MUSÉE BRITANNIQUE
tence, de 1703 à 1876, le Musée Britannique a coûté à la nation anglaise environ 125 millions de franes, Enfin la bibliothèque du musée, moins riche que la bibliothèque Nationale de Paris, quoiqu'elle possède environ 1250000 livres et manuserits, mais plus largement subventionnée, rapidement agrandie par des acquisitions précieuses el plus soigneusement classée, bien que dépourvue encore de catalogue « raisonné », attire de toutes les parties du monde les chercheurs et les érudits, La salle de lecture, où l'on vient consulter ces documents, est elle-même un édilice digne de toute admiration : sa double voûte, d'où la lumière tamisée descend toujours égale et sans faux jour, rivalise de portée avec les plus grandes coupoles du monde; un catalogue par nom d'auteurs, de près de 1000 volumes, et 20 000 ouvrages d'un usage constant, encyclopédies et dictionnaires, recueils historiques, sont à la libre disposition des lecteurs, qui reçoivent en outre, non loujours assez promptement, les livres dont ils
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demandent communication”. Malheureusement le manque de place g
de plus en plus les curateurs du musée, et lon prévoit le moment où ils seront obligés d'entasser leurs richesses au lieu de les classer, Pour éviter l'encombrement, il leur a fallu remiser de précieuses sculptures sous des hangars ; ils ont dù repousser systématiquement les offres de donateurs empressés ?,
La Galerie Nationale de tableaux est située sur la plus belle place de Londres, Trafalgar-Nquare, où bruissent des sources artésiennes s'élançant en gerbes abondantes, et que décorent des statues de grands hommes et les lions accroupis aux quatre coins de la colonne de Nelson, Mais il n'est peut-être pas d'édifice à Londres dont la ville ait plus à s'exeuser; il n'en est guère non plus qui soit moins bien distribué : ce n'est qu'un abri temporaire, mais les tableaux ÿ sont depuis un demi-siècle. La Galerie Nationale, comme le Musée Britannique, grandit rapidement : ee n'était d'abord qu'une collection d'une quarantaine de toiles; mais les achats et les donatons l'ont graduellement accrue; dans la seule année 1872, elle s'est augmentée de 77 œuvres, ayant coûté { 875 000 francs. Elle comprend maintenant plus de mille tableaux et quelques statues : les fonds considérables dont elle dispose lui ont permis de ravir aux collections du continent des tuiles du plus haut prix. Les anciennes écoles italiennes sont bien repré-
! Aceroissement de la bibliothèque en 1876 : livres, 55661; manuscrits et documents, 32 908 ; morceaux de musique, 8195,
# Nombre des lecteurs en 1877 : 113600; moyenne : 589 lecteurs par jour ; 1 439 950 volumes consultés : 12 volumes par lecteur.
3 Nombre des visiteurs au British Museum en 1877 : 559 280,
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sentées dans le musée de Londres, et l'on y voit d'admirables tableaux de la grande période de l'art, la Résurrection de Lazare, de Nebastinno del Piombo et en partie de Michel-Ange, Mercure et Vénus, VEcce Homo du Corrège, el diverses toiles de Raphaël et d'autres peintres italiens, Là se lrouvent aussi des œuvres de Velasquez, de Murillo, de Rembrandt, di Rubens, de Van Dyek, des paysages de Ruysdael, de Hobbema, et c'est entre deux pages de Claude Lorrain que le peintre anglais Turner a exigé que fussent placées ses deux plus belles toiles + était expresse condition qu'il mettait au don de ses 105 tableaux, dont quelques-uns, indiquant chez l'auteur un défaut de la vision", sont d'incompréhensibles débauches de couleur, Dès que Londres possédera un édifice digne par sa grandeur aussi bien que par sa beauté de recevoir une collection complète, telle que devrait en montrer l'Angleterre, les œuvres de valeur ne manqueront certainement pas à la Galerie Nationale, car de nombreuses richesses, maintenant en réserve dans plusieurs collections spéciales, telles que Le musée de Soane et la Galerie Nationale des portraits, trouveront en grande partie le chemin du palais des arts appartenant à la nation, En outre, les collections privées de Briduewater-House, de Devonshire-House, de Grosvenor-House, de Safford- House, d'autres encore, ont des toiles merveilleuses dont à nation peut attendre un jour, sinon l'héritage, du moins la libre jouissance, Déjà la valerie du collège de Dalwich, située non loin du Palais de Cristal, peut être considérée comme une collection publique ? on y voit des œuvres capilales des peintres hollandais, de Murillo, de Velasquez.
Le musée de Nouth-Kensington est peut-être, après le British Museum, celui qui possède le plus d'objets précieux. Fondé en 1851 pour aider au développement de l'art, que les Anglais reconnaissaient n'être pas chez eux à la même hauteur que chez leurs voisins, 1 a été improvisé, pour ainsi dire, après l'Exposition de 1851, et ne présente encore qu'un ensemble bizarre de constructions, en bois, en pierres, en briques, en fer, les unes simples hangars, les autres bâtisses à prétentions architecturales; mais le palais qui s'élève pour contenir tous les trésors du musée, et dont quelques corps de logis existent déjà, est un édifice, dans le plus pur style italien de la Renaissance, qui sera peut-être le plus gracieux monument de Londres. Les diverses collections du musée de South-Kensington, que lon à voulu réunir à Lout prix, avant de songer à leur classement, offrent, comme les constructions, un mélange assez confus : livres et tableaux, porcelaines et sculptures, brevets et machines, objets d'alimentation et matières indus-
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