‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 304 sur 552 · I, ON · texte numérisé non relu

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la foule des navires, isolés ou voguant en longs convois; ils se pressent aux abords de chaque ville; pas une jetée ne S'avance au milieu des eaux que plusieurs bâtiments ne l'entourent, En amont de Sheerness, les rives se approchent : on entre dans le fleuve et déjà les bords sont un quai presque continu où tournent lentement les bras des machines qui font communiquer les cales de navires et les greniers des entrepôts. Bientôt les maisons du rivage se voient à peine à travers les agrès des bâtiments pressés les uns contre les autres en multiples rangées, En face s'épaissit la brume qui recouvre la capitale, mais de distance en distance on voit comme une rue de navires pénétrer dans l'intérieur des terres et se perdre au loin dans la vapeur charbonneuse, Ces rues, ce sont les docks.

A la fin du siècle dernier, les quais légaux, les seuls sur lesquels il fût permis de décharger certaines marchandises, ne s'étendaient que de la Tour à Billingsgate, sur un espace de #45 mètres de long sur 15 mètres de large, En dehors de cette faible surface, le commerce pouvait disposer aussi de « quais de tolérance » ; mais l'ensemble des débarcadères restait d'une insuffisance telle, que le mouvement des échanges en était constamment entravé ; en outre, l'impossibilité d'introduire de l'ordre dans Famas encombrant des denrées de toute espèce avait pour conséquence de livrer ces trésors au pillage : on évaluait à plus de 12 millions par an la valeur totale des vols pratiqués sur les quais et à bord des navires. La plupart des bâtiments restaient en rivière pendant des semaines et des mois entiers, el ne pouvaient se décharger que par le moyen de bateaux non pontés allant et venant de la rive au bordage.

Un pareil état de choses ne pouvait être toléré plus longtemps, surtout lorsque les guerres de la Révolution et de PEmpire eurent rejeté vers les ports anglais presque tous les échanges du continent avec les Indes et le Nouveau Monde, Les commerçants de Londres se décidèrent à imiter leurs rivaux de Liverpool, qui possédaient déjà des docks où bassins fermés et entourés d'entrepôts, remisant à la fois les navires et leurs cargaisons. Après de Tongs débats en Parlement, une première compagnie de négociants fit choix, pour y creuser des réservoirs à flot et y bâtir des magasins, de l'espace alors désert qui se trouvait à la racine de la péninsule dite « Ile des Chiens » (1sle of Dogs), entre Londres et Blackwall : en 1800, Pitt donna le premier coup de pioche. L'endroit était bien choisi, puisque les navires ürant de 7 à 8 mètres d'eau peuvent entrer directement dans les bassins sans contourner la presqu'île, et se trouvent néanmoins à l'extrémité du port naturel que forrve la Tamise en aval de Londres; les entrepôts se lrouvent environnés de tous les côtés par les eaux offrant accès de toutes

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