N° 28. — POPULATIONS & REBELLES » DU DARDISTAN ORIENTAL
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vue physique, les Kachmiri ou Kachouri, ainsi qu'ils se nomment euxmêmes, sont peut-être les plus beaux des Hindous : de taille moyenne, bien découplés, adroits et forts, ils ont aussi en général des traits réguliers, un front élevé, un nez légèrement aquilin, la bouche fine, les yeux bruns et doux. Quoi qu'en ait dit Jacquemont, les femmes de Kachmir qui méritent leur réputation de beauté, universelle dans l'Hindoustan, sont fort
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nombreuses; elles se disunguent surtout par la noblesse et la pureté des traits, qu'elles gardent jusque dans la vieillesse. L'intelligence, l'esprit, la finesse et le goût des Kachmiri sont connus dans l'Inde entière; mais pauvre peuple opprimé, habitant une plaine unie où les conquérants peuvent descendre de toutes les montagnes environnantes, ils n’ont pour se défendre que les armes du faible, la ruse et la flatterie : ils rampent devant leurs maîtres, qui leur laissent à peine la part de récolte nécessaire pour les sauver de la faim.
Hindous par la race, les Kachmiri parlent une langue d'origine « aryenne » dont le vocabulaire est pour les deux tiers d’origine persane et sanscrite ; néanmoins les étrangers l’apprenuent difficilement; elle n’a de rapports directs qu'avec les idiomes parlés au sud-est dans la haute vallée du Tehinab; c’est par leur intermédiaire qu'on reconnaît les traits de famille entre le parler de Srinagar et ceux du Pandjab'. D'ailleurs les Kachmiri s’approprient avec la plus grande facilité les dialectes de leurs maîtres; presque tous parlent le dogri ou l'hindostani, beaucoup connaissent le persan, qui est le « français de l'Orient » et, depuis l’époque du Grand Mongol, le langage officiel de la cour de Kachmir. Une seule caste du pays a gardé, avec sa religion, le souvenir de son origine : c'est la caste brahmanique à laquelle on donne le nom de « pandits », comme s'ils méritaient cette appellation réservée aux savants dans l’Inde proprement dite; du moins la plupart d’entre eux sont écrivains publies ou seribes dans les bureaux du gouvernement; d’autres se livrent au commerce, mais aucun d'eux n’est agriculteur ou manœuvre. Malgré la conversion de la grande majorité du peuple à l’islamisme, le régime des castes s'est mainténu pour diverses professions ; mais il est beaucoup moins rigoureusement observé que dans l'Inde brahmanique, ce qui provient peut-être de ce que l'immigration aryenne se fit avant la séparation stricte des classes chez les peuples de l'Hindoustan”. Une seule caste est tenue pour complètement impure, celle des Batal : s'ils osaient invoquer le nom d'Allah, on verrait en eux des blasphémateurs. Ce sont probablement, comme les Doum du Dardistan, les représentants des aborigènes vaincus. Le langage des tisseurs- de châles offrirait aussi, d’après Leitner, un vocabulaire considérable provenant d’un idiome antérieur aux autres langues du nordouest de l’Hindoustan®. :
À l’ouest et au sud-ouest de la plaine du Kachmir, la région montagneuse
4 Frederic Drew, ouvrage cité
# Hunter, Annals of Rural Bengal.
5 Anjuman-i-Punjab, jan. 4, 1882; — Allen's Indian Mail, feb. 27.
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