WEST-END, LA TOUR
ner de la foule de Londoniens assez riches pour habiter de pareilles demeures. Les perrons à candélabres, les beaux jardins, les fleurs de luxe, les terrasses de marbre, les glaces des fenêtres, font juger de la richesse de l’intérieur; et quand on y pénètre, on voit en effet que tout l'ameublement est de la plus solide qualité, tapis, tentures, boiseries et métaux.
Quelques-uns des plus grands palais étaient trop vastes et trop somptueux pour qu'il fût possible à leurs possesseurs de se déplacer pour suivre l'exode général de laristocratie de l’autre côté des pares : leurs demeures restent comme des îlots au milieu des quartiers qu'envahit la bourueoisie commerçante, Les deux palais royaux, Saint-James et Buckingham- Palace, sont eux-mêmes silués à l'est de Belgravia ; mais, de ces palais, le premier n'est qu'une résidence officielle, où le souverain ne se montre que dans les jours d'apparat, et Buckingham-Palace est un édifice complètement isolé, entouré de trois côtés par des pares et des jardins, Quant aux édifices des & clubs », qui sont peut-être les plus beaux de Londres par la noblesse et le bon goût de leur architecture, ils ont été naturellement bâtis dans la partie de Londres située sur les triples confins des quartiers aristocratique, parlementaire et commercial, Cette partie de Londres est limitée au sud par le pare de Saint-James, au nord par l'élégante rue de Piceadilis.
Parmi les grands édifices de Londres, le plus ancien est la € Tour » (Tower) par excellence, bâtie par Guillaume Le Conquérant, à Forient de la Cité et au bord de la Tamise, sur un emplacement où s'était peut-être élevé jadis un château romain, car on y a trouvé des médailles de l'empire et des restes de murailles que l'on croit être de construction antique. Malgré son nom, la Tour comprend dans son enceinte de nombreuses constructions dominées par plusieurs tours et par la masse carrée du vaste édifice appelé spécialement la € Tour Blanche » (White Toier). Cette forteresse, dont les murs, disent les chroniques, étaient « cimentés avec le sang des animaux », est le monument de Londres où a été le plus souvent versé le sang des hommes. Sans parler des milliers de combattants qui périrent de part et d'autre, lors des révolutions et des guerres civiles, à l'attaque et à la défense de la Tour, ni des prisonniers inconnus qui furent égorgés dans ses préaux, c'est par centaines que lon compte les personnages historiques décapités sur le pavé de la grande cour, devant la porte basse de l'église de Kaint-Pierre aux Liens. C'est 1à que les souverains faisaient tomber les têtes de leurs rivaux, des courtisans dont ils s'étaient lassés, des femmes qu'ils répudiaient; à aussi périrent quelques=uns des hommes dont le nom est le plus justement vénéré par l'Angleterre : tel était Algernon Sidney, que Charles IE fit exécuter en
5920 NOUVELLE GEOGRAPINE UNIVERSELLE.
1685. Une tour, dite la € Tour Sanglante », est celle où les enfants d'Édouard IV ont été assassinés, L'histoire de la Tour de Londres est celle
des erimes royaux; € sur ses murailles sombres sont peints, en traits de
fi sang, l'ambition d'Édouard EF, la luxure de Henri VIE, le fanatisme de j: Marie, la cruelle vanité d'Élisabeth, » Bien avant la Bastille française, 1 À Tour avait été déjà prise deux fois par le peuple révolté, mais ni Wat ler LE | ni Jack Cade ne songèrent à démolir la forteresse, et jusqu'en 1820 elle 4. resta prison d'État. Encore de nos jours, un de ses principaux employés ; est € gentilhomme geôlier ». Actuellement la forteresse est surtout un A arsenal, un musée d'armes et d'instruments de torture : on + conserve aussi les joyaux de la couronne. Les lions de Ta Tour, à a vie desquel suivant une ancienne légende, était attaché le sort des souverains, ont été transférés en 1S5# au jardin zoologique *, k L'abbaye de Westminster est le monument autour duquel se bàätit la fe ‘lle du même nom, rivale de Londres avant de s'être fondue avec elle $i en une même cité, Cet édifice religieux est moins ancien que la Tour : il date de li moitié du treizième siècle, mais il s'élève à la place d'églises i antérieures, dont la première était entourée par les eaux d'un bras de la j Tamise, depuis longtemps desséehé, Parmi les églises ogivales de FAnglelerre, celle de Westminster est, malgré des additions et des restaurations, une des plus complètes, une de celles dont Fensemble est le plus harmo- {- mieux. L'intérieur surtout, quoique trop rempli de monuments funéraires, est admirable de force et de légèreté; la chapelle absidale de Henri VI , qui prolonge le chœur, et dans laquelle les chevaliers de l'ordre du Bain + lenaient leurs assises, éblouit par Féelat de ses vitraux, la richesse de ses LE ornements, lt splendeur des voûtes et des pendentifs sculptés. L'église de Westminster, où se trouve le Siège de couronnement des rois, enlevé à ie l'Écosse, est en même temps le Saint-Denis et le Panthéon de l'Ancleterre 2 la plupart des hommes dont la nation révère la mémoire x ont, sinon leur tombeau, du moins leur monument; mais parmi les personnages illustres combien se sont glissés d'hommes qui n'avaient de
read que li naissance, la richesse où la vanité, et parmi les sculptures
dun beau she et d'un goût sobre combien on rencontre de ridicules
allévories et d'inseriplions fastueuses ! Le sarcophage de Henri VIP et de sa
lemme, la statue assise de lord Manstield sont Les monuments les plus
remarquables; mais comment ne pas arrêter devant les senlptures ou les
pierres sépulerales, quand on 4 HE les noms d'Édouard le Confesseur,
# Hepworth Dixon, The Tower of London.
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