SITUATION DES ILES BRITANNIQUES
Bien que les [es Britanniques reposent sur le plateau sous-marin de l'Europe occidentale, que l'Angleterre soit à peine séparée de la France par une fosse marine étroite el peu profonde, et que des hauteurs de Douvres on puisse apercevoir, par un beau jour, les falaises de Gris-Nez, cependant Albion était bien pour nos ancètres une île éleignée : les vents soudains, les courants rapides el changeants, les banes de sable, les abruptes falaises, rendaient la navigation périlleuse, En temps de guerre, les communications étaient complètement interrompues; en temps de paix, elles étaient rares, toujours accompagnées de dangers, et, sauf les marins et les marchands, nul n'en profitait, La grande masse de la nation restait absolument insulaire par le genre de vie, les mœurs, les idées, et par conséquent son histoire devait prendre un caractère particulier, D'ailleurs, une partie de la Grande-Bretagne seulement fut conquise par les Romains, et l'influence du peuple-roi y fut incomparablement moindre que dans les Gau-
les. Quant à la Haute-Écosse et à l'Irlande, elles ne firent jamais partie du
monde romain : la distance, les périls de l'Océan, les protégèrent contre bes légions des Césars, C'est lentement, par un effet de pénétration graduelle, que les tribus de ces contrées priremtt past au mouvement général de la civilisation dont le point de départ éteit à Rome : les plis de la vague d'ébrantement leur arrivaient à peme, Les Tes Britanniques se trouvaient, relativement à l'histoire générale de l'humanité, dans la même situation que pour leur flore et pour leur faune. Un grand nombre «espèces françaises et germaniques, auxquelles commendrst le climat de l'Angleterre, ne s'y rencontrent pourtant pas, et lrlande, à son tour, est beaucoup plus pauvre que la Grande-Bretagne en formes animales et végétales, La migration des espèces a été partiellement arrêtée par les bras de mer : tandis que les unes, aidees de leurs nageoires, de leurs ailes, ou portées par les vents, traversaient l»s détroits, les autres se pressaient devant l'obstacle, mais sans pouvoir le franchir, C’est ainsi que des mouvements considérables de l'histoire européenne ne se propageaient à travers l'Angleterre, et surtout à travers la lointaine Érin, que par des ondulations bien affaiblies.
La vie de l'Angleterre devait done avoir, comparée à celle de toute l'Europe, un caractère original, une marche spontanée, Le pays dans lequel avait à se développer la civilisation nationale se distingue d'ailleurs par de grands avantage: physiques. Les collines et les montagnes qui s'élèvent en diverses parties de la contrée ne sont pas assez hautes pour séparer complètement les populations et pour rendre vraiment difficiles les com munications de versant à versant : les seuls groupes de sommets qui pour-
raient opposer des obstacles sérieux aux échanges pacifiques sont les Gram-
{l ; HR où | il dr 48 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
|£ ll pians de la Faute-Écosse, et précisément ces montagnes sont situées à à ‘ol Aa l'extrémité septentrionale de l'île et ne tiennent éloignés de la masse Ur ! ele : : , ", er \1È | L en du peuple que des habitants elair-semés, C'est en dehors de la partie ÿ IE: Il pe vivante de la contrée, dans la région des vents océaniques et des brouil- | ti {fe lards, que se dressent ces rochers écossais, hauteurs culminantes de a Al M | RE nil :
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HE Grande-Bretagne. Mais la partie basse, la région privilégiée à tous égards, | Mi! , \ , , PA a LES Ù A L Q LE] É c | ARE Je s'étend à l'extrémité opposée de l'île, en face même du continent, C'est un 1 EE bassin qui, tout en étant défendu par la mer qui le baigne au sud et à | | L . L e A l'est, n'en appelle pas moins les colons et les commerçants, en leur ouvrant à ‘4 A! ses ports. C'est à, dans le voisinage de la France et des Pays-Bas, que la | pl civilisation s'est développée le plus rapidement ; Kt s'est fondée la capitale, FH i
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