HIMALAYA ORIENTAL
HAUTES VALLÉES DES AFFLUENTS DU BRANMMAPOUTRA, SIKKIN ET BHOUTAN.
La partie orientale de l'Himalaya, quoique la plus rapprochée de Calcutta et la plus accessible par voies navigables jusqu’à la base des montagnes, est restée la moins connue; nombre de vallées, habitées par des populations sauvages, n’ont pas encore été scientifiquement explorées et l’on ne sait pas même quelles rivières les parcourent; seulement quelques sommets de montagnes, aperçus des plaines à 100 et 150 kilomètres de distances, ont été mesurés et servent de premier point d'appui aux linéaments précis des cartes futures. Certainement, la première cause de l'état d'ignorance dans
‘ Eastwick, Handbook of the Bengal Presidency. 2 l'opulation de quelques villes du Nepal :
Katmandou, d'après Oldfield. , . . . . . . TS 70 000 habitants Patan » TON MTS M RO NN Le 60 000 »
Bhatgaoun » Mtirviineiue 50 000 »
Gourkha » CASE OT EN EE 40 000 »
Kirtipour » DA Von D 5 000 »
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lequel on se trouve encore relativement à ces régions orientales de l’Fimalaya, consiste dans l’extrême abondance des pluies apportées par la mousson du sud, Ces averses donnent l’impurtance de fleuves à des cours d’eau qui, sous tout autre climat, seraient de simples ruisselets; la végétation, nourrie par une humidité surabondante, recouvre tout le pays de fourrés d'arbres entremélés €2 lianes où l’homme ne peut pénétrer que difficilement ; la percolation des eaux dans le sol cause de fréquents éboulis,
et dans les moindres cavités s’amassent des marécages. Les forces de la nature sont trop puissantes dans celte région pour que l’homme eivilisé ait pu tenter encore de les discipliner. Des tribus se pliant à loutes les conditions du milieu, étrangères aux besoins qu'ont les populations policées de la plaine, sont les seules qui puissent vivre dans ces contrées, et jadis la crainte qu’elles inspiraient contribuait à éloigner les voyageurs de leurs vallées.
Cependant une partie du versant himalayen descendan : Brahmapoutra est annexée indirectement à l’Empire Indien, et mêms .:s Anglais ont étendu les limites de leur province médiatisée du Sikkim jusqu’au faite du Trans-Himalaya; le haut bassin de la rivière Aroun, la plus importante du Nepal, est marqué sur plusieurs cartes comme appartenant à l'Angleterre, quoique, privé de toute population, il n’ait en réalité point de maître. Des postes britanniques, militaires et commerciaux, sont interposés entre les deux États indigènes du Nepal et du Bhoutan. A l'est, les Anglais, sans conquérir le Bhoutan, ont du moins annexé à leur empire les dixhuit doar qui en dépendent naturellement, c’est-à-dire les « portes » de l'Himalaya, les seules régions du pays dont les productions aient de la valeur et où les habitants se soient groupés en nombre considérable; d’ailleurs, pour assurer la tranquillité de sa frontière, le gouvernement anglais sert au radjah du Bhoutan un subside annuel dont la régularité dépend de la sagesse du pensionnaire. À son extrémité orientale, le Bhoutan est limité par le pays de Tovang, route commerciale dont le Tibet est devenu propriétaire, grâce à l'influence des lamas, à la fois prêtres, maîtres politiques et marchands; mais là aussi les Anglais se sont emparés des doar voisins de la plaine, et les deux empires, de l'Inde et de la Chine, y sont devenus limitrophes. Plus à l'est commence le domaine inexploré des tribus sauvages, que les planteurs de l'Assam, remontant de plus en plus haut dans les vallées, ont dù faire pensionner par leur gouvernement pour éviter les incursions de pillage. On ne peut émettre que des suppositions sur le nombre lotal des habitants qui peuplent le versant himalayen compris entre le Kintchindjinga et les monts orientaux; il n’atteint pas mème
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