‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 175 sur 552 · NA M · texte numérisé non relu

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tares, un peu moins que la moitié de tout le territoire : c’est la région d’où la grande culture gagne sur les terrains avoisinants pour les transformer graduellement en campagnes fécondes. A l’époque de la fenaison, les possesseurs des anciennes tourbières changées en prairies ne trouvent pas dans le pays assez de faucheurs : il leur faut utiliser les bras des émigrants du Hanovre qui viennent s'offrir en foule. Parmi les tourbières, il en est aussi que l’on a su mettre en culture pour la production des jones et dont le revenu égale celui des meilleures prairies : ces jones servent à faire des nattes pour l’usage des habitants de la contrée et pour l'exportation. Néanmoins on peut s'étonner de ce que les Hollandais s'occupent avec tant d'ardeur de reconquérir sur la mer des vases molles qu’il faut endiguer à grands frais, alors qu'ils possèdent près de 700 000 hectares qu’il leur serait facile d’annexer au territoire agricole, sinon par la culture proprement dite, du moins par les plantations d’arbres. Les bois n'ont encore sur le territoire hollandais qu’une bien faible étendue ; ils couvrent à peine un seizième du sol ; en 1860, la Drenthe n’avait que cinq milliers d'hectares plantés en bois; la province de Groningue en avait à peine un millier. Et pourtant la Hollande, une des contrées les plus pauvres de l'Europe pour l'étendue de son domaine forestier, est celle qui emploie le plus de bois d'œuvre pour ses digues, ses pilotis, ses embarcations, ses demeures, et nulle part on n’a besoin de tant de fascines pour asscoir les fondations des jetées et des épis de défense. C'est dans les landes de la Veluwe, à l’ouest de l'Hssel, que l’on a fait les plantations les plus importantes de chênes, de hètres, de sapins, de pins sylvestres, et que les taillis sont aménagés avec le plus grand soin ; mais en dehors de la Gueldre les progrès du reboisement se font avec lenteur, les landes ne sont guère défrichées que pour laisser passer la charrue, et si la culture s’en empare, c’est plutôt par l’infatigable labeur du paysan pauvre, le zandboer ou cultivateur des sables, que par les avances des riches propriétaires *.

La grande étendue des prairies, que recouvrent trop souvent des eaux stagnantes et qui ne reçoivent pas assez d’eau d'irrigation, ne laisse dans la région fertile de la Hollande qu’un espace étroit aux champs labourables. Si ce n'est dans les régions de montagnes, il n’est pas de pays en Europe où les terrains remués par la bêche ou la charrue oceupent un espace de moindre superficie relative, La Hollande récolte peu de céréales, et même dans certaines provinces le froment est une plante presque in-

‘E, de Laveleye, La Néerlande, Études d'économie rurale,

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