INDUSTRIE, COMMERCE DE LA NÉERLANDE
étoffes de laine, a commencé son affranchissement industriel pour la fabrication des lainages, et maintenant elle suffit à la consommation locale pour les draps ordinaires; elle exporte même ses produits, principalement dans le nord de l'Europe, et, quoique voisine de Verviers, Bruxelles utilise une assez forte quantité de flanelles et d’autres étoffes hollandaises'. La ville de Leyde, qui jadis eut une si grande importance comme centre de la fabrication des draps, a repris une part de son ancienne industrie pour les couvertures en laine. Quant à Maastricht, voisine de Liège et presque enclavée dans le territoire de Belgique, elle participe à l'industrie du pays voisin par ses verreries et ses fabriques de machines. Schiedam et d'autres villes de la Hollande ont leurs énormes distilleries, employant une grande quantité de l'orge fournie par les agriculteurs du pays ou importée par ses négociants ?.
Parmi les industries de la Hollande il en est plusieurs qui se rapportent à la navigation, à la pêche, à l'aménagement et à l'entretien des bâtiments. On sait que les Hollandais eurent autrefois la marine la plus puissante du monde, et que les harengs furent pour le pays l'un des principaux, sinon le principal élément de prospérité, et par conséquent de gloire et d'influence politique. Quoique la construction des navires et l’industrie de la pêche ne prennent plus dans la vie nationale une part aussi considérable que jadis, elles occupent néanmoins un grand nombre d’ouvriers, sans compter les marins proprement dits. Au dix-septième siècle, avant l’édit de navigation de Cromwell, en 1652, qui interdit aux navires étrangers l'importation des produits coloniaux en Angleterre, la flotte de commerce des Néerlandais se composait de 16 000 navires jaugeant 900 000 tonnes, égalant ainsi celles de toutes les autres nations réunies; en 1850, elle occupait encore le quatrième rang ; mais depuis cette époque plusieur: contrées ont conquis une marine supérieure, à laquelle l'étendue de leurs côtes et le chiffre de leur population leur donnaient droit; même la Norvège, qui pourtant est loin d’être aussi peuplée que les Pays-Bas, a distancé la vieille Néerlande par le nombre et le tonnage de ses navires. C’est que la principale richesse des Hollandais était autrefois leur commerce maritime ; actuellement c’est la culture du sol.
Après avoir été, aux temps de sa fière liberté républicaine, à la tête de toutes les nations pour l'initiative commerciale, la Hollande a passé par des périodes où ses échanges avec l'étranger étaient presque réduits à rien.
* Alph. Müllender, Exposition de Philadelphie, Rapport sur l'industrie lainière.
Ë Importation de l'orge en Hollande (1871). . . . . . . . . 15215 500 fr. Exportation du genièvre. . . . . . . . . . . . . . 15843850
A oi or rer ee
Au dernier siècle, des droits différentiels écartaient ses navires d'un grand nombre de ports; puis, lors de sa réunion à l'empire français, elle perdit ses colonies des Indes : les bâtiments pourrissaient dans les bassins d'Amsterdam. Mais les évènements politiques et la rivalité des nations étrangères ne furent pas les seules causes de la décadence du commeree extérieur de la Héllande : la routine et le monopole accordé à certaines compagnies y contribuèrent aussi pour une large part. Quant à la prospérité de la pèche, elle a été détruite précisément par les privilèges qu'on lui avait accordés, en les accompagnant de règlements et de restrictions de toute espèce. Tandis que les pècheurs néerlandais continuaient à toucher des primes pour capturer et saler le hareng suivant les formes prescrites, les marins anglais, libres de toute entrave, et d'ailleurs plus rapprochés des banes de harengs qui visitent les côtes de l'Écosse et des Shetland, pouvaient livrer les poissons à meilleur compte et s’emparaient graduellement des marchés. Mais l'ostréiculture fournit maintenant une certaine compensation à l'amoindrissement de la grande pêche. Les banes artificiels établis dans les estuaires de la Zélande ont donné des résultats surprenants".
Quoique déchu relativement, le commerce extérieur de la Hollande est, toutes proportions gardées, un des plus actifs qu'il y ait au monde; d’ailieurs cette déchéance est toute relative; si la marine néerlandaise n’est plus la première, les villes du littoral n’en font pas moins plus d'échanges
qu'aux temps mêmes de leur grande prospérité, alors qu'elles avaient le privilège du transport pour les autres nations. Le régime du monopole
est depuis longtemps abandonné, et l'expédition des marchandises en transit se fait sans difficultés, sans frais de douane. Depuis le milieu du siècle, le mouvement général du trafic a plus que doublé sur les frontières de terre et dans les ports de la Hollande *; il dépasse maintenant deux milliards et demi; avec le transit, il est de trois milliards, c’est-à-dire qu'il est en proportion quatre fois plus considérable que celui de la France. C'est naturellement avec son ancienne rivale, l'Angleterre, et avec l'Allemagne et la Belgique, ses deux voisines, que la Hollande fait le plus * Consommation totale des huitres en 1876. . . . . . . . . . 44500 000 huitres. Exportation en France... . . . . . . .. 5 000 000 » * Commerce général de la Néerlande en 1847... . . . . . 1163000 000 fr. Commerce spécial Û 1875 :
Importations... . . . . . . . . . . . . . . . . . 1516 750 000 fr. Exportations; 2 0 nee enr rene not pour à 14 0 040792900001 Total sans le transit. . . . 2653 975 000 fr.
5 Commerce extérieur en 1875, par tête de Français . . . . . . . 200 fr. ' » » de Hollandais . . . . . . 800 »
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