‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 295 sur 552 · WESTMINSTER, LE PARLEMENT · texte numérisé non relu

WESTMINSTER, LE PARLEMENT

d'Édouard HE, de Jane Seymour, de Marie Stuart, d'Élisabeth, de Marie la Sanguinaire, où ceux d'hommes d'État qui ont eu une influence prépondérante dans les destinées de la nation, Monk, Canning, Chatham, Pitt, Fox, Warren Hastings, Robert Peel? Newton, Hersehel, Watt, Humphrey Davy, Telford, Young, sont inhumés à Westminster ; c'est là aussi que reposent, pour la plupart dans le «coin des Poëtes », Chaucer, Ben Jonson, Camden, Milton, Butler, Gray, Spenser, Addison, Dryden, Congreve, Thomson, le Français Castubon, Goldsmith, Southey, Macaulay, Dickens, Thackeray, Paoli, Wilberforce, Haendel, Kemble, miss Niddons et Garrick ; enfin, parmi ceux qui ont étudié la Terre, Mtamford Raffles, Rennel, Char. din, Charles Lyell, Livingstone.

Malgré la Réforme, l'ancienne abbaye s'est maintenue en se transformant; elle n'a pas seulement les édifices, église, chapitre, eloitres, elle à gardé aussi ses institutions et aceru ses richesses. Son doyen est un potentat, habitant un palais ogival à côté de l’église et jouissant d’un traitement considérable. Le chapitre de Westminster n’a pas moins d’un million et demi de revenus, somme qui, d’après les statuts, devrait être employée à l'entretien de quarante boursiers et de deux maitres dans l'école de Westminster, dépendante de l'abbaye; mais le chapitre s'acquitte de ce devoir par le simple versement annuel de mille guinées. À bien des égards, l'école de Westminster, où l'enseignement est assez étroit et presque unfquement classique, ressemble plus à une école de grammaire du seizième siècle qu'à un lycée moderne !. C'est près de là, dans l'ancienne Aumônerie de Westminster, que William Caxton établit, probablement en 1477, la première imprimerie d'Angleterre,

A côté de l’ancienne abbaye, au bord de la Tamise, les deux Chambres du Parlement ont leur palais, reconstruit après l'incendie de 1834. Cet édifice, de style ogival, est un des plus vastes qu'il y ait au monde, puisqu'il recouvre plus de trois hectares de sa masse de pierres et conlient plus de 1000 chambres; mais il n'a pas complètement répondu aux vœux de ceux qui en avaient décidé la construction : s’il est « digne de l'Angleterre par sa richesse et sa grandeur », il ne l'est point par sa beauté et moins encore par la distribution des appartements intérieurs se suivant en un immense dédale. La salle la plus remarquable qui s'y trouve est un reste de l'ancien édifice, le superbe Westminster-Hall, dont I voûte audacieuse, d'une largeur de plus de 20 mètres et d'une longueur de 75 mètres, est portée par des boiseries sculptées. On dit que les commis-

1 Demogeot et Montucci, De l’enseignement secondai re en Angleterre et en Écosse.

sions parlementaires, nommées pour examiner les plans, n'ont fait que les gâter; elles n'ont pas même su faire choix de bons matériaux pour la construction de l'édifice : la pierre se délite rapidement sous l'influence des intempéries, et, pour protéger les façades, on a dû les recouvrir d'une couche de silicates. Quelle que soit la valeur des critiques soulevées par les hommes de l'art, on ne saurait néanmoins contempler sans admiration ce palais immense qui se reflète dans la Tamise avee ses sculptures, ses tourelles d'angle, la svelte tour de l'horloge, toute bariolée d’or, et la puissante tour Victoria, dont la masse apparaît au delà du corps de l'édifice, avec son clocheton couronné et son étendard se déroulant dans l'air.

Le dôme de la cathédrale de Saint-Paul, plus haut encore que les tours de Westminster, s'arrondit noblement au-dessus des maisons de la Cité : de tous les édifices de Londres, c'est le plus superbe d'aspect, celui que l'on voit de plus loin et que sa position dominante fait apparaître comme le véritable centre de la métropole, Cette église est le chef-d'œuvre de Christophe Wren, qui construisit tant d'églises, et pour la plupart en styles différents, comme S'il eût voulu aborder et résoudre tous les problèmes de larchitecture. L'élégante façade qui domine la place occidentale, la colonnade eireulaire de la coupole et le dôme lui-même, développant sa courbe au-dessus de la ville entière, sont d’une grande pureté de lignes ; vue de la Tamise, la puissante masse de l'église, dont les contours sont toujours adoucis par les vapeurs de l'air et que l'éloignement recouvre d'une teinte violette, prend des proportions tout à fait grandioses, Mais l’intérieur du monument ne répond point à la magnificence du dehors, Les murailles sont d’une nudité glaciale ; les tombeaux rangés sur les côtés de Ta nef et dans les chapelles sont décorés de sculptures presque toutes sans goût et d'ailleurs en complet désaccord avec le caractère de l'édifice. La plupart des personnages ensevelis à Saint-Paul sont des hommes de guerre, parmi lesquels brille surtout le nom de Nelson ; mais des artistes et des savants ont été aussi inhumés dans cette église, William Jones, Joshua Reynolds, Thomas Lawrence, Rennie, et celui mème qui éleva l'édifice, l'architecte Christophe Wren.

Londres possède environ 1200 églises, chapelles ou synagogues, dont un grand nombre sont remarquables, soit par la pureté du style ogival ou normand, que les architectes savent si bien imiter en Angleterre, soit par la riche décoration de l'intérieur, Dans la multitude de ses autres édifices, palais, ministères, théâtres, elubs et autres lieux de réunion, cours de justice, hôpitaux, écoles, Londres compte aussi de fort beaux monuments, tels que les nouvelles Cours de Justice, l'hôpital de Saint- Thomas, en face du Parlement, et la magnifique salle de concert d’Albert-

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