‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 410 sur 471 · ER · texte numérisé non relu

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cendants, connus sous le nom de Minh-huong, finissent par rentrer dans la race maternelle : après la quatrième génération, les traits qu’ils tiennent du Chinois se sont effacés ; d’ailleurs le gouvernement classe tous les enfants parmi les Annamites', Au premier coup d'æil, on distingue facilement les Chinois récemment immigrés de leurs frères métis : ils ont la peau plus jaunâtre, le visage plus aplati, le ventre moins ballonné. En général, les hommes sont beaucoup plus laids que les femmes dans la race croisée, De grosses têtes à pommettes saillantes, des membres grèles, une poitrine mince sur un gros ventre leur donnent un aspect assez disgracieux, mais les femmes ont le buste élégant”. Les métis franco-annamiles, qui deviennent de plus en plus nombreux, résistent bien au climat, comme les Minhhuong; les enfants, fort gentils, ont le nez un peu camus, les cheveux châtains et le teint un peu plus clair que les indigènes”.

De même que les Annamites refoulent les Moï, de mème les Chinois empiètent graduellement sur les Annamites. Dans l’intérieur, le brusque contraste de climat que présentent le platcau tempéré du Yunnan et les vallées tropicales des vallées indo-chinoises empêche l'immigration des « enfants de Han ». C'est par le détour du littoral que se fait l'invasion : des côtes du Fo’kien et du Kuangtoung à celles de l'Annam et du Cambodge, l’acclimatement est facile et de proche en proche s’accomplit le travail de conquête, Le métissage des Chinois et des Annamites, qui se fait dans la Cochinchine méridionale par une immigration pacifique, continue dans la partie septentrionale du Tongking par des invasions guerrières. Les bandes des « Pavillons Noirs » qui se sont emparées de la vallée du Song-koï, sur les frontières du Yunnan et du Kouangsi, celles des « Pavillons Jaunes », qui gardent les défilés de la « rivière Claire », se composent principalement de Chinois, qui se perdront peu à peu dans la masse de la population, comme tant d’autres bandes qui les ont précédés. Quant aux Malais de la Cochinchine, presque tous cochers à Saïgon, cultivateurs ou bateliers dans les provinces environnantes, ils se mélangent beaucoup moins avec les Annamites, la plupart d’entre eux arrivant dans le pays avec leurs familles; il en existe sur les bords du Mekong et du Tonlé sap de nombreuses colonies qui doivent être de toute ancienneté, les villageois n'ayant aucune tradition sur la date de leur arrivée dans le pays. Les immigrants hindous, connus en général sous le nom de Malabares, — même ceux qui ne viennent pas de la eôte occidentale, — restent également à l'écart de la ‘population cochinchi-

4 Villard, Excursions et Reconnaissances, XI, 1$82. * Wernich, Geographisch-medicinische Studien . 5 Morice, Bullelin de la Société d'Anthropologie, février 1875,

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