ANNAM, LAOS
apparteot toujours aux Français natifs ou naturalisés. Les préfets et les sous-préfets sont nommés par le pouvoir et les chefs de eanto® som « agréés » par bus. Hiepuis 1880, le code pénal français est applieabte, sauf quelques modifications, à tous les indigènes. Des bataillons anmammites, Les linhtæp. aident à la défense de la colonie, et des volontaires s* présentent en grand nombre pour la servir. La plus forte partie du budget est employée à esasrir Les frais d'administration; une plus faible part sert à la constræwtion des routes, des canaux et des ponts, des télégraphes, asmss qu'à la foadhatson «1 à l'entretien d'écoles. Les revenus de la Cochinehime française ne suflisent pas à payer les frais d'occupation, et le surples des dépenses peut s'ésaluer à une dizaine de millions par an. Par létublsssement de momspales sur l'opium, les eaux-de-vie de riz et le jeu, Le gouvernement framçais partage la responsabilité des Anglais à l'égard des populations de l'Estréme Orient ‘.
Dums Le Laos de la Barmanie et de Siam, les « villes » du kowt Mekong, fondées au milieu de populations sauvages ou à demi eivilisées. me sopt que des marchés, où quelques cases entourent la maison de gouverneur et la pagode aux toits de chaume‘superposés, aux colonnes seulptéss «® bois de tek. Prés de la frontière chinoise, Xieng Hong’, située sur Ex rive droite du fleuve, em amont d'une cité détruite, est une de ces bourgade. où me résibat, d'une manière permanente, q'un petit nombre d'habstants; en 1867, lurs du passage de l'expédition française, les doux preninoes qui formasemi Le royaume de Xieng Hong étaient à la fois tribwtaines de la Barmanmie et de la Chine, et probablement ce double vasselage du roi laotien n'a pes orssé d'exister. Le royaume de Xieng Tong, plus étemde. qui occupe à l'ouest une partie de la région montagneuse formant le faite de partage
# Biuilgett de lu Cochinchine française en 1889 :
Budget colonial. . . . . . . . . : . . . . 5990 000 frames. CE OR CEE ES SE EE LE 15858 000 »
Ensemble . , . . . . . , .. 21 858 900 fruurs. Prinemules sources de revenu :
Jeus etopium . . ........... 4 380 000 frames. D 5 4 00 à 4 à se... 548008 »
Tunes sur les villages, . . , . . . . . .. 2 275 800 » surles Asiatiques binogers. Ph orece 1.005 500 Pimmriguies dépenses - Administration civile et militaire . + . , . . . : 10000000 framurs. Travaux publics. . . . . . . . . . . .. 5100006 » * Lions, dass le Less du nord, el Muong, dans le Laos du sud, ont le sens die « «if-lieu ». (Fr- Gaunner.)
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entre le Mekong et le Salouen, ne paye tribut qu'à la Barmanie. La capitale de cet État, visitée en 1837 par Mac Leod, et trente années après par de Lagrée et Thorel, est une ville considérable. Le développement total de l'enceinie, embrassant plusieurs collines, est d'environ 12 kilomètres : un quart de cet espace est occupé par les habitations, et plus de vingt pagodes aux toitures dorées dominent les autres édifices en bois, en pisé, en treillis de bambou'. Muong Yong, ancienne capitale, plus rapprochée du Mekong, n’a guère plus que des ruines. Il en est de mème de ieng Sen et de Xieng Haï, dans le Laos siamois; ces deux villes, détruites pendant la première moitié du dix-neuvième siècle, ne présentent plus que des amas de décombres; quelques statues de Bouddha se montrent encore au milieu des herbes folles.
