N° 195. — ANNQUIE ÆT LA BOUCHE DE LA MEXAM
25m ce jauce/à
10 kil.
peuplé de marchands chinois et de sauniers, de jardiniers, de pêcheurs qui alimentent de leurs denrées les marchés de la capitale; en amont, sur la même rivière, la ville de Prapri (Rapri, Radjabouri), située au pied de collines riches en minerai d’étain, est habitée surtout par les descendants de captifs amenés du Cambodge. A l'est du della, la rivière de Khorayok, qui se rattache également à la Menam par des canaux naturels et artificiels,
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arrose dans son cours inférieur, près de la ville de Petriu, des champs de cannes à sucre cullivés par des Chinois, et débouche dans le golfe de Siam, au nord de Bangplasoï, un des ports du littoral où les pêcheurs jettent le plus fructueusement leurs filets. Chantaboun, située près des frontières du Cambodge, au sud du pays des sauvages Xong, est aussi un port de pèche très animé, et ses habitants, Chinois, Annamites, Earmans, exportent des bois, du poivre, des pierres précieuses. En 1878 et en 1879, la fièvre des mines avait: attiré dans le district de Chantaboun environ 10 000 étrangers, presque tous Barmans, qui vendaient leurs saphirs et autres gemmes à des négociants de Rangoun, de Pinang, de Caleutta ; un bateau à vapeur faisait un service régulier entre Bangkok et Chantaboun pour le transport des mineurs et des approvisionnements. La côte, avec ses îlots boisés, ses montagnes aux formes hardies, ses criques et ses protauuloires, est une des plus pittoresques de l’Indo-Chine : un rocher garde l'entrée de la baie de Chantaboun, pareil à un lion couché, plus formidab'e que ceux de Bastia et de Saint-Raphaël dans la Méditerranée.
À l'ouest du golfe de Siam, à la racine de la péninsule de Malacea, la première ville qui se présente, au milieu des plantations de cannes à sucre, est Petchibouri (P’ehxaburi), située à quelque distance de la côte, au pied de collines hautes de 400 à 600 mètres; c’est un chef-lieu de province, rebâti presque entièrement par un mandarin sur des plans apportés d’Angleterre'; les maisons des bourgeois et des ouvriers sont des cottages revèlus de plantes grimpantes, et sur un coteau voisin, à 5 kilomètres de la ville, se dresse un palais royal, construit sur le modèle du château de Windsor. D’après Schomburgk”, les Pegouans sont plus nombreux dans ce district que toute autre partie du Muang-Thaï*.
1 J. Thomson, Dix ans de Voyages dans la Chine et l'Indo-Chine, ad. Talandier et Vattemare. # Journal of the Geographical Society of London, vol. XXXI, 1861. 5 Villes du Siam continental dont la population est indiquée approximativement par les voyageurs :
ÉTATS DU LAOS, Petriu, d'après Pallegoix. , . . 10 000 hah.
Xieng Maï, d'après Schomburgk. 50 000 hab. | Meklong, » . + 10000 » Lakhon, d'après Pallegoix . . « 25000 » | Paklat » PE 7000 » Fr'é » .... 15000 » Paknan » vh 7000 »
Labong » +... 42000 » | Korat , 1% 7000 »
SIAM PROPREMENT DIT, | Chantaboun » 55 6000 »
Bangkok . . . . . . . . . . 600000 hab. | Bangplasoï » du 6500 » Ayuthia (Kroungkao) . . . . . 50000 » | Prapri (Radjabouri) et: 6000 » Nakhon-Savan, d'après Bastian, , 42000 » | Pitsilouk » + D000 »
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CIHANTABOUN, PETCHIBOURI, BASSIN DU MEKONG 859
INDO-CHINE ORIENTALE, BASSINS DU MEKONG ET DU SOXG-KOi,
SIAM ORIENTAL, TONGKING, ANNAM MÉRIDIONAL, CAMBODGE, COCHINCHINE FRANÇAISE
Le bassin fluvial le plus vaste de l’Indo-Chine, celui du Mekong, est loin d'avoir la population la plus nombreuse. Encore une grande partie de Ja région reste inexplorée et la moitié du territoire est occupée par des tribus sauvages. Seulement dans le voisinage du littoral, vers le milieu de la voie historique rattachant le delta de la Menam à celui du Mekong, des communautés policées avaient jadis constitué une véritable nation ayant une civilisation propre et laissant des monuments de sa puissance. Cette nation des Khmer ou Cambodgiens avait certainement reçu de l'Inde les apôtres qui lui enseignèrent les sciences et les arts aussi bien que les mythes et les cultes hindous; mais c’est de plus loin maintenant que l'influence étrangère se fait sentir sur les populations du bas Mekong. Les Français se sont emparés de la région du delta et donnent l'initiative aux changements politiques, industriels, sociaux, qui de proche en proche s’accomplissent dans la contrée. Venus du dehors, ils ont dû établir leur capitale à proximité de la mer, bien loin du centre naturel de la contrée, et c’est dans les campagnes environnantes que l’appel du commerce groupe les habitants en masses de plus en plus épaisses. Néanmoins la population de la Cochinchine française est inférieure à celle de l’Annam. sur le versant oriental des monts qui bordent le Pacifique. C’est dans les bassins du Song-koï et des autres rivières du Tongking que le sol est le mieux utilisé et que les villes et les bourgades sont les plus rapprochées les unes des autres; à lui seul, le Tongking, quoique formant environ le vingtième de la superficie de l’Indo-Chine, contient peut-être la moitié des habitants.
