‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 3)Chapitre 412 sur 471 · TYPES ET COSTUMES, — CHEFS DE VILLAGE ET FEMMES ANNAMITES · texte numérisé non relu

TYPES ET COSTUMES, — CHEFS DE VILLAGE ET FEMMES ANNAMITES

Dessin de A. Sirouy, d'après une photographie,

ANNANITES ET FRANC:1S 887

se divisent le sol en propriété personnelle dont l'ensemble constitue la + commune ‘; mais les électeurs municigaus, jouissant de leur suffrage dès h {E Es l'âge de dix-sept ans, ne comprennent que Les « inscrits », propriétaires d'un 4 pe « feu ». Les Annamites sont fort jaloux de © droit de cité : on n’inscrit ES guère Îles commerçants d'origine étrangère qu'à la troisième ou qua- Le trième génération. CE A l'influence chinoise s'en oppose maintsnant une autre, celle de la hs ‘RE France, préparée au dernier siècle par l'évêque d'Adran et par les officiers PE ( qui construisirent des citadelles pour l'empereur Gialong. Possesseurs d’une US L partie de la Cochinchine méridionale depuis 1862, les Français doublèrent RE © cinq ans après l'étendue de ce domaine, et déjà « protecteurs » du roi de n 12 [ai Cambod£e, ils signèrent en 1874 un traité politique et commercial avec le it roi d'Annam, qui leur assurait de grands avantages. Reconnaissant au sou- à |: 0 verain son € entière indépendance vis-à-vis de loute puissance étrangère », h: 1 js Ë ils lui assuraient « leur appui contre toute attaque »; de son côté, NS 7 le roi d'Annam s'engageait à « conformer sa politique extérieure à celle IR : de la France ». En même temps, il ouvrait trois ports du royaume au com- De merce étranger et permeltait aux navires européens de remonter le Fleuve ”. Rouge jusqu'aux frontières du Yannan. Jusqu'à maintenant, les « Pavil- + | 8 0: lons Noirs », les « Pavillons Jaunes » et Les € Pavillons aux Cinq Cou- &. 5601 * leurs », établis sur le haut fleuve, ont empéché la navigation, et le mou- : ARS A A + vement des échanges n'a pas dépassé les ports du littoral. D'autre part, D lt" les relations du roi d’Annam avec l'empereur de Chine ont continué d’être ii PE celles d’un vassal envers un suzrain. La France n'a pu donner force au HE à traité que par l'envoi de canonnières et le délarquement de troupes. Il est An | donc tout à fait inexact de parler de l'Annam comme d'une possession BE ES française; cette contrée ne pourrait appartenir à la France que par un ‘ 5 ! « droit de conquête » : il ne serait du reste pas difficile à obtenir, à en ON 4! juger par l'état de la troupe et de la flotte annamites* et par les diverses a +: | Jl expéditions où l'on a vu quelques centaines d'hommes s'emparer facile- He : ment du delta tongkinois, grâce aux divisions politiques soigneusement ok: 16 À entretenues par les Chinois et à la mauvaise administration des manda- ne 2 rins”. Mais, si facile que puisse étre la conquête d'un pays qui ne se défend E Fe d'à point, la France ne saurait perdre de vue qu'entre elle et son domaine IE É 1 Landes, Excursions et Reconnaissaners, V, 18%: — Villard, mémaire cité. E. 1: di * Armée, d'après Bouillevaux : 30 régiments. enmgrenaat 69 600 hommes. R 4 Pa : Flotte annamite en 1878, d’après Dutreud de Rhmus : 4 luteaux à vapeur donnés par la France, le". Ji 7 corveties à voile, 300 jonques . | Équirages : 16000 hommes, 1499 purs de came. sr + 3 Jean Dupuis, Ouverture du Fleuve Rouge a conmauerer ; les évimements du Tonkin. À A l'A

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s88 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

colonial de l'Indo-Chine le chemin direct ne lui appartient pas. Qu’une guerre marilime éclate, et les communications se trouvent interrompues entre Marseille et les comptoirs de l'Annam, comme elles le seraient aussi pour l'Espagne et pour la Hollande, entre Cadix et Manille, entre Amsterdam et Batavia !

Quoique les Français aient l'habitude de parler de la « colonie » de Cochinchine, elle n’est, comme l'Inde anglaise, qu'une terre de conquête. Le nombre des Européens qui vivent à Saïgon et sur le bas Mekong n'est pas mème d’un millier; les citoyens français ne sont près de 3000 que grâce à l’adjonction des « assimilés »'. Parmi les étrangers venus d'Europe, les Français forment les deux tiers; presque tous fonctionnaires ou prêtres, ils ne visitent l'Indo-Chine que pour quelques années, envoyés les uns par le gouvernement français, les autres par le collège de la Propagande. Aucun Français ne s'occupe de la eulture du sol, si ce n'est pour la diriger de haut en de grandes plantations, et le commerce se trouve presque en entier entre les mains des Chinois. De même que dans les ports de la Chine et du Japon ouverts au commerce étranger, ce sont les « enfants de Han » qui servent d'intermédiaires à toutes les transactions. Dès qu'un négociant européen de Saïgon reçoit un ordre d'achat, il se rend à la bourse de Cholon pour s'adresser aux acheteurs chinois, sans l'entremise desquels aucun indigène ne consentirait à vendre ses denrées. EL même parmi ces marchands d'Europe les Français sont en minorité : c’est par des navires anglais que se fait dans la Cochinchine française la majeure partie des échanges.

Le peuple vassal a dù s’accommoder à de nouvelles lois, entrer dans une nouvelle organisation politique, où les institutions françaises se mêlent aux institutions du mandarinat chinois. Néanmoins un commencement d’assimilation politique a été tenté, puisque les Annamites, qui renoncent à leur « statut personnel » pour se laisser régir complètement par les lois françaises sont classés parmi les citoyens comme électeurs politiques ; plusieurs communes, entre autres la capitale, nomment, au suffrage universel et direct, un conseil municipal, où d’ailleurs la majorité numérique

*1 Population de la Cochinchine française donnée aggresmativement par races, en 1881 : Annamites . 1 500 000 hab. 4 4 500 hab.

Cambodgiens . . . . . . 111009 » | CHMOES. + : à s 60000 »

Citoyens français de la Cochinchine en 1884 - Européens. . . . .

Assimilés (1189 hommes, 295 femmes, 315 enfants) . . . .

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