CLIMAT, FLORE ET FAUNE DE SIAM
dillère s'élève entre les deux contrées, arrélant les nues au passage : néanmoins on évalue à un mètre et demi, soit au double de celle de la France, l'épaisseur des pluies annuelles qui tombent dans le bassin de la Menam. Les étrangers ne s'acelimatent guère qu'après avoir subi un violent catarrhe ; cependant la malaria ÿ est moins redoutable que dans le Bengale, la Barmanie, Java, Sumatra.
La plupart des espèces végétales de Siam sont les mêmes que celles de la Barmanie; toutefois la flore sinique y est très fortement représentée : c’est par des transitions insensibles que la physionomie du monde végétal se modifie de la Chine à l’Indo-Chine. Il en est de même pour la faune. Les éléphants sont fort nombreux dans les forêts du Laos et dans quelques parties du bassin de la Menam; près de l’ancienne capitale, Ayuthia, se font encore les grandes chasses royales, et parfois des centaines d’animaux sont caplurés en une seule battue. Les éléphants du Laos seraient, dit-on, les plus intelligents de l'Indo-Chine, mais les Siamois n'ont pas l’art de les dresser aussi habilement que les Hindous. On sait que les Thaï, de mème que leurs voisins les Barmans, ont une vénération loute particulière pour les animaux albinos et surtout pour les éléphants appelés « blancs », quoiqu'ils ne le soient pas toujours : c’est la nuance claire des yeux et le poil des tempes qui rangent ces animaux parmi les êtres sacrés. Un éléphant dont les yeux ont exactement la teinte voulue reçoit le titre de roi; les autres, suivant le degré de perfection auquel ils atteignent, prennent les noms honorifiques attribués aux ministres, aux gouverneurs et autres personnages ; les singes blanes ont aussi le titre de « grands officiers » et des dignitaires du royaume sont mis à leur service. Les Siamois sont les plus zélés bouddhistes après les Tibétains : ils ne tuent aucune bête, ne cassent aucun œuf, ne mangent de viande que lorsque l'animal a été tué par d’autres — généralement par des Chinois; — mais il est un grand nombre de bêtes qu’il serait criminel de laisser abattre. Le corbeau est un des oiseaux les plus respectés des Thaï, qui voient en lui un être surnaturel. Sur le toit de chaque cabane habite le touk-haï, espèce d’iguane, couvert de points rouges ressemblant à des pustules ; on le considère comme le patron de la maison, qu'il débarrasse des insectes et des rats; à des intervalles égaux, il pousse des cris ou plutôt des notes stridentes : c’est l'horloge domestique. Les buttes de termites sont tenues pour sacrées chez les Laotiens et même chez les bouddhistes de Siam, à cause de leur ressemblance avec les pagodes, et dans maints endroits on
! Pallegoix, ouvrage cité.
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