SIAMOIS
a le titre de légitime et commande aux autres; les personnages tiennent beaucoup à la pureté du sang noble, et les enfants d'une femme d'humble origine ne sauraient hériter d'un chef d'État laotien, Avant que la servitude fût officiellement abolie dans toute l'étendue de Siam, les riches Laotiens possédaient de nombreux esclaves, prisonniers de guerre, débiteurs en faillite ou criminels’, et l'emploi de bras asservis déshonorait le travail, Sur le Mekong, là où les mandarins ont encore de véritables chiourmes de serviteurs, qu'ils traitent d'ailleurs avec mansuétude, la paresse est le vice national, tandis que dans les distriets de l'intérieur, où chacun travaille pour son propre compte, la population est très active et non moins industrieuse que les Chan pour les travaux agricoles et les livers métiers*, De même que les Chan et les Barmans, les Laotiens con-
ruisent d'ingénieux instruments de musique et leurs airs nationaux sont d'une tendresse pénétrante.
Les Siamois proprement dits peuplent la région du littoral : ce sont les Thaï les plus civilisés, mais non les plus purs de race, car des éléments ethniques très différents sont venus les croiser, grâce à l'appel incessant du commerce; Chinois, Barmans, Malais ont le plus contribué à modifier le type thaï. D'après l'étymologie proposée dans le pays même, le nom de Sayam ou Siam aurait le sens de « Trois », parce que le pays était peuplé jadis de trois races qui se sont fondues en une seule nation ; on l'explique aussi par les mots saya, sama, samo, ayant respectivement le sens d'Autonomes, Bruns, Sombres. Mais on n'a point de doute sur le sens de l'appellation Thaï, par laquelle les Siamois se désignent le plus souvent : ce sont les « Hommes libres », les € Franks » de l'Indo-Chine,
Pris en masse, les Siamois sont de taille moyenne et de belles proportions : ils ont le teint olivâtre, les yeux noirs et bien fendus, la figure un peu large, mais non assez aplatie pour appartenir au type dit € mongol », Les hommes ont une barbe rare qu'ils arrachent très soigneusement et ne gardent de leurs cheveux qu'une brosse ronde au sommet de la tête; les femmes se rasent aussi la chevelure en ne faissant qu'une touffe, moins large et moins haute que celle des hommes, mais contournée en flamme et pereée d’une aiguille d'or ou d'argent. La plupart des enfants, avec leurs veux vifs, leur joyeux sourire, leurs membres souples et frais, leur toupet noir orné de bijoux et de fleurs, sont délicieux à voir; mais en grandissant ils perdent beaucoup de leur grâce et de leur beauté : aux yeux de
1 Fr. Garmer, Voyage d'exploration en Indo-Chine. 2 Thomson, Dix années de voyages : — Pallegoix, etc. 5 Ad. Bastian, Reisen in Siam im Jahre 1865.
vu
! l'Européen, les Siamois sont un peuple laid, « simiesque », et le soin qu'ils mettent à se noircir les dents contribue à les enlaidir, Quint au cos à tume, il est à la fois simple et élégant : il se compose d'un langouti et d'une pièce d'étoffe, draperie que les hommes jetient sur les épaules et que les femmes enroulent d'ordinaire autour du buste, à la manière du sari des Iindoues. Dans l'ensemble, les Thaï ressemblent beaucoup plus aux Chinois qu'aux Hindous et aux Malais, et cependant leur physionomie, leurs mœurs, leur façon de penser présentent des traits indiens st bien earactérisés, que la nation siamoise justifie jusqu'à un certain point sa pré-
tention à descendre des brahmanes!. Les Siamois sont excellemment nommés € Indo-Chinois » : tout chez eux, manières, coutumes, institutions
civiles et religieuses, participe de ce double caractère. Leurs fêtes sont d'o- :
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