‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 21 sur 552 · VÉCHERIES DE L'ATLANTIQUE BORÉAL, MER DU NORD · texte numérisé non relu

VÉCHERIES DE L'ATLANTIQUE BORÉAL, MER DU NORD

côtes de Norvège, ont dans l'histoire économique une valeur plus grande encore que celle des morues, et l'on sait combien ces poissons ont contribué à la prospérité générale de la Hollande et à sa puissance parmi les nations, Les pêcheurs ont pu croire souvent que ce poisson allait cesser de foisonner dans l'Océan; mais si les banes de poissons se déplacent, ils n'en sont pas moins épais, et tous les ans on les voit surgir quelque part, rendant l'eau vivante, pour ainsi dire, et suivis par des bandes d'animaux cars nassiers : «il semble qu'une île immense se soit soulevée, et qu'un con tinent soit près d'émerger!, > Pendant deux siècles après l'an mil le hareng se montra principalement dans la Baltique orientale; puis il se porta de préférence, jusqu'au milieu du seizième siècle, vers les rivages de la Seanie ; ensuite les grandes stations de pêche furent celles de la mer du Nord, le long des grèves et des falaises de l'Écosse et de la Norvège; enfin pendant le cours du dix-huitième siècle, les harengs apparurent en grand nombre sur les côtes de la Suède occidentale, dans le Kattegat, Ces migrations imprévues ont eu quelquefois pour conséquence une disette générale parmi les pécheurs du littoral abandonné, Malgré tous ces déplacements, le hareng n'est point un poisson de voyages annuels, comme on se le figurait autrefois ; il habite de profondes vallées océaniques, d'où il monte vers les côtes pour y déposer ses œufs que la chaleur doit féconder. Les naturalistes ont découvert aussi que l'animal ne peut vivre dans les eaux dont la température est moindre de trois et demi degrés centigrades”?; dès que les pêcheurs entrent dans une couche liquide plus froide, ils savent d'avance qu'ils y trouveront point de harengs. Les experts peuvent aussi reconnaitre loin des pêcheries à quelle variélé appartiennent les harengs, s'ils proviennent des côtes de la Norvège ow de l'Écosse, de la Baltique ou de la mer du Nord,

Cette dernière partie de l'Atlantique boréal, sorte de golfe ouvert entre la Scandinavie et la Grande-Bretagne, mais communiquant avec d'autres mers par la Manche et par le Sund, est extrêmement riche en vie animale, et c'est à juste titre que l’un de ses parages a été nommé Fishers' Bank ou « Banc des Pêcheurs », car les poissons s'y jouent par myriades et les bateaux de pèche viennent y prendre des morues vivantes pour les marchés de Londres et des autres grandes villes de l'Europe septentrionale, Ainsi que le fait remarquer Môbius*, les fonds de la mer du Nord sont bien autrement productifs pour l'homme que les vastes étendues de landes formant au sud une partie de son littoral. En moyenne 900 chaloupes de

1 Michelet, La Mer.

2 A. Boeck, van Beneden, etc.

5 Das Thierleben am Boden der Ost- und Nord -See.

pêche, dont 650 appartenant à des armateurs anglais, se rendent sur ses banes et l'on évalue à 75 000 tonnes la récolte de poissons qui est annucllement extraite de ses eaux : c'est de l'un de ses hauts-fonds, le Doggerbank où « banc des Lougres' », que provient la morue là plus recherchée. La mer du Nord, étalant sa mince couche liquide sur le plateau qui porte les îles Britanniques, offre ces excellents fonds de pêche précisément parce qu'elle est sans épaisseur et que son lit n'est couvert nulle part de pierres et de rochers; les seuls objets résistants auxquels viennent de temps en temps se heurter les dragues des pêcheurs sont des bancs d'huitres. Ces mollusques de la haute mer ont peu de saveur ; en revanche, on apprécie les huîtres des côtes, et dans le nombre il en est de très-estimées, notamment celles que l'on importe des côtes d'Angleterre pour les CNLraIsser dans les pares de la Belgique, et que l'on connait sous le nom d'huitres d'Ostende. C'est en vain qu'on à essayé de € cultiver » les huîtres sur la plupart des côtes allemandes de la mer du Nord, Si ce n'est sur quelques points des plages du Hanovre, et dans le voisinage des iles de Syit, d'Amrum et de Fôhr, où l'on trouve environ à millions d'huitres répartis sur #7 banes. il a été impossible ?e faire vivre ce mollusque : les vases trop molles des plages n'offrent pas à Fanimal un point d'appui suffisant ; il parait même, d'après le dire des marins, que les bancs des îles frisonnes existent seulement depuis le commencement du dix-huitième siècle ?, D'une manière générale, les espèces sont peu nombreuses sur ces rivages, à cause de l'extrême uniformité des fonds; mais la plupart de ces espèces sont représentées par des quantités prodigieuses d'individus, grâce à l'abondance de nourriture que leur fournissent les cent cinquante espèces d'algues des bas-fonds® et les impuretés de toute espèce charriées dans les eaux marines par les fleuves qui s'y jettent. C'est par centaines de millions qu'il faut évaluer les moules, les pétoneles et autres coquillages que l'on ramasse chaque année sur les sables marins du Schleswig-Holstein pour en fabriquer de là chaux ou pour les employer à l'amendement des terres. La variété des espèces, animales et véaélales, n'est vraiment grande, en proportion de la surface, que dans une seule partie de la mer du Nord, autour des rochers de Helgoland. À la variété des formes dans le relief marin correspond celle des organismes qui l'habitent.

Plus grande en superficie que les îles Britanniques, la mer du Nord est limitée du côté de F'Atlantique boréal par un rapide accore, connu sous le

1 Non le « bane des Chiens », ainsi que le portaient d'anciennes cartes,

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nom de Kimmer ou de « Borneur' », et se distingue nettement, par ses faibles profondeurs, de l'Océan qui roule librement ses flots dans la direction du pôle. Presque partout la sonde trouve le fond'avant d'avoir traversé une couche

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