HABITANTS DE LA HAUTE ÉCOSSE
dans l’intérieur des murailles. Des mégalithes, dolmens, cairns, pierres levées, sculptures symboliques, cercles de piliers, palissades lacustres, forts vitrifiés, se rencontrent aussi en plusieurs endroits sur la grande terre et dans les iles : ces monuments primitifs sont un des traits saillants de presque tout paysage des Orcades", Dans un district de l'ile principale, des tombelles, grandes et petites, d'anciennes « maisons », des cercles de pierres, des roches avec des inscriptions runiques, couvrent encore un espace de plusieurs kilomètres carrés, quoique les fermiers du voisinage soient venus fréquemment s'v fournir de dalles; dans le tumulus de Meashow, ouvert en 1861, on à trouvé plus de neuf cents runes sculptés sur les pierres de limtérieur, ainsi que des images d'animaux bizarres. Avec Stonehenge, les [es Britanniques n'ont pas de mégalithes mieux conservés que eeux de Brogar ou de Stennis dans la grande Orcade et que les « Pierres Grises de Callernish » dans l'ile de Lewis, à 20 kilomètres à l'ouest de Stornewar, Ces « Pierres » de Lewis, appelées aussi Tuirsachan ou « Champ de Deuil », sont au nombre de #8 et forment encore un cerele complet, partiellement enfoui dans Ja tourbe, car les mousses ont cr de 2 à #4 méèlres autour des pierres?. On sait que ces constructions appar- Gennent à différents âges et que çà et là des pierres plus modernes ont été ajoutées à celles des premiers bâtisseurs, On a trouvé sur ces monuments des inseriptions chrétiennes en lettres ogham et les runes d’un alphabet qui, d'après Münch, ne remontent pas au delà des premières années du douzième siècle, À Newton, dans le comté d'Aberdeen, une pierre porte une inscription en lettres bizarres qui n'ont pas encore été déchilffrées,
D'ailleurs les lieux sacrés de la contrée n’ont cessé d'attirer les pèlerins à travers tous les changements apparents ou réels du culte. Récemment encore, les proceskions des indigènes de South-Uist se faisaient tous les jours de fête autour de grands amoncellements de blocs, et les fidèles tournant trois fois en suivant la direction apparente du soleil, La petite ile de Lona, qui semble, à l'extrémité occidentale de Mull, comme une simple roche détachée, est un de ces endroits saints depuis un temps immémorial. Divers monuments mégalithiques prouvent que cette île était déjà vénérée à l'aurore de l'histoire, et c’est probablement parce que des temples fameux s'y élevaient qu'au sixième siècle l'apôtre irlandais Colum où Columba vint s'établir à lona pour y fonder un monastère qui devini bientôt le plus renommé de toute la Grande-Bretagne, la € lumière du
4 Anderson, Edinburgh Review.
# Wilson, Prehistoric Annals of Scotland.
monde occidental »3; c'est de là que sortirent les moines aseètes voués à Fa solitude et à l'enseignement, que l'on appelait Culdees, et que la rivalité du clergé fit disparaitre au treizième siècle! Des édifices religieux en ruines 4 sont le lieu de sépulture de plus de soixante rois d'Écosse, d'Irlande et des Hébrides; Macbeth, qu'illustra Shakespeare, est le dernier souverain dont le corps y fut transporté : d'après les prophéties, un déluge devait cagloulir toutes les terres à l'exception de File sacrée, L'ilot de granit est resté pour les Gaëls chrétiens, comme pour leurs ancêtres païens, Pile par excellence, et on lui donne, entre toutes, le nom d'Eve où d'Île, comme si, en comparaison, les autres ne comptaient point 5 il fut un temps où, comme au mont Athos, l'entrée en était interdite aux femmes, de peur que leur présence ne profanàt a terre sacrée, Non loin de Féglis se trouvaient des blocs gristres, appelés les € Pierres Noires », à cause des malédictions qui S'attachaient à ceux qui violuient un serment prèté sur ces rochers. C'est que les € Seigneurs des Tes », à genoux et les mains élevées vers le ciel, devaient jurer de maintenir intacts les droits de leurs vassaux*. Des tas de pierres que l'on rencontre sur la grève, el que Fon disait autrefois avoir été érigés par les moines en expiation de leurs péchés, renferment des fragments fort beaux de granit, de porphyre, de serpentine, que les habitants font tailler et polir par des ouvriers écossais et vendent comme amulettes aux visiteurs, Ces pierres étaient jadis considérées dans toutes les Hébrides comme de la plus grande efficacité contre les enchantements: pour “assurer le bonheur, le fiancé devait au moment du mariage, placer une pierre d'Iona sur son pied gauche déchaussé
Les babitants de la haute Écosse, plus ou moins mélangés avec les Bretons, sont aussi, pour une forte part, les descendants des Seandinaves. Établis pendant des siècles dans l'archipel d'Orkney, les Normands, qui de li, sous la conduite de Hrolf où Rollon, allérent conquérir la Neustrie, devinrent aussi les maitres de F'Écosse du Nord et leurs colonies S'établirent sur tous les rivages de la grande terre et des îles; cependant la population mème des Oreades, quoique composée en partie de familles à noms scandinaves, semble avoir un type plutôt écossais. Dans les Shetland, les noms de lieu sans exception sont d'origine norvégienne : Les
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* umeson, History of the Culilces.
# Forbes Leslie, Early Races of Scotlant.
Mercey, Revue des Deux-Mondes. sept. IS58, 4 Iugh Miller, Footprints of the Creator.
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