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Les premières colonies pénales avaient été fondées dans l'ile du nord, en 1791 et 1795, cette dernière sur le rivage du vaste et beau port de Cornwallis, mais l’extrème insalubrité de ce havre, bordé de palétuviers sur une grande partie de son pourtour, fit abandonner l'établissement. Les nouveaux pénitenciers, construits après l'écrasement de la révolte des cipayes, s'élèvent dans là petite île de Ross, à l'entrée du port Blur et dans l'ile du sud, près du bourg de Hope town. Les criminels réputés les plus dangereux sont enfermés dans l'ile de la Vipère. La plupart des 8000 déportés sont libres el se livrent à la pèehe ou à la culture dans le voisinage du port Blair, et de l'autre côté de l'ile, près du port Mouat; quant aux
N9 162. —+ l'OUT-BLAIRe
C Perron
condamnés au travail forcé, ils sont employés à la construction des édilices el des routes, ainsi qu'au défrichement des jongles pour les euitures tropicales. La mortalité des transportés, qui jadis était annuellement de 125 sur 1000, n'est maintenant pas plus forte que celle des campagnes les plus saines de l'Inde, Mème en pleine captivité, les Hindous se divisent en castes rigoureusement délimitées et se refusent avec énergie à manger et à
travailler ensemble.
Les iles Nicobar n'ont pas dans leur disposition une régularité sompaable à celle des Andaman. Dirigeant leur axe du nord-ouest au sud-est, elles se divisent en trois groupes : au nord, Car-Nicobar et l'ilot Batti
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ARCIHIPELS DES ANDAMAN ET DES NICOBAR.
Valve ; au milieu, l'archipel dont Camorta est la terre principale; au sud,
les iles jumelles de la Grande et de la Petite Nicobar, entourées d'ilots:
en tout, sans compter les récifs, une vingtaine d'ilots surgissent des eaux
profondes: les Malais leur donnent le nom des « Neuf Les ». Dès l'année
1711, des missionnaires jésuites français, Faure et Bounet, prenaient possession de l'une des terres du milieu de l'archipel, mais bientôt après ils furent massacrés. Une nouvelle tentative se ten 1769. Une expédition danoise, partie de Tranquebar, s'établit dans l'ile méridionale de Siambalong, appelée maintenant Grande Nicobar. Tout l'archipel recut le nom de « Nouveau Dancemark »; mais en moins de trois années tous les Danois avaient quitté la colonie. Des missionuaires allemands, appartenant à la secte des frères moraves, essavérent à leur tour de rattacher au monde européen les populaons de l'archipel et fondèrent un établissement en 176$ dans File de Nankaourt: elle existait encore dix années après, lorsqu'une expédition autrichienne vint s'emparer de Pile; mais, après avoir construit une redoute et lâché du bétail dans les forèts, elle partit, Jaissant pour toute garnison trois hommes, qui sai-
sirent la première occasion pour
N9 163. — ANCINPEL DES NICOS 0
s'enfuir. L'archipel devint officiellement
en FN07 la propriété de l'Angleterre, pour retomber au pouvoir du Dane-
mark, en vertu des décisions du congrès de Vienne; toutefois aucun nou-
vel essai de colonisation ne se fit jusqu'en 1831. Cette fois, les Danois
ne réussirent pas mieux que précédemment, et en 4857 le gouverneur
danois, renonçant mème au titre de propriété, redemandait aux chefs
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les drapeaux et les bâtons de commandement qu'il leur avait octroyés. En 1845 pourtant, on fit recommencer les essais de culture par des coulis ehinois, mais les défrichements n'eurent d'autre résultat que d'augmenter fl: série des insuccès; les iles furent abandonnées de nouveau par les représentants du Danemark, et le gouvernement anglais s'empara en 1869 des Nicobar pour les rattacher à ses colonies des Andaman. Avant celle prise de possession, des patrioles allemands avaient vainement proposé à Prusse de s'emparer de ces iles sans maîtres européens, justement redoulées à cause de leur climat fiévreux.
