‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 110 sur 552 · BLOCS ERRATIQUES ET TOURBIÈRES DE LA NÉERLANDE · texte numérisé non relu

BLOCS ERRATIQUES ET TOURBIÈRES DE LA NÉERLANDE

l'origine de ces blocs n'eût été expliquée dans les écoles aux paysans néerlandais, ceux-ci croyaient à la croissance spontanée des pierres dans le sable qui les entoure’. Partout les collines et les landes de ces régions se distinguent des dunes du httoral par les cailloux cristallins et les grains grossiers de leur sable ; en outre, elles renferment toujours, à une certaine profondeur, une couche d’alios pareille à celle des landes françaises et provenant aussi de la décomposition des bruyères qui croissent en abondance sur ces terres peu fertiles : l’alios contient fréquemment du fer, mais en aucune partie de la Hollande ce minerai ne se rencontre en assez forte proportion pour qu'il soit utile de lexploiter.

Les régions de la Néerlande dont les terrains ont disparu avant la période actuelle sous les débris des roches triturées, sont revètues de tourbe sur de grandes étendues. La Frise méridionale et la province de Groningue ont des tourbières occupant des milliers d'hectares en surface ; dans la Drenthe, où elles forment la frontière hollandaise, du côté de l'Allemagne, ces masses de végétaux carbonisés se prolongent sur un territoire beaucoup plus vaste encore ; on voit aussi des plaines tourbeuses trèsconsidérables dans l’Overijssel et dans la Gueldre; la région du Brabant septentrional connue sous le rom de Peel n’était jadis qu’une immense prairie tremblante entourée en grande partie par les landes sèches de la Campine (Kempen). Autrefois la surface des tourbes était bien plus aste encore dans toute la Hollande orientale : ce que l'on en voit n'est qu'un reste des anciennes solitudes; les rivières qui traversent le pays, les vallons qui plissent les bords du plateau, les chemins que l'on a tracés de village à village, et surtout les canaux qui coupent le pays, ont permis au cultivateur d'attaquer la tourbière sur mille points à la fois et de la diviser en d'innombrables fragments qui diminuent chaque année d’étendue.

Les troncs d'arbres, chènes, bouleaux et pins, trouvés en si grand nombre dans l'épaisseur des tourbes, prouvent que la surface de ces contrées, dont la végétation normale consiste maintenant en mousses et en bruyères, était couverte de forêts. Les planches des pontes longi que l'on retire de la tourbe rappellent en même temps et l'œuvre des Romains, et les bois qui ombrageaient la contrée; car les troncs d'arbres nécessaires à de pareils travaux n'auraient pu être apportés de loin : c’est dans le pays même qu’on les avait abattus. Cependant toutes les forêts du pays avaient disparu au commencement du dernier siècle, lorsque les premières tentatives de reboisement eurent lieu sur quelques vastes domaines de la

! Slaring, Voormaals en Thans, p. 93. :

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