INSTRUCTION PUBLIQUE DANS L'INDE
écoles primaires. Ce vœu à été repoussé, mais les Sikh n'en ont pas moins l'honneur d'être plus avancés que les Anglais eux-mêmes, car ceux-ci n'ont pas encore pris les mesures nécessaires pour que tous les enfants d'origine blanche étudient au moins les premiers rudiments’'; les bibliothèques sont plus fréquentées par les Hindous que par les Anglais. La plus grande partie des sommes nécessilées pour l'entretien des écoles est payée direc-
PRINCESSE DE LHOPAL, Dessin de E. Ronjat, d'après une photosraphie de M. Frih
tement par les pauvres indigènes où de riches particuliers; 11 n'est pas un Hindou rapidement arrivé à la fortune qui n'emploie aussitôt une parüe de ses fonds à des œuvres d'utilité publique. Le gouvernement ne contibue que dans une proportion relativement faible aux dépenses de l'instruetion publique? :; 25 000 écoles ne demandent rien à l'État. Ses efforts se portent principalement sur les écoles secondaires et les établissements
de hautes études, où les jeunes gens, vêtus de la robe noire cléricale et coiffés
1 Nombre des enfants de 3 à 12 ans anglais et eurasiens au Bengale : S567 ; 5000 sans instruction. # Budget des établissements d'instruction publique dans Finde : 175 000 000 francs. Part dü gouvernement : 20 000 000 iranes, soit 11 pour 100,
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de la toque, se préparent aux examens des universités. Mème les étudiants en médecine ont osé braver le préjugé religieux qui leur défendait de disséquer le corps humain. Il a fallu récemment rendre l'entrée de ces hautes écoles plus difficile, afin de diminuer le nombre des candidats aux places dont le gouvernement dispose’. L'accroissement rapide des correspondances postales et télégraphiques est un autre signe indiquant à la fois les progrès de l'instruction et ceux du commerce”.
La littérature populaire, du moins dans l'Inde méridionale, ne se compose guère que d'almanachs astrologiques et autres petits livres sans valeur; des traités religieux, hindous, musulmans, chrétiens, représentent aussi une forte part des cinq mille ouvrages de tout genre qui se publient chaque année; cependant des mémoires scientifiques importants sont édités et les chefs-d'œuvre des littératures européennes se reproduisent dans les principaux idiomes äryens et dravidiens de la Péninsule : c'est à l'Hindoue Toru Dutt que sont dues les meilleures traductions anglaises des poètes français contemporains. Le drame trouve aussi de remarquables écrivains, el plus d’une fois le gouvernement anglais est intervenu pour empécher les représentations de pièces où il est tourné en ridicule, parfois mème voué à la haine de l'Hindou*. Comme dans tous les autres pays civilisés, les journaux deviennent plus nombreux d'année en année’, et nlusieurs d’entre eux sont très populaires ; dans les villes et les bourgades, la foule se rassemble autour des lecteurs publics pour apprendre les nouvelles. Déjà plusieurs fois le gouvernement a édicté des mesures sévères contre la presse, libre en principe, mais en réalité dépourvue de toute garantie.
Un des grands obstacles à la constitution d'une nation hindoue est la variété des dialectes qui se parlent dans la Péninsule et des alphabets dont on se sert pour les diverses langues. Environ six millions d'indigènes savent l'anglais, et des milliers le parlent avec une remarquable élégance. mais ils ne songent nullement à faire de cet idiome étranger leur hngage
* Département universitaire de Calcutta en 1879 : 4185 étudiants, 1385 reçus: 1555 Hindous, dont 1 femme ; 97 mahométans, 50 chrétiens, 535 autres.
Département universitaire de Bombay :
1504 étudiants : 444 reçus. 270 IHindous, 135 parsi, 17 chrètiens, 4 mahométans Départeinent universitaire de Madras :
5540 étudiants: 627 reçus.
? Lettres et journaux expédiés en 1880 : 142 980 000. Dépèches télégraphiques : 1 362 500, dont 254 560 pour l'extérieur. .
5 4 Sheaf gleaned in French fields, by Toru Dutt. Bhowanipore, 1876.
* Richard Temple, India as it is.
# Journaux de l'Inde en 1855 : 6
. Û 1850 : 28 . " 1879 : 644 (556 en langues hindoues : 224 anglais; 84 bilingues).
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