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province de Noord-Brabant. Dans le pays de Gueldre, on ne s’oceupa de nouvelles plantations qu’au temps de la domination française, et c’est encore plus tard que l'on se mit à reboiser des landes, dans l'Overijssel et la Drenthe'. Les pins, dont on trouve les débris en si grande quantité dans les tourbières du pays, n'appartenaient plus, pendant la période historique, à la flore normale de la Hollande, et ce n’est pas sans peine que l’on parvint à les acelimater, de manière à en former des forêts. Ainsi, des changements réels de elimat ont eu lieu dans la contrée depuis la disparition des bois engloutis dans les tourbières, puisque des plantes, jadis indigènes, étaient devenues étrangères.
IL est arrivé fréquemment, soit par l’incurie des ouvriers, soit par toute autre cause, que des tourbières ont pris feu, et souvent l'incendie à duré pendant des semaines avant qu'on ait pu larrèter en creusant le sol tout autour du foyer. Un lac que l'on voit dans la Frise, non loin du Luiderzee, occupe, d’après la tradition, la place d'une tourbière brûlée. On raconte aussi qu'en 1595, pendant les guerres contre l'Espagne, les Hollandais mirent le feu à une chaussée que les ennemis avaient construite à travers les marais et leur barrèrent ainsi la route*. Autrefois, la seule manière de préparer le sol à la culture était, en Hollande comme dans le nord de l'Allemagne, d'allumer les tourbières après les périodes de sécheresse, pour semer ensuite du sarrasin dans les cendres, et l'on n'a pas encore complètement abandonné cette méthode barbare, qui a pour conséquence de volatiliser sans bénéfice presque tous les sels nutritifs du sol et de répandre des nuages d’âcre fumée sur des contrées entières. Toutefois, dès le seizième siècle, les Hollandais imaginèrent une meilleure méthode de culture des tourbières en creusant des canaux navigables, qui se ramifient en innombrables veinules dans les chantiers mèmes d'où l'on extrait les tourbes : grâce à ces canaux, les paysans peuvent facilement nettoyer le sol de toute la couche de végétation qui le recouvre, mélanger au terrain les amendements nécessaires et le revêtir de moissons. De cette manière rien n’est perdu : la grande mine à ciel ouvert est exploitée en entier, En 1858 déjà, Mtaring évaluait à plus de 200 millions de francs le prix de tout le combustible d’une tourbière de 20 000 hectares et d’une profondeur moyenne d'un mètre. Depuis cette époque, la valeur de la tourbe n'a cessé de s'accroitre, tandis que la quantité en a beaucoup diminué : la croissance annuelle des tourbières est loin de réparer les vides qu'y fait le travail de l'homme.
! Staring, Voormaals en Thans.
# Alph, Esquiros, La Néerlande et la vie hollandaise.
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On ne saurait douter que dans un petit nombre de générations la tourbe des hautes landes, de plus en plus activement utilisée par l'industrie, ne disparaisse complètement de la Hollande", Les marais de Peel, qui avaient naguère près de 50 kilomètres de long sur 15 kilomètres de large, ont été réduits des trois quarts en étendue?. L'agriculture envahissante efface les contrastes entre les diverses régions, de même que les populations se rapprochent et se mêlent, perdant peu à peu ce qu’elles avaient de trop fruste dans leurs caractères distinctifs.
Si les « tourbes hautes » (hooge veenen) diminuent rapidement en étendue, les « tourbes basses » (lage veenen) du littoral se réduisent beaucoup plus lentement sous les efforts des cultivateurs; même en certains endroits, elles sont devenues une véritable couche géologique faisant désormais partie intégrante de l'enveloppe terrestre. Sous les dunes de la côte s’étendent des couches de tourbe, que la pression a transformée en masses solides; ailleurs, on les trouve à diverses profondeurs sous des assises d'argile ou sous des terrains depuis longtemps changés en campagnes arables; les sondages les ont aussi rencontrées sous le fond marin dans le voisinage des côtes. Le fond des lacs de la Frise et des autres provinces orientales est presque partout formé de tourbe; l’eau qui les emplit, saturée de tannin, est d’une nuance violette ou mème noirâtre, contrastant singulièrement avec la verdure des roseaux et des prairies du bord”, Dans une pareille région une grande partie du sol est formée de masses spongieuses, qui s'élèvent et s’abaissent avec les inondations ; les prairies, soutenues par des eaux cachées, frémissent sous les pas ; ainsi que le dit un proverbe local : het land leeft, « la terre vit ». Les iles flottantes composées de débris végétaux sont nombreuses dans les lacs, et parfois elles voyagent de rive à rive, poussées par les tempêtes. Même pendant la période historique, depuis que les contours des lacs et des marécages de la Hollande sont à peu près fixés, on n'a cessé de voir des exemples de terres voyageuses, connus sous le nom de drijftillen en Frise et rietsoden en Hollande. En 1509, une prairie flottante, sur laquelle paissaient quelques vaches, fut entraînée d’un bord à l’autre du Dollart. Elle vint s’échouer sur le Rheinderland, dans la province de Groningue, sans qu'il fût arrivé malheur à un seul des animaux pendant l'étrange traversée”, Les paysans
! Production de la tourbe en Hollande pendant l'année 186%, dernière année où l’accise a été perçue : 42 000 000 tonnes. (Kuyper, Noles manuscrites.)
? Rijkens, Aardrijkskunde van Nederland.
3 IL Havard, La Hollande pittoresque ; les Frontières menacées.
# G.-A, Venema, Veranderingen welke onte Zeekusten hebl'en ondergaan.
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s'emparent des prairies flottantes et les découpent en radeaux qu'ils amènent à l’époque des crues dans les mares dont ils veulent exhausser le sol, Les ingénieurs se servent aussi des drijftillen pour leurs grands travaux
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hydrauliques. Ainsi les coffres des jetées du Zwolschediep, qui s’avancent à près de 6000 mètres dans le Zuiderzee, ont été remplis de ces gazons
flottants, extraits de lacs du voisinage, les Wannerperveen : après avoir
divisé ces îles en lanières de 15 mètres de long et de 2 mètres de large,
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