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ILES ANDAMAN ET NICODAR

Cette longue chaîne d'îles en forme de croissant qui commence à l'ilot de Preparis pour se terminer à plus de 900 kilomètres au sud par l'ile de Grande Nicobar, est le prolongement de l'Arrakan-yoma. Les roches des montagnes insulaires appartiennent aux mêmes formations que celles de la chaine continentale, la direction des arêtes est identique et les vallées sous-marines qui s'ouvrent à droile et à gauche des Andaman et des Nicobar limitent le socle partiellement immergé qui porte ces îles en se attachant au cap Negrais. Au nord des Andaman, le seuil qui sépare le golfe du Bengale et le golfe de Martaban, ayant l’un et l’autre plus de 2000 mètres de profondeur, à seulement 275 mètres à l'endroit le plus creux, et des bas-fonds, des récifs, des îlots se suivent du nord au sud sur la crête de l'isthme immergé. La rangée des îles Andaman et Nicobar fait évidemment partie du système orographique de l’Indo-Chine entière. En se reployant vers le sud-est, la chaîne des Nicobar se conforme à l’alignement général de la péninsule Transgangétique, telle qu'elle est indiquée par la direction des axes montagneux, des grandes vallées fluviales et de la presqu'île de Malacca. Sumatra est orientée dans un sens parallèle, de même que Nias et les terres voisines, 'qui continuent au sud-est l'archipel des Nicobar. Quoique dépendant géographiquement de Findo-Chine, les Andaman et les Nicobar ont été rattachées à Calcutta, comme les régions du littoral barman. Elles sont d’ailleurs parmi les possessions les moins utilisées de l'empire anglo-indien’.

1 Mouvement de la navigation dans le port d'Akyab en 1875 : 1170 navires, jaugeant 388 950 tonneaux.

Valeur des échanges dans l'année fiscale 1876-77 : 54 385 650 francs. 2 Villes principales de la côte, entre le Brahmapoutra et le cap Negrais : Djittagong . . . . . . 90 600 hab, : Cox’s Bazar. . . , . . . . . . 4 300 hab. Akyab. , . . . ,. . . . . . . 19950 » : Mrohoung (Arrakan), . . . . . 3000 » 5 Superficie et population des archipels :

Andaman, . . . . . 6608 kil. car. 13 500 hab. en 1875 92 hab. par kil. car. Nicobar, . .:. . . . 1878 » 6000 » , 3 » »

Ensemble, . . . 8486 kil. car. 49 500 hab. eu 1875 2.3 hab. par kil car,

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Il est probable que les iles Andaman étaient déjà connues des anciens; d'après Yule, les iles Agathou Daïmonos où du « Bon Démon » pourraient bien avoir été ainsi désignées par un de ces jeux de mots si communs dans la nomenclature des lieux ; quant au nom d'iles Barousses, par lequel Ptolémée désigne un groupe insulaire de l'extrême Orient, on croit y reconnaitre les Lanka-balous, appellation que les premiers navigateurs arabes donnaient aux Nicobar'. Des navigateurs arabes du neuvième siècle, dont les récits ont été traduits par Renaudot et par Reinaud, sont les premiers qui mentionnent d'une manière incontestable les Andaman «et donnent quelques renseignements sur leur position géographique et leurs habitants. Marco Polo les signale sous le nom d'Angamanaïn, forme arabe à laquelle on attribue le sens de « Deux Angaman ». La réputation d'anthropophages faite aux indigènes et le manque de cartes par lesquelles les marins eussent pu se guider dans ces mers semées de récifs, visitées souvent par des pirates malais, détournèrent longtemps les navigateurs européens; l'exploration de l'archipel ne commença qu'à la fin du siècle dernier, avec la fondation d'une colonie dans l’un des ports de la côte orientale.

L'ile Preparis et les deux ilots des Cocos ou Coco Islands, qui font partie du seuil de jonction entre les Andaman et la côte barmane, ne sont que des roches à peine émergées; mais l'ensemble de terres auquel on donne parfois le nom de Grande Andaman est un plateau de 250 kilomètres de long et plus sur une largeur moyenne de 25 à 50 kilomètres; trois détroits tortueux et d’une faible profondeur coupent cette terre en quatre fragments principaux, autour desquels se groupent quelques îlots : deux des canaux seulement permettent aux navires de passer du Bengale à celui de Martaban. Une ehaine de collines se prolonge d'une extrémité à l’autre de sa Grande Andaman, élevant ses crêtes à quelques centaines de mètres : une des pointes, le Saddle-peak, dans l’île du nord, a 900 mètres d'altitude; une autre, à l'extrémité méridionale de la chaîne, se dresse à 420 mètres. Du sommet à la base, les collines sont revètues de forêts où les navigateurs n’aperçoivent pas une clairière. Jusqu'à la hauteur de 50 mètres, les arbres

et les lianes forment une masse de végétation presque impénétrable, où

les animaux ne se hasardent guère plus que les hommes; mais les naturalistes se demandent, sans pouvoir se l'expliquer, pourquoi les cocotiers, si nombreux sur les Nicobar et sur les deux îles auxquelles ils ont donné leur nom, ne se présentent nulle part, en végétation spontanée, sur les ri-

‘ H. Yule, Encyclopædia Britannica ; — Oscar Peschel, Geschichte der Erdkunde.

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