‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 378 sur 471 · HABITANTS DE SIAM. S · texte numérisé non relu

HABITANTS DE SIAM. S

la Chine, il en est aussi beaucoup qui ressemblent à des Chinois par le teint CR -R jaunâtre et l'affinement des traits; mais le gros de la population a gardé tif re ses traits distinetifs, Jadis assez nombreux pour constituer un empire con- ‘ut. | \ sidérable, celui de Pong, ils se sont divisés en plusieurs petits États, gou- d fi vernés patriarcalement par des chefs ou tsoboua, qui payent l'impôt à l’un ne F4 des royaumes voisins. Les Peï où Chan du nord sont presque tous de Li: ' petite taille, d'un teint à peine plus foncé que celui des Européens; l'obli- |. ri, DR quité de leurs paupières n'est guère sensible, mais ils ont la face large, RAAE bn: à fortes mâchoires et à pommettes saillantes, entourée de cheveux noirs et ; V2 d" d plats. L'expression de la physionomie esten général douce et pensive, presque AT RS : mélancolique ; cependant ils sont sociables, de bonne humeur dans la con- 4.Npl versation et se plaisent à faire de la musique en jouant d'instruments à LR RE VE corde ou à vent, guitares, lambours, flûtes et trompettes. La couleur ordi- | à. F naire des vêtements est un bleu presque noir, tiré de l’indigotier sauvag':: Ë | le turban, d'une quinzaine de mètres de long, s'enroule autour de la te, ve N, QD: laissant retomber sur la nuque ses franges d’or et de soie. Les femmes 18 NN s'ornent de bijoux en argent, diadèmes, pendants d'oreille et boutons, d'un de: lort beau travail, qui se fabriquent dans le pays. En certaines vallées, ce di": #4 sont des laïques, ailleurs des prêtres, qui se livrent à ce travail délicat ; AA les ménagères s'occupent presque toutes du tissage des étoffes, de la tein- 4, IL COR ture ou de la broderie et tressent la paille avec le même art que les Tos- Fe 14 A: canes. On voit combien peu les Chan méritent le nom dédaigneux de RE LU « Barbares blancs » que leur donnent les Chinois : excellents agriculteurs, HS ils savent arroser leurs champs par des canaux ingénieusement pourvus "1 ‘4 Ne 0 d'écluses et de déversoirs. Les Chan sont aussi de très habiles commerçants 700 | et s’aventurent très loin de leur pays, colportant diverses marchandises. Is # fi ‘pi \ possèdent un alphabet, et parmi leurs prètres bouddhistes le nombre des m0 lettrés est assez considérable! 14

Les Lova, plus connus sous le nom de Laos ou Laotiens, sont apparen- E ut à ! tés aux Chan et vivent dans les régions septentrionales du pays de Siam, ce “A surtout entre la Salouen et le Mekong. Plus ou moins mélangés avec les PR 1 4 populations sauvages, ils présentent de grandes diversités de types, et en 1 ; ff pe

maints endroits le voyageur ne peut reconnaître que difficilement au milieu de quelle race il se trouve en réalité. De tout temps, les généraux van queurs avaient coutume d'emmener en masse tous les habitants d’une province et de les déporter au loin, repeuplant le pays avec les captifs d’autres

1 Anderson, From Mandalay to Momien; — Kreilner, 7m fernen Osten; — Fr. Garnier, Voyage d'exploration en Indo-Chine.

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régions dévastées : ainsi les peuples se distribuaient dans le plus grand désordre". Le Laos se divise en royaumes, dont les chefs, vassaux du roi de Siam, sont tenus de lui offrir tous les trois ans un tribut de fleurs, de l'argent, de l'or et diverses denrées, Les habitants se groupent en trois variétés distinctes : les « Blanes », qui ne se tatouent pas; les « Noirs » et les « Verts », qui se servent de ces couleurs pour enduire leur visage”; on les divisé aussi en « Ventres Blanes » eten « Ventres Noirs »', Ceux-ci, qui se tatouent des branches fleuries sur le ventre et les cuisses, vivent principalement vers la haute Menam: ce sont les moins civilisés, ceux dont les villages sont le plus rarement visités par les trafiquants chinois. Vers le midi, la transition se fait graduellement des Laotiens aux Siamois proprement dits; mais dans les cantons où ils sont restés purs, ils sont supérieurs aux Thaï méridionaux par la taille, la force, la régularité des traits. Dans les vallées qui s’inclinent vers le Mekong, la proportion des goitreux est très considérable; il est des villages où toutes les femmes ont un goitre et même en tirent vanité. Mouhot dit les Laotiens plus discrets que leurs voisins siamois, moins importuns, mais aussi moins polis et peu empressés à offrir l'hospitalité; ils s'adonnent volonliers au commerce et chaque village possède de nombreux éléphants de charge, jusqu'à cinquante où même cent. La langue des Laotiens, de même que celle des Chan, diffère à peine du dialecte siamois par le vocabulaire, mais elle se prononce avec plus de douceur, si bien qu'on k compare au gazouillement des oiseaux: elle s'écrit avec des caractères différents*. Les prêtres bouddhistes sont extrèmement nombreux : dans la vallée du Mekong, ils formeraient la huitième partie de la population”. Kämpfer raconte que de son temps les Laotiens se vantaient d’avoir enseigné aux Siamois l'écriture et la langue des livres sacrés ; mais ils recon-

naissent eux-mêmes l'influence prépondérante de la civilisation venue du Royaume Central°. Presque tous les objets d'ameublement qui se trouvent dans les maisons laotiennes des villages riverains du Mekong sont d’importation chinoise, de même que l'étiquette observée par les courtisans des petits souverains du Laos; le régime civil de la famille est réglé par les lois de la Chine, aussi bien que dans la plus grande partie de la Péninsule. Seuls les gens riches ont plusieurs épouses, dont la première

* Harmand, Les Races indo-chinoises, mémoire de la Société d'Anthropolgie.

#* Pallegoix, Annales de la Propagation de la Foi, 1855.

3 Grandjean, mème recueil, janv. 1846; — H, Mouhot, Travels in Indo-Cüna.

4 Pallegoix; — Rigandet:; — Bastian.

5 Harmand, mémoire cité,

6 Histoire du Japon.

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