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élève des huttes à côté de ces pyramides, dont la vue porte bonheur : il est vrai que ce voisinage peut être fatal à la maison, mais quand le boiscries sont dévorées, il est facile de reconstruire d'autres cabanes!', Bruguière raconte que de son temps les talapoins construisaient leurs biblio. thèques au milieu d'étangs, afin de n'avoir pas à guerroyer contre les termites; ils mettaient à la voile pour aller étudier*. Le monde des insectes est représenté dans le Muang-Thaï par d'innombrables espèces. Le soir, les lucioles tourbillonnent en nuées de lumière autour des arbres; parfois, comme si elles ne formaient qu’un seul être, elles éteignent et rallument tour à tour leur éclat; l'atmosphère s'assombrit et s'illumine par intervalles réguliers®, Les eaux du fleuve et celles du golfe sont très peuplées et des barques vont recueillir le poisson qui se prend comme en un filet immense dans le réseau des racines de mangliers'. Une espèce de raie, la « lune » tetraodon, qui s'attache aux carènes des navires, fait entendre de temps en temps un cri plaintif. Divers célacés, de petites baleines, des souffleurs, des marsouins bondissent par bandes autour des embarcations, et des requins remontent le fleuve avec la marée jusqu’en amont de Bangkok. Les Siamois, comme les Barmans, emploient le frai de crevettes et le poisson fermentés à préparer le ngapi, cet assaisonnement indispensable de leurs repas.
Les habitants de Siam appartiennent presque tous à la même race : Chan, Laos et Siamois sont également des Thaï, plus ou moins civilisés, les uns encore indépendants, les autres dépendants de la Barmanit royale, du gouvernement anglais ou du souverain qui trône à Bangkok; nombre de tribus de l'Assam, du Manipour et de la Chine sont de même origine et se rapprochent des Siamois par les dialectes et les traits physiques. Les Chan proprement dits sont fort nombreux dans la région du haut lrraouaddi barman et de ses affluents chinois, sur les bords de la Salouen, et ils se sont portés en foule dans la partie du bassin du Sittang devenu territoire anglais. Dans la haute Barmanie, les Chan se donnent le même nom que leurs frères du Yunnan méridional : ce sont des Peï ou Paï (Payi, Payu); sur les bords de l’Irraouaddi, ils se sont tellement mélangés avec les Barmans, que leur type et leur langue ont presque disparu; du côté de
1 Adolf Bastian, Geographische und Ethnologische Bilder.
* Annales de la Propagation de la Foi, 1851.
* Engelbert Kämpfer, Histoire du Japon; — Pallegoix, ouvrage cité.
+ Aug. Décugis, Bulletin de la Société de Géographie de Paris, juin, juillet 1880.
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