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ILES D'ÉCOSSE

du firth of Lorn se prolonge une autre chaîne d'îles, à roches siluriennes comme celles de l'Écosse voisine. Cette chaîne comprend les deux iles considérables de Jura, —ou mieux Diura, « Ile des Cerfs! »,— l'une des plus montueuses des Hébrides, et d'Islay, de toutes la plus fertile, la mieux cultivée, la plus riche en métaux”. À l’est, elle est séparée de la presqu'ile de Cantyre par un détroit navigable, mais fort dangereux pour les petites embarcations, à cause de la vitesse de ses courants de marée, Entre l'ile de Jura et l'ilot de Scarba, deux de ces courants, qui se rencontrent en suivant à peu près la même direction, viennent s'ajouter l'un à l'autre et leur force est doublée, Ce passage est très-périlleux lors des changements de marée, surtout quand le vent souffle dans une direction contraire au flot et porte sur les écueils. Alors nulle embarcation ne saurait se hasarder sur ce € ras » effrayant, qui mérite bien son nom gaélic de Coirebhreacain où « Chaudière Marine » : sa vitesse est évaluée diversement à 17 ou à 20 kilomètres par heure‘. De tous les courants des mers d'Écosse, le Coirebhreacain est le plus redouté : sa violence n'est pas moindre que celle des remous plus fameux du groupe norvégien des Lofoten.

On sait quel est le climat de la haute Écosse et de ses archipels : essentiellement maritime, plus encore que celui de l'Angleterre méridionale, il est à la fois très-humide et d’une singulière égalité. L'atmosphère est presque toujours saturée de vapeurs, du moins sur la côte occidentale, où les nuages, arrèlés par de hautes montagnes, tombent en pluies, rarement en neiges persistantes”, Dans toutes les saisons de l'année les pluies ruissellent en torrents sur les rochers, délitent la pierre, et gonflent les mousses de la tourbe. L'Écosse est par excellence le pays des brouillards : c'est 1à que les héros d'Ossian, grandis eux-mêmes par la brume, apparaissent et disparaissent comme des ombres fugitives. Dans les chants des bardes, Skye est l’île des Nuées, Mull est l'ile « Sombre », et les navigateurs nor-

1 Mac Culloch, À Description of the Western Islands of Scotland. ? Jles principales à l'occident de l'Écosse :

Superficie, Hauteur principale.

Lewis, . . . ,. . . 1958 kil. car. Clesham , . . , . 799 mètres. SKYB: 1e «1 4380 Seuir-na-Gillean . . 97 »

MU EN SD h Ben More, . . . . 967 »

yes 04 0 449") Sgorr-na-Foileann , 440 »

JU eu 0 207 BDs ere, CB South-Uist, . . . . 329 » Ben More... . . . 620 » North-Uist. , , . . 306 » Ben Ileval . . 612 »

3 On l'appelle aussi Corryvrekan.

+ Athenœum, 26 août 1864, — Miltheilungen von Pelermann, 1864. 5 Mac Culloch, Western Islands of Scotland. è

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712 NOUVELLE GÉOGRAPIHE UNIVERSELLE,

mands avaient donné le nom de Libersee où de € Mer Visqueuse » aux parages des Oreades. Les Gaëls comptaient einq éléments primitifs : à l'eau, à la terre, à l'air et au feu des peuples méridionaux ils ajoutaient le brouillard,

Dans l'Écosse du nord, le contraste entre les longues nuits de l'hiver et les longues journées de Fété est compensé par létonnante égalité de la température, Déjà dans la mer des Orcades, sous le 09° degré de latitude, les marins peuvent compter en été sur une centaine de jours rejoints les uns aux autres par le crépuscule, de sorte qu'on peut facilement lire à l'heure de minuit, tandis qu'en hiver ils n'ont que les courtes heures de Ja journée, suivies d'une Jongue nuit, éclairée parfois par l'aurore polaire, Les vents sont brusques, les tempêtes fréquentes ; mais si l'air est violemment agité, li température est presque uniforme, La moyenne de chaleur, de T à 8 degrés pendant toute année dans les archipels écossais, est de 5 à 4 degrés pendant Fhiver, Les mois ténébreux se passent sans apporter de frimas; mais les étés ne donnent pas de chaleur : l'année lout entière est neutre » pour ainsi dire', Certaines plantes du Midi, qui demandent seulement l'humidité et la douce température des hivers, peuvent croître dans la haute Écosse, et l'on voit même des fuchs. à vivre en plein air sur les bords des lacs dans le comté de Sutherland; mais déjà dans les Orcades la plupart des légumes ne reçoivent pas en été une chaleur suffisante pour y mûrir; les arbres ne peuvent S'y développer spontanément, et c’est à grand'peine qu'on y élève à l'abri des murs le sorbier des oiseleurs et le frêne, Mais si la surface des îles est aride et nue, les mers environnantes abondent au contraire en vie animale et végélle. Le bord des grèves et les écueils sont couverts de fucus enfermant dans leur immense chevelure des multitudes de mollusques et d'autres animaux qui, pour la plupart, sont du type boréal; plusieurs des algues du littoral, telles que la Rodomenia palmata et Vridæa edulis, forment, sous le nom de dulse, une des ressources alimentaires des habitants. Le Loch Fyne, li ramification la plus septentrionale du golfe de la Clyde, est

célèbre par ses pêcheries de harengs, et dans tous les torrents de l'Écosse

on capture le saumon : la valeur de ce poisson, dont plusieurs variétés sont d'origine américaine, représente pour l'Écosse en moyenne cent millions de francs. Dans les torrents écossais, on pêche un grand nombre de perles, devenues à la mode depuis quelques années.

Par sa faune maritime, l'archipel des Shetland est déjà beaucoup plus

4 Ch. Martins; — Gast, de Saporta, Revue des Deux-Mondes, 1°° juillet 1871.

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