‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 352 sur 471 · VILLAGE · texte numérisé non relu

VILLAGE

CARK-NICOBAR,

PFAYs\Gi)

la Novara

Vuvage

Slomezinsks, d'apres Le

ILES NICOBAR. 747

ment par un bruyant festin. Les Nicobariens, loin de s'arroger aucune autorité sur leurs femmes, voient plutôt en elles des supérieures. Dans les familles, les jeunes filles — moins nombreuses, dit-on — ont le pas sur les garçons, et ce sont elles qui font choix de l'époux; à elles aussi appartient le droit de divorce : quand le mari leur déplait, elles le renvoient pour en prendre un autre, sans que personne puisse S'y opposer. Cependant lorsque le mari meurt, la femme est tenue à de grandes démonstrations de tristesse; il est convenable qu'elle se coupe la phalange d'un doigt; mais plusieurs remplacent celle opération par une large entaille dans un pilier de leur cabane. Nul gouvernement n'est constitué dans ces tribus : les hommes qui doivent à leur chapeau ou à la complaisance des navigateurs européens le litre de « capitaine » n’ont aucun pouvoir répondant à ce mot, dont ils sont si fiers. « Le lien social des indivènes est formé de la réciprocité des obligations ; c’est le plus simple et le meilleur de tous ‘. »

Les Nicobariens ont de petits jardins qu'ils cullivent avec intelligence, mais les cocotiers, les pandanes et autres arbres à fruits leur fournissent, avec la chasse et la pêche, une nourriture trop abondante pour qu'ils donnent beaucoup de soins à la culture du sol. Comme marins, ils ne le eèdent point aux Andamènes et semblent infatigables à la nage. Ils sont assez habiles ouvriers, ainsi qu'en témoignent les sculptures de leurs cabanes ct de leurs bateaux à balancier : dans l’ilot de Tchaoura, le plus peuplé en proportion de son étendue, les habitants, trop à l’étroit, fabriquent des

poteries qu'on vient leur acheter de toutes les parties de larchipel. Is

écrivent aussi des hiéroglyphes sur des feuilles de palmier pour se remémorer les grands événements et rappeler les contrats : personnages, animaux et objets d'économie domestique se trouvent représentés sur ces archives familiales, auxquelles sont suspendues des noix de cosos et des lanières de viande séchée*.

Les Nicobariens échangent volontiers leurs denrées, et telle est leur honnêteté dans ces transactions que les marchands étrangers ne craignent pas de leur livrer tout ce dont ils ont besoin en échange d’une simple promesse de noix sur la récolte’ prochaine. Dans les luttes qu'ils eurent maintes fois à soutenir contre Européens ou Malais, il est rare que les premiers torts puissent leur être imputés. « Nous sommes bons, disait un naturel aux Autrichiens de la Novara, mais dans votre pays les

* Hamilton, Recherches asiatiques, tome 11, 2 V. Ball, Jungle-Life in India; — Indian Anliquary, vol. 4, 1875. 3 Distant, London Anthropological Institute; Ausland 1873, n° 14.

hommes sont done mauvais, puisqu'il vous faut tant de canons cet de fu. sil?» Comme tant d'autres peuplades, les Nicobariens ont été démoralisés

par les commerçants étrangers : le funeste arrak, qu'on leur donne principalement en échange des noix ou de l'huile de coco, à répandu les

Ré NDS ri

habitudes d'ivrognerie et, d'après les voyageurs, la mortalité l'emporterait

maintenant sur la natalité dans les diverses tribus. De même qu'aux An-

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