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importance commerciale; cependant un marché annuel se tient au pied de la montagne, au milieu de jardins renommés pour l'excellence de leurs produits agricoles, surtout le riz, le sucre, les ananas, les mangues; les oranges de Nayakot et ceiles des districts occidentaux, autour de Gourkha, sont considérées comme étant sans rivales. Les jardins de Nayakot sont à 700 mètres d'altitude. C'est jusque-là que les Chinois et les : Tibétains descendirent en 1792, lors de leur campagne victorieuse contre
les Gourkha,
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1 Oldfield, ouvrage cité,
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Dans toute la partie occidentale du royaume, limitée par la Trisoul ganga et jadis partagée en quarante-six petites principautés féodiles, les Baïsi radj ou « Vingt-deux royaumes », et les Tchaoubisia radj ou « Vingt-quatre royaumes », il n'y a point de grandes villes; les principales agglomérations d'habitants sont des bourgs entourés de murailles, comme Djamla ou Djhoumla, la capitale des Baïsi radj, des lieux de marché comme Lohmanteng (Mastang, d'après Oldfield), sur le sentier qui monte au P'otou-la, ou des sancluaires de pèlerinage fréquentés, comme Mouktinath. En cet endroit, situé à 5459 mètres d'altitude, sur la pente de hautes montagnes neigeuses, jaillissent des eaux thermales sulfureuses, que les indigènes disent être quelquefois accompagnées de flammes". La ville la plus commerçante des frontières tibétaines est Kirong, située au nord de Katmandou, à 2775 mètres d'altitude, dans une vallée que domine à l’est le massif du Gosaïnthan; on y cultive encore le froment et l'orge, mais le riz y est importé des plaines basses.
Le commerce du Nepal est singulièrement entravé par les rigueurs de la douane. Non seulement aux frontières, mais aussi dans plusieurs stations de l’intérieur, des taxes sont prélevées sur les marchandises et certains objets sont complètement prohibés; royaume militaire menacé par les deux empires plus puissants que lui, le Nepal ne peut se défendre que par des tarifs et des passe-ports, mais, en dépit de sa mauvaise grâce envers les commerçants étrangers, il est obligé de les accueillir. Des Tibétains viennent acheter de l’opium pour l’introduire en contrebande, des centaines d'Hindous se présentent aux foires annuelles de Katmandou, et les marchandises anglaises, devenues de plus en plus nécessaires aux Népalais, doivent être payées en denrées locales, telles que le bois et les gommes du calechu ou cachou, en bois de construction, en fers et en cuivres, en laines, en chevaux, petits animaux sobres et infatigables, en sel et en poudre d'or, en minerais divers, en turquoises, en borax, importés des plateaux tibétains. Même le Nepal, représenté par une cinquantaine de gros marchands, peut envoyer aux Anglo-[ndiens des produits de son indusirie, notamment des couvertures et le papier, aussi solide que le parchemin, fabriqué avec la fibre de la daphne cannabina. Malgré son désir de se maintenir isolé, le gouvernement du Nepal ne peut empêcher la nation d'entrer en rapports de plus en plus fréquents avec ses voisins de l’inde; il doit entretenir les roules qui existent déjà, en ouvrir même de nouvelles; enfin, il a préposé des brahmanes à l'établissement des postes sur les chemins de la
4 Montgoinerie, Journal of the Geogr'aphical Society of London, 1875.
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NEPAL, SIKKIM. 187
contrée; mais la route qui mène de Khatmandou à Sigaouli, station de la voie ferrée qui longe la frontière, n’est loujours qu'un sentier traversant encore une large zone de terai et franchissant deux cols, le Sisaghari et le Tchandragiri, qui s'élèvent respectivement à 1960 et 2190 mètres de hauteur ‘. Des Népalais émigrent en grand nombre dans les plaines de l'Hindoustan, surtout à Bénarès, et rapportent dans leur pays des idées et des mœurs nouvelles, qui transforment de plus en plus le Nepal en un pays hindou. Même la plupart des riches propr'étaires du terai résident sur le territoire anglo-indien.
Quant à l'indépendance politique du Nepal, elle n’est point menacée. Bien au contraire, le gouvernement de Katmandou est de ceux que le viceroi des Indes traite avec le plus de courtoisie, se conformant à lous ses désirs et consentant même à garder pour lui des prisonniers d'État dans sa forteresse de Tchanar, sur le Gange. C'est que le radjah du Nepal dispose d’une armée de cent mille hommes, renommée pour sa vaillance et dont une partie considérable est armée à l’européenne et fournie d’un excellent matériel de guerre. Précieux allié, le Nepal sera’ un très redoutable ennemi*.