Luang Prabang, dont les maisons et les pagodes bordent la rive orientale du Mekong, près de l’un des grands coudes du fleuve, en aval de la jonction du Nam Hou et au confluent du Nam Kan, est la principale agglomération urbaine du Laos; avec ses faubourgs, elle se prolonge sur une dizaine de kilomètres, et ses marchés, où se présentent les indigènes de loute la région centrale de l’Indo-Chine, sont très fréquentés ; des centaines de bateaux sont amarrés au pied de la berge. Le palais du premier roi, — car Luang-Prabang a deux souverains enmine le pays de Siam, — est à lui seul une ville avec son enceinte, communiquant par un escalier de plusieurs centaines de marches avec une pagode qui dresse sa pyramide au sommet d’une colline élevée. De tous les royaumes du Laos, l'État de Luang Prabang, l'ancien empire de Lan gian, est le plus puissant et celui dont le vasselage, à l'égard du suzerain de Bangkok,'est le moins lourd à porter. Avant la rébellion des mahométans dans le Yunnan, le royaume était tributaire de la Chine aussi bien que du royaume de Siam. C'est à une petite distance à l’est de Luang Prabang que mourut l'explorateur Mouhot, en 1861 ; six ans plus tard, les membres de l’expédition française lui élevèrent un monument.]
La ville de Xieng Kang est située près du grand coude que fait le Mekong dans la direction de l’est pour décrire sa courbe parallèle à la côte de l'Annam ; elle se trouve à l'issue d’une vallée par laquelle on gagne facilement un des principaux affluents orientaux de la Menam : à Nieng Kang aboutira probablement un jour la route directe ou le chemin de fer qui fera de Bangkok le port du haut Mekong. Comme point stratégique et commercial, celte ville est donc fort importante : elle se trouvait autrefois sur
1 Thorel, Voyage d'exploration en Indo-Chine.
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LUANG PRABANG, VIEN CHANG, NONG &AL 891
la rive gauche du fleuve; mais le gouvernement siamois, voulant, en cas de rébellion, empècher les Laotiens de prendre le fleuve pour ligne de défense, força les habitants à s'établir sur la rive droite; de là le nom de Muong Maï ou « Nouveau Chef-lieu » que l'on donne souvent à la ville. En aval, tous les autres muong du territoire siamois ont dû également se construire sur la rive la plus facilement accessible aux armées de Bangkok. Vien Chan, en pali Tchandapouri ou « Cité de la Lune », jadis mé-
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tropole du Laos méridional, est une de œs villes que le gouvernement fit démolir comme située sur la rive défendue : on n’y voit plus que les restes du palais royal et quelques fragments d’une pagode célèbre d’où l’on a retiré le Bouddha de jade vénéré maintenant dans un sanctuaire de Bangkok. Dans la première moitié du dix-septième siècle, la Cité de la Lune fut visitée pour la première fois par des Européens. Le Hollandais Van Wusthof y vint en ambassade pour contracter alliance et raconta merveilles de la nation et du souverain qui l'avaient accueilli avec honneur‘. Vien Chan a été remplacée comme chef-lieu par Nong Kaï, située à une qua-
‘ Yule ; — Fr. Garnier; — L. de Carnë-
rantaine de kilomètres en aval. C'est la plus grande ville riveraine du Mekong entre Luang Prabang et Pnom peñh, et son commerce est assez considérable pour que les Chinois et les Pegouans y aient des quartiers di-tinets; ils apportent des marchandises anglaises et chinoises, qu'ils échangent contre du coton, de la soie, du tabac, de l'indigo, du plomb, de la poudre d’or, du sel provenant de marais voisins, de la cire, de l'ivoire, du benjoin, de la cannelle, expédiés par les sauvages du pays de Pouûn, près de la frontière du Tongking.
