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rait voir plus de représentants de populations diverses que dans les villes du Nepal. A l’ouest du Gandak, la race prédominante est celle des « Aryens » hindous. De même que dans le Koumaon, des conquérants radjpoutes s'emparèrent de la contrée, — vers le quatorzième siècle, disent les tradilions, — et d'autres immigrants dü sud les suivirent, surtout des brahmines fuyant le fanatisme musulman et modifiant de proche en proche la population primitive ; ils ne se laissèrent point conquérir à leur tour, et les Népalais sont les seuls habitants de l'Inde dont le territoire n’ait pas été fondé par les soldats de l'Islam. Les habitants de l'occident du Nepal ont des noms hindous et parlent des dialectes qui se rattachent à la souche commune du sanscrit : ils se elassent aussi comme appartenant aux deux castes supérieures des brahmanes et des kchatryas. En réalité, la race est très mêlée, et nombre de Radjpoutes du Nepal ont des traits tout à fait tibétains ; il serait plus vrai de les classer parmi les Bhotia, dans la caste des vaincus, que d'en faire des représentants de la race conquérante; mais ils prétendent d'autant plus à la pureté du sang, que les castes hindoues non mélangées pourraient le mieux les tenir à l'écart comme indignes. Tandis que dans l’Inde proprement dite les enfants suivent la caste de la mère, au Nepal ils appartiennent à la condition du père; c’est ainsi que s'explique l'existence d’une si nombreuse population de brahmanes cet de kchatryas dans les vallées de la Karnali et des Sapt Gandaki",
La langue parlée: par la grande majorité des Parbattia ou « Montagnards », habitants. du Nepal occidental, est nommée d’après eux parbatlin; on la désigne aussi sous le nom de khas, d’après la tribu guerrière qui l’emploie. Même à l’est de la Kali, jusqu’à la Trisouli (Trisoul ganga), elle est aussi répandue que les dialectes d'origine tibétaine : devenue l'idiome des maîtres du pays, elle doit au rang de ceux qui la parlent une influence exceptionnelle. C’est d’ailleurs un langage clair, vigoureux, bref, convenant bien à un peuple de soldats, mais n'ayant qu’une pauvre littérature. Entièrement « aryen » par la structure grammaticale, le parbattia renferme encore un cinquième de mots appartenant aux langues aborigènes; pour l’idiome comme pour la race, les éléments tibétains se sont indianisés?.
Les Khas, que l’on appelle plus fréquemment Gourkha, mais à tort, car le nom de Gourkha s'applique aux habitants de toute race qui peuplent le district situé autour de la ville de Gourkha, ne permettent pas qu’on
* Hermann von Schlagintweit, ouvrage cité, # Brian H, Hogdson, Essays on the languages, literature and religion of Nepal and Tibet. 5 Oldfield, Sketches from Nipal.
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POPULATIONS DU NEPAL. 177
doute de leur provenance hindoue et de leur rang de kehatryas: mais il est d’autres tribus militaires qui, tout en se disant hindoues, ont beaucoup mieux gardé leurs traditions et leurs mœurs : ce sont les Magar ou Magyar et les Gouroung, qui vivent au nord de Gourkha, en diverses vallées tributaires de la Trisoul ganga. Ils parlent khas avec leurs maitres, mais entre eux ils se servent toujours de leur idiome de souche tibétaine; de même, s'ils pratiquent quelques cérémonies brahmaniques, ce n’est point avec ferveur. Avec les Khas du Gourkha, les Magar, Îles Gouroung et les Limbou des districts orientaux composent presque toute la force armée du Nepal; mais cela ne suffit pas à leurs instincts militaires : de même que les Suisses d'autrefois, ils émigrent pour servir comme mercenaires. Ces Népalais, uniformément désignés sous le nom de « Gourkha », sont fort nombreux dans l’armée hindo= britannique, où ils sont très appréciés à cause de leur courage, de leur endurance dans les fatigues, de leur adresse et de leur promptitude. Vrais soudards, ils ont le plus profond mépris pour la tourbe des Madhesia, c’est-à-dire des gens de la plaine, et massacreraient des révoltés avec joie. Faciles à discipliner, ils ne seraient peut-être pas moins dangereux contre leur propre patrie, si la guerre devait éclater un jour entre l'empire anglo-indien et le Nepal.
Les Limbou, les Kiranti, les Yakha, qui vivent, au nombre d'environ 290 000, dans les vallées du Nepal oriental, sur les frontières du Sikkim, représentent peut-être les tribus kohlariennes dans les monts Himalaya, car par leur apparence physique, leurs mœurs, quelques traces de religion et des particularités du langage, ils se rapprochent des Kohl du Tehota Nagpour et d'Orissa‘. Les autres tribus du centre et de l'est du royaume sont encore purement tibélaines par les traits, les mœurs, les dialectes, la religion. Presque tous les habitants de cette partie de la contrée sont beaucoup plus blancs que les Hindous; ils ont la tête et la figure plus large; les yeux rapprochés et légèrement obliques, le nez déprimé à la base, large au bout et percé de grandes narines rondes; ils sont petits, mais trapus et forts. La prestesse intellectuelle, la vivacité de l’Hindou leur manquent, mais ils n’ont pas non plus sa ruse et sont généralement doux et de belle humeur. Ils se divisent, non en castes, comme les immigrants de la plaine, mais en tribus qui, tout en se ressemblant par les mœurs agricoles ou pastorales, se distinguent par les dialectes, les coutumes locales, les traditions, et ne se croisent point les unes avec les autres par des mariages.
1 Hodgson; — Dalton, Ethnology of Bengal.
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