Quoique situées sur le prolongement des Andaman, les Nicobar contraslent à maïnts égards avee cet archipel. Les îles du sud appartiennent évidemment à une airs d’élévation; jusqu'à la hauteur de 60 mètres, on y reconnait d'anciennes grèves de coraux soulevées', et des franges de récifs, bordant presque lous les rivages, s’avancent au loin dans la mer; en maints endroits elles se terminent brusquement par des parois à pie, quais vertieaux, le long desquels pourraient se ranger les navires. Les collines boisées ont à peu près la même hauteur que celles des Andaman ; mais, à en juger par leur forme, quelques-unes d’entre elles seraient d'origine volcanique : il est peu de montagnes qui ressemblent plus à un volcan que l'ile conique de Bompoka, offrant à la cime un vaste cratère échancré, tout rempli de verdure ; toutefois Ball n’y a point vu de laves. Le groupe de la petite Bompoka et de la grande Teressa, disposée en croissant, rappelle singulièrement par sa forme eelle des îles Santorin, dans la mer Egée. La plus haute cime de l'archipel s'élève dans la partie septentrionale de la Grande
Nicobar; elle atteint 720 mètres et du massif qu’elle domine, descend un
véritable fleuve, auquel on à donné le nom de rivière Galatée,en mémo: d'un navire d'exploration envoyé par le gouvernement danois.
De même que les Andaman, les Nicobar ont une flore extrèmement riche et une faune très pauvre ; mais à ect égard les deux groupes présentaient de remarquables contrastes. Avant l’arrivée des Européens, les terres de la Grande Andaman n'avaient point de cocotiers sur leurs rivages, landis que ces palmiers font une véritable ceinture à certaines îles des Nicobar, Dans Katchal et plusieurs autres terres des Nicobar, croit le fameux palmier des Seychelles dont le fruit est le « coco de mer ». Les Nicobar ont aussi des espèces animales qui manquent aux Andaman. Dans les forêts de Camorta errent le buffle et le sanglier, animaux redoutés; mois il est probable que ces bêtes descendent de celles que les Danois lâchèrenc
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ILES NICUBAR. 745
dans les forêts! ; dans la Grande Nicobar vivrait une espèce de cerf; dans la même île, un chien redevenu sauvage poursuit les troupeaux. Des écureuils volants, des singes habitent les forêts, et parmi les reptiles on a reconnu deux serpents venimeux; à Car-Nicobar il en existerait plusieurs autres, d’après les indigènes, qui n'osent pas, à cause de ces reptiles, s'aventurer dans les fourrés : deux espèces de grands sauriens peuplent les eaux douces du littoral, mais n’attaquent pas l'homme. Les naturalistes ont reconnu dans l'archipel l'existence d'une quarantaine d'oiseaux, parmi N° 10 — TERESA ET HPUKA. lesquels l’hirondelle salangane, qui bà-
üt son nid gélatineux dans les anfrac-
luosités des rochers. Un crustacé formidable, le birgus latro, gîte au pied des arbres; on dit qu'il grimpe au
tronc des cocotiers pour aller couper les noix qui lui servent de nourriture*.
Les mers voisines n'ont pas livré aux naturalistes le riche butin auquel ils s’attendaient *.
Les Nicobariens n’ont aucune res-
semblance de race avee les Mincopi des
Andaman. Ils sont d’une taille au-des-
sus de la moyenne et beaucoup moins noirs que les Andamènes : leur couleur est celle du bronze. Ils ne prati-
quent point le tatouage et ne se pei- ——" — , . gnent que rarement le corps : au lieu de
s’'enduire d’ocre ou d'argile comme leurs voisins du nord, ils s’imprègnent d'huile de coco, qui leur fortifie la peau et repousse les insectes par son odeur pénétrante. Ils ont en général la mâchoire avancée, le nez très large, les yeux légèrement obliques ; l'usage immodéré des feuilles de bétel, sans doute rendu plus funeste par quelque préparation spéciale, à fait plus que noircir leurs dents, il attaque également les lèvres, et dès la vingtième année Îles indigènes ne peuvent fermer la bouche qu’avec difficulté. Les mères ont l'habitude d'aplatir le crâne de leurs enfants : les Nicobariens sont des « Têtes Plates », comme les Indiens de ce nom
1 Latrobe, Letter on the Nicobar Irlands.
® V. Ball, ouvrage cité, 5 Reise der Oesterreichischen Freaatte Novara, ? ter Land.
or JTE