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lutte pour elle-même, il l'aime surtout pour les résultats avantageux qu'il peut en tirer : ce n'est pas la victoire, simple satisfaction d'amour-propre, c'est la conquête qu'il lui faut. Depuis longtemps déjà on a remarqué combien les conséquences pratiques d'un succès lui tiennent plus à cœur qu'aux Français, ses anciens rivaux d'outre-Manche !. En se dépeignant lui-même et de préférence par ses côtés ridicules, l'Anglais s'est représenté sous les traits de John Bull, bonhomme naïf et irascible, sans goût, mais ayant un gros bon sens, fort expert dans l'art de manger, de boire, d'arrondir sa bourse et sa panse, Par un remarquable contraste, Jacques Bonhomme est maigre, pauvre et triste; John Bull est gras, riche et joyeux.
Employée pour l'avantage personnel de l'individu dans la lutte de l'existence, l'énergie britannique est souvent accompagnée d'une véritable férocité. L'Anglais sait écarter violemment ceux qui le gènent pour s'ouvrir un chemin au milieu de la foule. L'indépendance dont il est si fier n'est souvent autre chose qu'un défaut absolu de sympathie pour autrui”, I n'a qu'à suivre son inclination naturelle pour devenir dur, froid, égoïste, ième en face d'un inconnu, il a fréquemment l'attitude d'un ennemi. Son histoire nationale raconte d'épouvantables eruautés, commises de sangfroid, d’une manière systématique et réfléchie, non, comme en d’autres pays, dans l'exaltation du fanatisme ou de la peur qui se venge. A l'étranger, où 1] se présente soit en maitre silencieux et sévère, soit en âpre marchand ou en impitoyable créancier, soit en simple curieux, voyageant, pour ainsi dire, dans une atmosphère ambiante de froideur et de dédain, l'Anglais n'est pas aimé : on le respecte, parfois même on l’admire, mais il se peut aussi qu'on le haïsse. Il le sait et ne s'en inquiète point. « L'insulaire est une ile à lui seul! ; » il reste immuable, sans que la vie intérieure se peigne sur son visage impassible. Ce n'est pas que les senmue timents affectueux lui manquent. Bien au contraire : s’il parle peu, et après réflexion, c’est que les mots sont pour lui des actes”. Il aime avec dévouement, il noue de fortes amitiés, mais la banalité des affections lui
s déplait; il contient sa passion, et par cela même lui donne plus de puis-
À sance,
‘é I n'est peut-être pas de peuple chez lequel les changements produits
RE par le développement social soient plus considérables que chez le peuple
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TEE * Alph, Esquiros, L'Angleterre et la vie anglaise.
fa # Washington Irving, Voyage d'un Américain à Londres.
de: * # Bulwer, England and the Enghsh.
jee a # Emerson, English Trails. 4 F ‘ 5 , 0 . . = ÿ fe 5 Auguste Laugel, De l'aristocratie anglaise, Revue des Deux-Mondes, 1872, É