Lakhon, moins peuplée que Neng Kaï, eut jadis une importance considérable, qu'elle ne peut manquer de recouvrer tôt ou lard, car elle se trouve à l'endroit du Mekong où ce fleuve est le plus rapproché de la mer de Chine : la distance à franchir est sculement de 200 kilomètres, et les seuils de partage ne sont pas très élevés. Le voyageur Harmand à déjà exploré celte région‘, où nombre de réfugiés annamites, profitant de la faible largeur des districts montagneux, sont venus s'établir loin de leurs mandarins. Lakhon n'a d'autre industrie que la fabrication de la chaux, fournie par les montagnes qui se dressent au-dessus de la rive opposée et dans le<quelles sont creusés des fours, à peu près semblables à ceux que l'on fait en France’. En aval se succèdent les bourgs de Pnom, célèbre par sa pagode, de Ban Mouk, de Kemarat, de Pakmoun, ce dernier situé au confluent de la rivière Moun ou Se Moun, au-dessous des rapides les plus dargereux du Mekong. Le passin de la Moun ne saurait manquer de devenir une région commerciale de premier ordre, grâce au chemin qu'il ouvre vers Bangkok, grâce: à la fertilité de ses campagnes et à la richesse minière de ses monts. Korat, la principale étape entre Bangkok et le Mekong, est une véritable ville, ayant un quartier chinois, peuplé de quelques centaines de négociants, qui approvisionnent de leurs marchandises tout le nord de l'Indo-Chine. Les Khmer avaient étendu leur empire jusque dans cette région du Laos. car on troave dans le voisinage les restes d'un temple bouddhique offrant le style d'architecture et les ornements du temple d’Angkor, près du Grand Lac’. Au «€ royaume » de Korat, en aval du confluent de la Si, qui passe près de Chayapoun et de ses ruines, succède à l'est, dans le mème bassin de la Moun, le « royaume » ou plutôt la province siamoise d'Oubon. Le principal commerce du chef-lieu est celui du sel, que l’on recueille dar:s les plaines avoisinantes. Alternativement, les paysans récoltent le riz et le sel sur le mème terrain. Les
t Bulletin de la Société de Géographie de Paris, pevier 1879. * L. de Carné, Exploration du Mekong, Pevue des Deus Mondes, 15 juillet 18°9. 3 Nouhot, Travels in the Central Parts of Indo-Chime.
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VILLES RIVERAINES DU MEKONG, PFNON PEXNH. 895
pluies dissolvent les cristaux, entrainent les matières salines dans les profondeurs et permettent la culture du riz dans le terrain dessalé; mais aussitôt après la moisson la dessiceation de la terre par les chaleurs fait remonter le sel à la surface, où il se dépose en poussière blanche : il suffit alors de balayer le sol, de laver la poussière pour dissoudre le sel et de le faire évaporer".
Bassac, Khong, Stoung-Treng, places commerciales d’une certaine importance où s'échangent les denrées de la vallée d’Attopô et du plateau des Boloven, sont encore dans le pays de Siam, séparées du Cambodge par un cordon de douanes; aussi le’mouvement des échanges, qui devrait naturellement suivre la voie du fleuve, est en grande partie détourné vers l'ouest par le bassin transversal de la Se Moun. Si la route commerciale qu'offre le Mekong jusqu'aux cataractes de Khon était librement utilisée, la cité de Pnom peñh, les « Quatre Bras » des Français, deviendrait un entrepôt de premier ordre. Choisie comme capitale du royaume de Cambodge, à cause de son excellente position stratégique au croisement de quatre voies fluviales, Pnom peñh ou la « Montagne d'abondance » (Panomping, Calompé) ou Namvam, les « Cinq Bouches d'Or », occupe un de ces emplacements où des villes doivent surgir et renaitre de leur désastre. Lorsque Pnom peñh fut livrée aux flammes par les Siamois, elle avait, dit-on, 50 000 habitants; elle se releva rapidement de ses cendres, et de nouveau elle a repris le premier rang pour la population entre Bangkok à l'ouest et Saïgon à l’est. Les campagnes des environs sont parsemées de nombreux villages, et le courant du bras fluvial qui se dirige vers le Grand Lac est bordé de maisons et de jardins jusqu’au gros village de Campong-Leng, situé à une soixantaine de kilomètres au nord, sur la rive orientale du courant. Avant Pnom peñh, la capitale du Cambodge était la ville d'Oudong ou « Victoricuse », bâtie à une petite distance au nord-ouest sur un affluent du fleuve; elle a été abandonnée comme trop dificile d'z-cès aux canonnières françaises : le roi, ayant à craindre le soulèvement de son peuple, voulait être sous la protection immédiate des soldats étrangers’. Dans le Cambodge comme dans le royaume de Siam, les résidences royales ont été fréquemment déplacées. Pnom peñh est pour la denxième fois capitale du royaume. Trois villes d'Oudong se sont succédé dans le voisinage l’une de l’autre. Au nord, la cité de Lovek, qui fut également capitale, et que des sacrifices humains, dit la légende, avaient rendue imprenable, a cessé
* De Lagrée, Voyage d'exploration en Indo-Chive; — L. de Carné, Exploration äu Mekong. - * Fr. Garnier, Voyage d'exploration en Indo-Chine.
