni employer de fer dans la construction de son palais, de peur d'attirer sur son peuple la petite vérole ou toute autre épidémie”

Les enfants qui fréquentent les écoles publiques ne forment encore qu'une faible proportion de la jeunesse, mais depuis le milieu du siècle les progrès ont été très rapides; le nombre des élèves a presque centuplé depuis un demi-siècle”; en 1875, d'après Garein de Tassy, onze millions d'Hindous savaient déjà lire dans l’une ou l’autre des langues de la Péninsule. Dans quelques districts, le cinquième des enfants sont assis sur les banes de l'école, et récemment les Sikh, qui, de tous les habitants de l'Inde, sont ceux qui ont loujours montré le plus de zèle pour l'instruction publique, ont demandé au gouvernement de décréter la fréquentation obligatoire des

* Christlieb, Wissions évangéliques ; — Monier Williams, Modern India.

# Richard Burton, Sind revisited; — Garcin de Tassy, etc.

2 Monier Williams, Athenœum, 10 déc. 1881.

4 V. Ball, Jungle Life in India.

# Élèves des écoles publiques de l'Inde :

2 |.) ER SRE Cr CT LCR 28170 en 413 écoles; 68 élèves par école. 4870. . . . . . . . . . . . . 1812000 en 65500 » 27 » » »

sse acquérir

Là l'homme aliquer dans lever et de était consi- L'influence ‘amour des jà plusieurs onnaissance classées au t quelquese de Bhopal ter de l'étis femmes se 'ouvent dans vati”. Méme e craignent ir leurs ennme devant princes ses ligo dans ses ais, de peur ce

icore qu'une » les progres é depuis un s d'Hindous insule. Dans es bancs de l'Inde, sont n publique, igatoire des

lèves par école.

Page 1