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MONTAGNES DE MALACCA

vallée de la rivière Perak, parallèle à la côte, coule du nord au sud entre deux chainons de montagnes dépassant 1000 mètres par quelques-uns de leurs pics; même une des cimes ou gounong, l'Oulou Toumoulang, atteint 1961 mètres. La rivière Kanta, affluent du Perak, interrompt la chaine orientale, tandis que l’autre arète, celle de Larou!, va mourir dans le voisinage de la mer; mais à l'orient de l'estuaire du Perak un massif isolé dresse son plus haut sommet à 1982 mètres : c’est le Gounong Radjah ou « Mont Roi », que des eroupes voisines dépasseraient, d'après Daly, de plus de 400 mètres'. Une région montueuse, non encore visitée en entier, sépare ce massif d'un autre groupe de pies non mesurés, mais que Mikloukho Maclay croit ètre les plus élevés de la péninsule Malaise. La rivière de Pahang, qui va se jeter à l'est dans la mer de Chine, limite au sud ces hautes terres; au delà, des plaines marécageuses occupent une grande partie du versant oriental, tandis qu'une chaine, atteignant 1000 et 2000 mètres à ses points les plus élevés, longe la côte occidentale jusqu'au nord de la ville de Malacca. La cime à laquelle les premiers navigateurs européens, cherchant partout la montagne d'où Salomon recevait son or, ont donné le nom d'Ophir, s'élève à 1173 mètres dans l’axe de celle chaîne, mais complètement isolée, pareille à un cône volcanique. Plus au sud on ne voit guère que de simples collines; cependant les sommets qu'on aperçoit au nord-ouest de Singapour et qui portent le nom de Gounong ou « Mont » par excellence, atteignent encore 600 mètres. A l'est, les rangées de hauteurs se prolongent jusqu’à la pointe du continent, aux caps Djohor et Ramenia (Romania). L'ile de Singapour appartient aux mêmes formations rocheuses que les montagnes de la péninsule; géologiquement, elle fait partie de la terre ferme: le chenal qui la sépare de Djohor, et que l’on appelle « Vieux Détroit », parce qu'il était préféré par les marins trop timides pour braver les vagues du grand passage, a plutôt l'aspect d'un fleuve que d'un bras de mer. Il se développe en méandres dans l'intérieur des terres, sur une longueur de 35 kilomètres et une largeur moyenne de 1000 à 1500 mètres : c’est une vallée transversale à l’axe des montagnes péninsulaires.

Dans leur ensemble, les monts de la Malaisie sont formés de roches granitiques et de grès. A leur contaet avec les conglomérats et les argiles qui longent la base de la région montagneuse, une zone de boues alluviales épaisse de quelques mètres recouvre des gisements de puissance variable où les mineurs chinois recueillent l’étain; aux endroits où les alluvions,

1 Proceedings of the Geographical Society of London, jus 1882.

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chargées de minerai, ont rencontré des obstacles, les courants ont formé des tourbillons et le sol s'est creusé en € poches > d’où l’on retire parfois des amas de métal. Presque tous les torrents de la contrée roulent aussi de l'or dans leurs graviers. Quoique le travail ne se fasse avec méthode que dans les possessions anglaises, la production annuelle d'étain dans là Malaisie continentale dépasse $ millions de francs‘; en plusieurs régions de

l'intérieur, notamment dans le Pahang, la monnaie courante se compose de disques d’étain scellés de l'estampiile royale et percés d’un trou, de sorte qu’on peut les enfiler et les porter en « ligatures > comme Îles sapèques chinoises. La rareté des gisements stannifères dans le reste du monde assure aux mines de la péninsule Malaise une importance exceptionnelle. C'est peut-être dans le voisinage des mines d’étain de Malacca que s'ouvrit l’âge de bronze, ear les gisements de ce métal, sans lesquels il eût été impossible de fabriquer l'alliage, n'existent pas dans le monde méditerranéen, où s'était répandu l'usage des armes de bronze. Toutes les trou-

* Barrington d’Almeida, Jourral of ke Geographscal Society of London, 1876.

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