‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 395 sur 471 · N° 188. — DELTA DU SONG-KOI · texte numérisé non relu

N° 188. — DELTA DU SONG-KOI

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D sprès Dutreuil de Rhins C Perron

de Mekong (Meïkong, Mekhong), qui s'applique spécialement à une faible partie de son cours et qui semble avoir le sens de « Mère Fleuve » ‘ ou de « Capitaine des Eaux », dit Camoës*. Encore au dernier siècle, on le considérait comme un bras du Gange* : c'était une des Ganga sacrées descendues de la région du Merou. Le Mekong est le cours d’eau qui, sous le nom de Lantzan-kiang ou Kinlong-kiang, c'est-à-dire « Fleuve du grand Dra-

* Abel des Michels, Discours d'ouverture du cours de cochinchinois, 1869. # Mecom rio... Que capitäo das aguas se interpreta.….. 3 Engelbert Kämpfer, Histoire du Japon.

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COURS DU MEKONG. 849

gon », naît dans une des longues vallées parallèles du Tibet oriental, entre le Kincha-kiang ou Yangtze et le Loutsékiang ou Salouen. On sait que le Lantzan passe en d’effroyables cluses, les plus étonnantes qu’aient encore vues les explorateurs de la Chine, et qu'il est franchi en maints endroits par des passerelles volantes oscillant à des centaines de mètres au-dessus du torrent. Sur la route de Bhamo à Tali fou, déjà parcourue plusieurs fois par des voyageurs européens, un pont suspendu en fer traverse le Lantzankiang : c’est, dans les limites de la Chine, le point le plus méridional où ce fleuve ait été vu par des explorateurs modernes. L'expédition française de 1866, dirigée par Doudart de Lagrée, ne le rencontra qu’à 500 kilomètres en aval de ce pont volant, déjà sur le territoire indo-chinois, à Xie:g-Hong. Là c’est un courant large de trois à quatre cents mètres, qui coule paisiblement entre de hautes berges bordées de banes de sable, et dont le niveau s'élève de 10 mètres en moyenne à l’époque des erues; audessous, son lit se rétrécit brusquement entre les collines qui dominent les deux rives. Le Mekong, dans celte partie de son cours, ne porte guère que des barques de pêcheurs; comme voie commerciale, il est presque inutile. À 200 kilomètres plus bas, à la limite commune du Laos barman et de Siam, le fleuve s’engage entre des rochers et descend en rapides qui, pendant la saison des sécheresses, opposent à la navigation un obstacle insurmontable ; au premier « saut », le Tang Ho, le chenal sinueux divisé en deux bras par un rocher, n’a qu’une trentaine de mètres en largeur lors des eaux basses, tandis que lors des crues le lit fluvial occupe 600 mètres de rive à rive. Au deuxième rapide, le Tang Din, toutes les eaux se réunissent dans un canal de 40 à 50 mètres, que les bateliers ont à contourner par un portage. En amont, un des tributaires du Mekong est un torrent thermal, trop chaud pour que des plantes aient pu croître sur ses bords ‘.

À peine entré dans le territoire de Siam, le fleuve, qui est en cet endroit assez rapproché des hautes sources de la Menam orientale, change soudain de direction ; cessant de couler au sud, il fait de brusques écarts entre des collines escarpées, puis, sur un espace d'environ 200 kilomètres, serpente vers lorient, comme pour se jeter dans la mer de Chine. Mais un nouvel angle de la vallée dans une cassure des montagnes ramène le Mekong vers le sud et le sud-ouest. À ce détour même, une rivière qui descend des monts de la frontière chinoise, le Nam Hou, vient mèler son onde noire aux flots jaunâtres du courant principal. Immédiatement en face du confluent, zur

1 Fr, Garnier, Voyage d'exploration en Indo-Chine. vit 107

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