SIAMO!S
forgeant on fait jaillir des étineelles'. La grande prescription est de respecter la vie des animaux, et ectte preseniption., les talapoins l’observent avec un extrême scrupule. Mème les laïques ont scrupule d'écraser une fourmi, une mouche; avec leurs prineipes, ils n'ont de défense contre les parasites que les bains fréquents et une esquise propreté. À certaines époques, les gens riches achètent des barques pleines de poissons pour faire la bonne œuvre de les remettre à là rivière; deux fois par mois, la chasse et la pêche sont défendues'. Mais les formes extérieures constituent à peu près loute la religion. A la vue des temples si richement ornés, on pourrait croire que la population est entraînée par un zèle ardent: mais il n’en est rien; l'indifférence en matière religieuse est générale. Les sanctuaires sont peu fréquentés, et siles prétres partagent avec les rois le nom de prah ou « grands », ce n'est à qu'une forme de langage; ils sont en général peu respectés : on les accuse de transgresser la plupart des articles de leur code. Si on ne les tenait pour magieiens, ils perdraient toute clientèle et leurs appels constants à la charité dévote, naguère universellement accueillis, resteraient sans réponse.
Comme dans l'Inde, les jeunes gens se marient de très bonne heure. Dès l'âge de douze ans, la fille est considérée comme nubile et on lui cherche un mari; si les parents n’en trouvent pas, ils ont la ressource de la vendre au plus offrant. Il est rare que le mariage sost accompagné de la moindre cérémonie religieuse; seulement lorsque des unions ont lieu dans la société riche, les talapoins sont invités à faire quelques prières pour le jeune couple et à l’arroser d’eau bénite; les divorces se font aussi simplement que les mariages : il suffit que l'un des conjoints le demande. Lorsque le couple a des enfants, on les partage par moitié, mais le premier choix appartient à la mère; lorsqu'un seul enfant est issu de l'union, c'est la mère qui le garde. Les femmes sont en général libres et honorées; elles prennent part à la direction des affaires communes, sortent comme les Européennes, font leur marché et leurs visites sans être surveiliées par le mari; mais naguère celles des épouses qui, au lieu d'apporter une dot, avaient été achetées par le mari, pouvaient étre revendues par lui. Chaque année, il en tombait ainsi beaucoup dans l'esclavage. Au milieu du siècle, on évaluait au quart de la population le nombre des esclaves de toute sorte, femmes vendues par leurs maris, débiteurs attribués à leurs créanciers, délinquants ayant forfait leur liberté. Un décret abolit l'esclavage
* La Loubère, Description du royaume de Siam; — Jowrual des Missions érangéliques, 1854. * Pallegoix, Description du royaume de Thaï où Sins.
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