ÉCONOMIE RURALE DE LA NÉERLANDE
connue du paysan. Celui-ci cultive davantage le seigle, qui fournit le pain ordinaire des campagnards et même d’un grand nombre de citadins : la pomme de terre, qui entre aussi pour une forte part dans l'alimentation publique, est une des principales denrées de la Hollande. La culture du colza est des plus importantes, surtout dans la Frise, où elle est connue depuis les temps préhistoriques, puisqu'on à trouvé des siliques de colza sous un des monticules élevés par les premiers habitants du pays au-dessus des plaines inondées. Le lin, le chanvre, le tabac sont également au nombre des plantes industrielles ou de luxe cultivées dans les terres fertiles de la Hollande, et les vergers des régions alluviales produisent en abondance des pommes, des prunes, des cerises fort appréciées sur le marché de Londres. Les jardins de Haarlem et de tant d’autres villes du bas pays donnent aussi les fleurs et les arbustes d'agrément, et jusqu'aux primeurs et aux fruits d’autres climats, tels que la figue et le raisin. Mais que de soins pour donner à la plante le sol, la nourriture, la lumière qui lui conviennent ! La Hollande est par excellence le pays des engrais et des « composts ». Nulle part on ne sait mieux mélanger l'argile, le sable, la terre de bruyère, la vase retirée des égouts, les eaux vannes des cités; la circulation agricole s'établit suivant une méthode de plus en plus régulière ".
Riche en prairies, la Hollande est une des contrées qui possèdent la plus forte proportion d'animaux domestiques, et quelques-unes de ses races se distinguent par leurs qualités. Les chevaux zélandais, ces lourdes bêtes que les fermiers lancent au galop dans les courses à la bague, encore fréquentes dans leur pays, sont plus gros que les chevaux flamands eux-mêmes, et ils ont contribué pour une part considérable à la création de la race écossaise de « Clydesdale » et de ces énormes animaux de trait que possèdent les brasseurs anglais. D'autre part, une ile frisonne, Ameland, nourrit dons ses dunes des chevaux tout différents, secs, agiles, au jarret souple, dans lesquels on croit reconnaitre les descendants des genets andaloux amenés dans le pays par les Espagnols. Les trotteurs de la Frise, à la robe noire,
1 Superficie du territoire agricole de la Hollande en 1872 :
Prairies naturelles. . . . . . a à 1106000 hectares, » artificielles , . . É ï PE > : 184 000 »
Céréales et farineux . . . Les RER : : 689 000 »
Cultures potagères. . . OR RP EN Enr + 500 )
» industrielles, . , . . . ARE SL 66 700 ) Bois et forêts . . . UE DR EE D Mt 214 500 »
JRORBDOSE 8h50 6 0 à où à ENTRE or ee : 29 500 » Terres incultes . . . . . . . . . . ARTE 687 100 »
(Statistique internationale de l'agriculture, 1876.)
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au long cou recourbé, sont renommés dans toute la Hollande. La race gueldroise rivalise d'élégance avec les chevaux de l'Oldenburg et du Holstein; mais il paraît que dans les dernières années elle a beaucoup dégénéré par les croisements".
Les vaches de la vraie race hollandaise, la gloire des éleveurs, se font remarquer par la grosseur de leur corps, la petitesse de leur tête, la finesse de leurs cornes : c’est d'elles que sont nés les bestiaux anglais « à courtes cornes » (short-horns), tandis que les bœufs écossais d’Ayrshire doivent leur origine à la race drenthoise*. Le lait des vaches est transformé surtout en fromages dans la province de Noord-Holland; dans la Hollande méridionale et dans la Frise on fait plus de beurre, et l’on sait à quel degré de perfection les Néerlandais sont arrivés dans la fabrication de ces denrées, qui se conservent à la mer et qui sont destinées en grande partie au marché de Londres et aux approvisionnements maritimes *. Les énormes brebis, dont la tête et les jambes se voient à peine sous l'épaisse toison, donnent aussi un lait qui sert à préparer des fromages gras, très-appréciés dans le pays. Grâce au bétail et à ses produits, la Néerlande jouit d'un revenu agricole plus considérable en proportion que ceux de la France et mème des Îles Britanniques, quoique ses landes et ses tourbières diminuent de beaucoup la valeur moyenne de l'hectare*. En 1860, M. E, de Laveleye évaluait à près d’un demi-milliard de francs le revenu agricole de la Néerlande *; mais depuis cette époque la valeur de la production est devenue beaucoup plus considérable : d'après une statistique officielle, elle aurait plus que doublé pour les céréales. La somme de six milliards à laquelle s'élevait alors la valeur totale du domaine agricole de la Hollande s’est
1 Statistique internationale de l'agriculture, 1876.
= Mème ouvrage.
5 Production du beurre et du fromage en Hollande en 1872 :
Rétro, us à 19 837 tonnes. Valeur . 40000 000 fr. Fromage . . . . . . . . . 11661 » » . . 27 000 000 » # Animaux domestiques de la Hllande, en 1873 :
GO AUR e Dne Date 2e dt ee A à 253 393 Bœufs et vaches, , . . TR TE RE TOUTE AN 1 469 939 Moutons et brebis, ete. . . . a RS TU Sr CU NE es 898 715 OHÉTÉS y 28 ee 1 Re A Re lat ; nt 146 169 POLE en Or EAN at RS 611 004
(Statistique internationale d'agriculture, 1876.) 5 Valeur des produits de l'agriculture néerlandaise en 1860 :
Produits végétaux . . . . . . . . . , . . . . . . , . 990 000 000 fr. Lait, beurre, fromage . . . . . . . . . . . . . . . 170 000 000 » Viande, animaux. laines , . . , , , . , . , . . . ., 91 000 000 »
Total 4 4 +. 481000 000 fr.
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