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femmes marchent la figure découverte, et jouissent d’une grande liberté. De même les mollahs, chargés d'appliquer la justice, doivent se conformer aux traditions nationales. Les meurtres, d'ailleurs très rares, ne sont point punis par la communauté; ce sont les parents de la victime qui ont eux-mêmes à verser sang pour sang. Chez la plupart des tribus, hommes et femmes restent complètement à l'écart les uns des autres du mois de mai jusqu'en septembre : c'est alors la saison des expéditions guerrières, et, suivant une idée généralement répandue chez les peuples batailleurs, jusque chez les Hellènes et les Albanais, la victoire appartient aux plus chastes
Les diverses tribus ont chacune leur dialecwe ou leur patois distinct, se rattachant au kachmiri par les parlers des populations du Djhilam occide:tal ; une seule langue, le bourichki, parlée dans le Hounza, le Nagar, le Yasin, est d’origine « touranienne », mais Biddulph n’est pas d'avis qu'il faille la classer parmi les idiomes tures. Chez tous les Dardou, le pouchtou des Afghans est devenu la langue policée. Au sud de Pouttoun, qui est la république la plus prospère du Yaghestan, le pouchtou est le seul idiome que l'on emploie ; la population de tout le pays de Boneïr, de même que celle de la basse vallée de Swat, étant purement afghane, la langue ne diffère que peu de celle du Caboulistan. Il n’en est pas de même sur la rive gauche de l'Indus. Les habitants de cette région des gorges, en amont de la « Porte » ou Derbent, sont connus sous le nom de Himtcha ou « Métis », et les purs Afghans Youzoufzai refusent de se marier avec leurs filles ou de les prendre pour alliés dans leurs expéditions de guerre. Une des colonies de la rive droite, celle de Palosa ou Parousa, se compose d’ennemis irréconciliables de l'Angleterre, tous Wahabites venus de l'Inde et entretenus aux frais de leurs coreligionnaires. Au nombre d'environ cinq cents, ils s'exercent au maniement des armes, construisent des forts, envoient leurs espions et leurs prophètes dans toutes les parties de l'Asie musulmane? Ainsi, à quelques milles de la frontière anglaise, les envahisseurs de l'Inde trouveraient des alliés dans le Pays « Rebelle ». Naguère le chef spirituel des clans sunnites du Swat, désigné par le titre d'akhound, avait acquis une autorité presque incontestée sur ses coreligionnaires de l'Afghanistan et des régions de l’Indus; il recevait des ambassades de toutes les parties de l'Inde et même de Constantinople.
La haute vallée de l'Hydaspe ou Djhilam a, comme les autres bassins
! Frederic Drew; Biddulph, ouvrages cités * Biddulph, ouvrage cité,
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DARDOU, SWATI, KACIIMIRI. 127
fluviaux de cette région de l'Himalaya, sa population particulière. Les Kachmiri, qui ont donné leur nom à tout le royaume, mais qui obéissent eux-mêmes à des maîtres de race étrangère, peuplent la plaine lacustre que parcourt le Djhilam en amont de la cluse de Baramoula et ne se retrouvent qu'en faibles colonies en dehors de cet étroit domaine. Au point de