POPULATION DEN ILES BRITANNIQUES
a la prédominance, Dans l'Irlande occidentale, dans une partie de la haute
écosse, dans les monts Cumbriens, en Galles, en Cornouaille, le vieux type
celtique l'emporte de beaucoup; au contraire, Angles, Saxons, Frisons, Jutes, sont plus nombreux sur les rivages de l'est, où débarquèrent autrefois leurs ancôtres, et dans les provinces limitrophes. La part du sang scandinave est très-considérable dans tout le territoire qui fut autrefois le Danelagh où « Juridiction danoise» et qui comprenait quinze des comtés actuels, de Hertford à Durham. Au nord de la Grande-Bretagne, la population seandinave était prépondérante : de leur station des Orcades, les Normands avaient colonisé les côtes de l'Écosse, celles du Cumberland, du Northumberland, et en maints endroits la race s'est encore maintenue presque pure. On peut facilement reconnaitre quels furent jadis les maîtres du pays par l'étymologie des noms de villes et de villages qui s’'entremélent aux noms celtiques des montagnes, des rochers, des rivières !,
D'une manière générale, on peut dire que les Celtes des Iles Britanniques sont éloignés du continent et que les gens de race allemande en sont rapprochés. Cette distribution des habitants d'origines diverses à été d'une extrème importance dans l'histoire de l'Europe. En effet, la Grande-Bretagne, pareille à un immense navire, tourne sa proue précisément contre la France?, et les hommes groupés sur l'avant, les premiers à combattre, sont de race germanique. L'Angleterre présente à la France sa partie allemande; elle retient les Celtes dans ses péninsules lointaines et dans l'île occidentale : le contraste des deux peuples se fait sans transition ethnique des deux côtés du détroit, Jadis la France avait son ennemie en face, tandis que ses alliés naturels étaient fort loin et que tout rapport direct avec eux était souvent impossible, C'est là un phénomène analogue à celui qui dans la nature met en présence deux électricités contraires. On sait quels terribles conflits eurent lieu pendant des siècles entre les deux nations que sépare le détroit ; jamais luttes ne furent poursuivies avec plus d’acharnement que ces guerres de Saxons insulaires à Gaulois continentaux ; mais à la haine ne succède-t1l pas, en dépit d'oscillations passagères, un sentiment d'estime réciproque et presque d'affection mutuelle, grandissant de jour en jour?
Une fois constitué, le peuple anglais eut heureusement avec le monde extérieur d'autres rapports que ceux de la guerre et des incursions armées. Les deux îles ont des havres profonds et commodes bn beaucoup plus grand nombre que la France, et l'on à même pu dire, ef comparant les côtes des deux États, que « l'Océan est anglais d'inelinationt », En outre, l'Angleterre
1 Kemble, The Saxons in England; — Uughes, The Geography of the British Islands. # Michelet, Histoire de France, M.
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a l'avantage que lui donnent des marées plus hautes, permettant ainst aux gros navires d'entrer plus avant dans l'intérieur des estuaires et des fleuves, jusque dans le cœur du pays. Aussi longtemps que les habitants de la Grande- Bretagne furent peu nombreux et que les ressources locales Suffirent à la population, le commerce extérieur ne pouvait avoir, ilest vrai, d'imporlance considérable : Londres était pourtant, même avant l'époque romaine, une ville de trafic maritime, et pendant tout le moyen âge, dès que les guerres civiles el étrangères laissaient un peu de répit aux habitants des ports, ils recommençaient leurs échanges, Pailleurs les Anglais du littoral descendent en partie des Danois et des Normands, et leurs rudes ancêtres leur ont transmis l'amour des dangers sur mer, Fâpre désir de lutter contre la vague et la tempête, Néanmoins ils ne furent pas les premiers dans l'œuvre capitale de découverte qui rapetissa le monde sous la quille des navires et changea l'espace sans bornes en un Simple globe dont l'homme peut mesurer facilement la rondeur : gloire d'avoir trouvé les chemins océaniques des Indes, des Antilles, de Ta mer du Sud, devait appartenir aux marins des nations plus civilisées du midi de l'Europe. Mais les navigateurs anglais apprirent à fraver, eux aussi, les voies de FOcéan, et bientôt ils se trouvèrent à la tête de tous les autres par leur audace et leur persévérance : les expéditions qu'ils firent dans les mers glacées du pôle pour découvrir le € passage du Nord-Ouest », et qu'ils renouvellent encore fréquemment, non plus pour le commerce, mais pour la science, sont parmi les plus héroïques entreprises que raconte l'histoire, Pour un navire anglais qui S'aventurait dans les mers inconnues, des centaines, suivant les routes déjà découvertes, allaient établir des relations de commerce avec les contrées lointaines, détruire les comptoirs de leurs rivaux, débarquer des conquérants et des colons. Peu à peu se révéla l'admirable situation commerciale de l'Angleterre par rapport à l'Europe, à l'Amérique du Nord et même à l'ensemble du monde habitable, Placée à l'angle du continent, de manière à pouvoir servir facilement d'entrepôt au commerce des pays baltiques, de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la France, elle se trouve aussi à l'endroit où les vents et les vagues, venant des côtes américaines, abordent les terres d'Europe et forment ainsi une route mouvante du sud-ouest au nord-est : c'est le chemin que prennent les navires pour le retour, tandis qu'au départ ils ont pu suivre au sud-ouest la voie que leur tracent les vents alizés et le courant équatorial. Enfin, ainsi que le faisait déjà remarquer John Hersehel, Londres n'est pas éloignée du centre géométrique de toutes les masses continentales, et nulle eité dans le
monde n'est, en conséquence, mieux placée pour devenir le port de conver-
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