894 NOUVELLE GÉOGRAPIIE UNIVERSELLE.
d'exister, mais on voit encore les restes de sa triple enceinte‘. D'autres villes ruinées, peu éloignées de la tête du della, témoignent de l'imporlance que celle région eut de tout temps pour le commerce et des guerres qui se sont livrées pour la conquête des riches marchés du pays. Plusieurs colonies agricoles de Cham et de Malais mahométans, descendus de capüifs, sont éparses dans la contrée; les chrétiens, nombreux dans la population locale, se donnent pour la plupart comme d'origine portugaise. C'est parmi eux que sont choisis les gardes royaux.
Réduit aux faibles dimensions qu'il occupe actuellement, le royaume de Cambodge a pour centre naturel la région des Quatre Bras; mais lorsque
l'Etat khimer comprenait, avee d'autres provinces, toute la dépression trans-
versale qui rejoint les deux fleuves Menam et Mekong, par le bassin du Tonlé sap, le milieu naturel de la contrée se trouvait au bord du lac et dans les campagnes qui s'étendent à l'ouest vers Battambang. C'est près de la mer intérieure que S'éleva la eité d'Indra, célébrée par les traditions, el rappelée par de nombreuses ruines éparses dans les forêts. C'est là aussi, près de la ville actuelle de Siem réap, que se trouvent les débris les plus remarquables du Cambodge et de toute l'Indo-Chine, les temples et les palais d'Angkor. Ces monuments fameux, la gloire de l'architecture khmer, étaient déjà connus des missionnaires catholiques au milieu du seizième siècle, et depuis cette époque ïls ne furent jamais complètement oubliés. Le missionnaire Bouillevaux les vit en 150, mais l'attention du monde occidental ne fut sérieusement éveillée qu'après le voyage de Mouhot en 1S61 ; quelques années plus tard, les ruines d'Angkor furent longuement explorées par de Lagrée et ses compagnons, et depuis lors de nombreux voyageurs sont allés étudier ces restes merveilleux, dont les inseriptions et les statues révèleront page à page l'histoire du Cambodge. Les descendants des bätisseurs ont oublié les noms des architectes : ils disent que les € anges » ou les « géants » dressèrent ces murailles et ces tours; d'autres indigènes prét.ndent que ces prodigieux édifices € naquirent d'euxmèmes »°. Redevenus presque sauvages sous la longue oppression qui les accable et que consacrent ces temples magnifiques, symboles de la foi aveugle et de lobéissance absolue, les Cambodgiens ont complètement perdu la tradition artistique, et les Européens s'étonnent de contempler de pareils édifices où l’on ne s'attendrait à trouver que des huttes en bois et des ajoupas en feuilles de palmier’.
* Adolf Bastian. Reise durch Kambodja nach Cochinchina
3 Mouhot, ouvrae cité, 5 De Lysve; Bastian; Delaporte ; Aymonier ; De Crouier ; Bartet, etc.
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