BUDGET DES INDES
La principale source de revenus est l'impôt territorial ou plutôt, — ainsi que s'expriment les théoriciens du droit suprème de l'État, — la part que le gouvernement indien, héritier des gouvernements précédents, s'est réservée dans le produit annucl du domaine qu'il lui convient d'affermer. Suivant les districts, eette pari lui est remise, soit, comme au Bengale, par des fermiers généraux où zemindar, qui sont les vrais propriétaires, soit, comme dans les provinces du « Nord-Ouest », par des communes responsables de tous leurs membres, soit directement par les eullivateurs : c’est le dernier système qui prévaut dans les présidences de Madras et de Bombay. De très vastes étendues de terres appartiennent, libres de tout impot, aux desservants des temples et des mosquées : c’est ainsi que le gouvernement a constitué indireetement un budget des cultes, La valeur totale de l'impôt foncier, « qui ne doil jamais excéder les deux tiers du produit net de la culture, » tandis que d'après la loi de Manou il comportait le sixième du produit seulement, — s'élève en moyenne à 550 millions de francs, environ le tiers du budget". La vente du sel et æelle de l'opium rapportent respecivement plus de 150 millions à l'État”. La consommation annuelle du sel dans linde anglaise dépasse un million de tonnes. La vente des boissons enivrantes est affermée par l'État.
Le gouvernement anglo-indiem ne smit pas dans sa politique financière les mêmes prineipes que lui de l'Angleterre; héritier de la Compagnie des Indes, il en à conservé certaines habitudes de trafic et fait concurrence aux commerçants, @æ qui donne hieu de leur part à de fréquentes réeriminations. Non seulement l'État est par ses monopoles le seul marchand d'opium et de sel dans Fempire et n'a que des intermédiaires pour ces denrées, il est aussi propriéture des mines de charbon qui avoisinent les votes lerrées du Bengale, et peut vendre le combustible à meilleur marché que les compagnies particulières.
L'Angleterre s'est donné pour mission, disent ses hommes d'État, de civiliser les Hindous et de les élever graduellement à la dignité d'hommes
libres; mais, en attendant que cette œuvre s'accomplisse, la riche Grande-
1 Budget de l'année fiscale FSRO-F8KT :
Re dou de De a ne Lu 1 815 999 450 francs (à 2 fr, 50 la roupie). PUNENEeS à, 4 40 . 1916035552 »
Det, 6, 060 101 0535 879 francs,
Budget prévu pour l'année AS82-1885 : 1 660 000 000 franes en recettes et en dépenses ; Dette publique à la fin de l'année 1880-1881 : 3 928 725 000 francs ;