‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 409 sur 471 · ANNAMITES, IMMIGRANTS CHINOIS · texte numérisé non relu

ANNAMITES, IMMIGRANTS CHINOIS

ter, » est un proverbe très usité dans les familles. Jamais il ne se livre à ces honteuses disputes que l'on voit si fréquemment éclater dans les villes de l'Occident. Son courage ne se manifeste point dans l'attaque; il n'a ni l'amour des aventures ni celui de la lutte, et s'enfuit sans honte quand il n’a aucune raison sérieuse d'accepter le combat; mais il a la force de résistance, et sait mourir sans qu’un seul muscle de son visage se contacle, Il aime le sol natal avec passion et ne s'en éloigne qu'avec douleur ; cependant il émigre pour subvenir aux besoins de sa famille et, comme marchand ou batelier, entreprend de lointains voyages. Son intelligence est vive : les enfants annamites apprennent avec une singulière facilité ; avides de savoir, ils profitent des occasions d'étude qui leur sont offertes. Grâce aux nouvelles écoles ouvertes maintenant dans les villages de Ja Cochinchine française, il n’y a peut-être pas d’indigène de la nou velle génération qui ne sache lire et écrire en caractères latins’. Bouddhistes de nom, les Annamites sont encore moins dévots que les Chinois, et comme chez les « enfants de Han », la morale de Confucius n'est professée par la majorité des lettrés que pour voiler un scepticisme railleur sous de belles maximes transmises par les siècles passés. Comme en Chine, le culte des forces de la nature, celui des génies et des ancètres, sont la véritable religion, celle qui est entrée dans la vie même du peuple. Dans le Tongking, chaque village a son esprit protecteur, chaque esprit son temple, et partout les rites diffèrent, suivant les qualités que l'on attribue aux divinités, les dangers qu’il faut écarter, les avantages qu'il importe d'obtenir. Le premier missionnaire catholique en Cochinchine, le dominicain Diego Advarte, débarqua en 1596, et les missions régulières commencèrent dès le siècle suivant : le catholicisme fit de nombreux convertis dans les masses populaires et, vers 1650, les missionnaires ae complaient pas moins de 420 000 chrétiens au Tongking*?; mais de fréquentes perséeutions, qui amenèrent l'intervention de la France et de l'Espagne, obligèrent la plupart des convertis à renier leur foi. Dans la Cochinchine française, plus de 90 000 Annamites pratiquent les cérémonies catholiques ; dans le Tongking, les chrétiens étaient au nombre de TE 000 en 187$.

L'immigration des Chinois, qui se groupent en bang ou « congrégations » autonomes, contribue d'année en année à l'accroissement de la population annamile, car parmi les nouveaux venus 1l'en est peu qui soient

accompagnés de femmes: ils se marient à des filles indigènes et leurs des-

{ Morice, Bulletin de lu Société d'Anthropologie de Paris, mars el mar 1875. # Retord, Annales de la Propagation de la Foi, 1856,

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