Le manque de renseignements authentiques ne permet pas même d’évaluer la population du Tongking avec le mème degré d'approximation que celles de la Barmanie, de Siam, de la péninsule de Malacca : c’est du simple au quadruple, de 7 millions à 50 millions d'hommes, que varient les nombres indiqués par les missionnaires et les voyageurs. Mais il est facile de comprendre comment on se laisse aller à des exagérations involontaires. Les exploratenrs qui pénètrent dans les territoires montueux de l'intérieur, non encore défrichés et presque déserts, sont rares en comparaison de ceux qui visitent les ports du littoral, alimentés par la pèche, et les pays
d'alluvions couverts de rizières', Dans cette région, que des frontières naturelles ne séparent que partiellement de l'Empire Chinois, on pourrait se croire dans la Fleur du Milieu, à la vue des cités populeuses et des villages qui se pressent dans les campagnes. Il est vrai que le pays s’est trouvé souvent sous la domination effective des souverains de la Chine, et de nos jours encore le roi d’Annam envoie régulièrement à la cour de Peking son tribut de vassal. D'autre part, des principautés à demi indépendantes se sont fondées dans l’intérieur du pays, et la France exerce sur l’Annam un protectorat fictif qui a donné lieu à plus d’une complication diplomatique. Il n’est pas douteux que dans un avenir prochain le régime politique si mal défini du Tongking ne prenne une forme plus précise. Ce pays est trop important par sa population, ses ressources et la voie qu’il ouvre vers l'intérieur de la Chine pour qu’il n’entre pas de lui-même dans le domaine de l’Europe commerçante : les obstacles au libre trafic ne viennent que des gouvernants*.
Au nord du golfe du Tongking, le promontoire de Pakloung indique aux marins la frontière politique de l’Indo-Chine. Le Ngannan kiang ou « fleuve du Sud Pacifique » sert, dans son cours inférieur, de limite officielle entre l'Empire Chinois et le royaume d'Annam; mais à moins d’une cinquantaine de kilomètres dans l’intérieur des terres commence une région de montagnes encore mal explorées, qui se relie aux plateaux du Kouangsi ct du Yunnan. Conformément à l’ancienne politique chinoise, cette zone de la frontière est une marche, sinon déserte, du moins interdite aux sujets. Il leur est défendu de dessécher les marais, de défricher les forêts, de tracer des routes à travers la montagne : sur un espace d’une trentaine de kilomètres, la marche du Tongking n'est habitée que par des tribus dont on respecte l'indépendance à charge par elles d’empêcher les populations policées du nord et du sud d'entrer en relations. Les deux principaux passages entre l’Empire Chinois et la région du delta, Nam kouan et Bien cuong, sont défendus par des portes crénelées et des fortins. Pourtant les meilleurs rapports politiques se maintiennent entre les deux gouvernements, l’un suzerain, l’autre vassal”.
{ Dutreuil de Rhins, Notes manuscrites.
# Superficie et population de l’Annam ct des États du bas Mekong :
Superficie. Population probable. Population kilométrique. Tongking et Cochinchine. 440 500 kil. car. 14 000 000 hab. (?) 34 hab. Cochinchine française. . 59 456 » 4 900 000 » 32 » Cambodge. . . . . . 83861 » 950000 » 41 »
Ensemble, . . 583817 kil, car, 14 850 000 hab, 29 hab.
5 Devcria, Histoire des relations de la Chine et de l'Annam-Vietnam.
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