‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 384 sur 471 · PERLE · texte numérisé non relu

PERLE

à partir de l’année 1872. La lenteur d'accroissement qu'on remarquait dans la population provenait de la servitude : la foule des esclaves ne pouvait se marier, et dans les mariages polygames des mandarins la plupart des femmes restaient sans enfants!

Le nombre des habitants s’accroit surtout par l'immigration des Chinois de Fo’kien, de Kouang toung, de Singapour. Aucune statistique précise n'en à été dressée, et les diverses évaluations varient de 400 000 à 1 500 000 individus; il est vrai qu'on est porté à exagérer leurs colonies en raison du rôle considérable qu'ils jouent comme marchands, banquiers, bénéficiaires de monopoles, industriels de toute espèce : certaines professions sont complètement en Jeurs mains. Dans quelques régions de l’intérieur, c'est par leur entremise que se font toutes les transactions, et plusieurs villes du littoral ont parmi leurs habitants moins de Thaï que de Chinois et de métis d'origine chinoise. Beaucoup plus actifs que les indigènes, les « enfants de Han » sont ceux qui mettent en œuvre les immenses ressources du pays et qui en retirent le plus de bénéfices; mais ce sont aussi les habitants du Muang-Thaï qui donnent au gouvernement le plus de difficultés; souvent des révoltes locales ont eu lieu et de nombreuses expéditions militaires ont dù être envoyées sur les côtes de la péninsule de Malacca, où les colonies chinoises se distinguent par leurs velléités d’indépendance politique. Les Chinois sont en général beaucoup moins attachés à leur religion que les Siamois et c'est parmi eux que les missionnaires catholiques et protestants font le plus de conversions ; mais eux aussi convertissent les gens du pays à leur manière : ils ont enseigné aux indigènes l'usage de l’opium, et ce vice est devenu général. Quant aux Japonais, autrefois nombreux dans le royaume et peuplant des villages entiers, ils se sont pour la plupart fondus avec le reste des habitants : les meilleurs soldats des souverains du Muang-Thaï appartenaient jadis à cette nation”. Les colonies de Talaïng ou Pegouans sont considérables : ce sont ces immigrants qui fournissent surtout les danseurs pour les fêtes du pays. Les acteurs siamois sont réputés les meilleurs de l'ndo-Chine. Sur leurs théâtres les rôles de femmes sont tenus par des personnages féminins, tandis que sur les scènes chinoises ils sont toujours confiés à de jeunes garçons”.

Parmi les populations de l'empire, il faut aussi compter ceux qui ont reçu les appellations générales de Kha et de Khet. Le nom de Kha est appliqué par les Siamois à de nombreuses tribus sauvages d'outre-Mekong, les mêmes

1 Pallegoix, ouvrage cité,

* Eug. Kämpfer, Histoire du Japon # Adolf Bastian, Geographische und Ethnologische Bilder.

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SIAMOIS, CITINOIS, KIA, 825

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