‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 417 sur 552 · HABITANTS DE LA HAUTE ÉCOSSE · texte numérisé non relu

HABITANTS DE LA HAUTE ÉCOSSE

finissent en hoy ou holl'. En 1820, la danse de l'épée des anciens Norvégiens se dansait encore dans une des îles Shetland*, et d'après Gifford” l'ancien norse se parlait encoré en 1786 dans quelques familles. Dans la Grande-Bretagne même, le nom de Sutherland ou de € Terre du Midi », que porte l'un des principaux comtés, prouve que cette contrée faisait autrefois partie des possessions scandinaves, Celle région est précisément au nord de l'Écosse, mais pour les habitants des Orcades et de la Norvège c'était bien un pays du sud, et le nom qu'ils lui donnèrent s'est main- {enu jusqu'à nos jours *.

En quelques endroits de la grande terre, les colonies des Scandinaves sont restées distinctes : lon cite, par exemple, le village de Xess, dans la grande ile de Lewis, qui se distingue par l'initiative de ses habitants, contrastant singulièrement avec la nonchalance de leurs voisins gaëls. « Comme Peau et Phuile » les descendants des anciens ennemis ont longlemps refusé de se méler*. Toutefois il serait bien difficile de reconnailre les croisements de races dans toute la contrée. La langue n'est pas un indice qui puisse guider sûrement : la grande majorité des Gaëls on! cessé de parler leur idiome peur ne plus se servir que de Panglais, puisque sur près de trois millions et demi d'Écossais 290 000 seulement emploient lidiome gaélique où mieux gadélique ; au milieu du sièele, S0 000 au plus ignoraient la langue générale de la Grande-Bretagne *. Quant aux Scandinaves d'Écosse, nul n'a gardé le dialecte de ses aïeux : la plupart parlent maintenant l'anglais, mais il en est aussi qui connaissent seulement le gaélique depuis un temps immémorial, Dans la plupart des iles, les noms de lieux sont danois, quoique Fidiome du pays soit maintenant celtique : jusque dans File de Saint-Kilda, où pourtant on ne compte guère plus d'une dizaine de familles, on à reconnu le mélange des sangs gaël et scandinave”, La langue celtique, qui cessa d'être parlée à la cour d'Écosse vers le milieu du onzième siècle, est condamnée à disparaître : beaucoup moins riche par sa littérature, composée presque en entier d'ouvrages de piété, et moins cultivée que le gallois, elle est comprise par un nombre d'hommes bien inférieur et son domaine diminue de

«décade en déeade, à la fois par l'accroissement des villes où l'anglais est

1 Isaac Taylor, Words and Places.

* Hibbert, Shetland.

5 Historical description of Zelland.

4 Latham, Ethnology of the British Islands.

5 Hugh Miller, Summer Ramble among the Hebrides. $ Logan, Celtic Gatherings.

7 Sands, Out of the World, or Life in Saint-Kilda. IV. 91

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l'idiome commun et par le dépeuplement des hautes vallées de montagnes, «ù domine encore l'ancienne population, La Calédonie proprement dite, — s'il est vrai que ce nom, souvent indiqué comme ayant le sens de € Pays des Forêts », provienne de Gaël-Dun où € Montagne des Gaëls », — diminue constamment, à mesure que le réseau des chemins de fer” rétrécit ses mailles; maintenant elle ne comprend plus guère que les Highlands de Perth, d'Argyle, d'Inverness, de Ross, de Sutherland, les Hébrides, Arran, e! l'ile irlandaise de Rathlin, ainsi que les Glens d'Antrim ; mais dans toute l'Écosse la plupart des noms de lieux rappellent la domination des anciers Celtes : le relief général de la contrée se peint aussitôt par la lecture des cirtes à ceux qui connaissent le gaélie. De même que les appellations “nnlogues de l'Irlande, les noms de ben ou beinn, de binnein, de carn, arr, ca@rragh, enoc, creag, cruach, dun, mam, meal, monadh, squir, sith, sithean, stob, stuc, tolm, torr, tullich, sliabh font apparaître devant leurs veux des montagnes de formes diverses; les noms de eye, à, innis leur montrent des îles; ceux de linne et de loch, des lacs ou des golfes; ceux d'abh, d'abhuinn, d'uisge, d'esk, de buinne, des rivières où des torrents. À l'ouest de l'Écosse, tnver, à l'est aber, sont des embouchures où des confluents de rivières. Le nom d’'Albainn, Albeïnn ou d'Albion, qui était autrefois celui des Gaëls, est devenu celui de la Grande-Bretagne entière. L'appellation d'Albannaich, où & Gens des Montagnes », était celle que les poètes gaéliques employaient de préférence pour leurs compatriotes !. Albannaich des Grampians et Albanais du Pinde portent le mème nom, ayant probablement le même sens dans les deux contrées.

Le premier livre imprimé en gaélie est une traduction d'un ouvrage icligieux de John Knox : comme dans le pays de Galles, la Réforme donna soudain à la langue populaire une importance qu'elle n'avait pas eue jusqu'alors. Mais si le zèle religieux des mystiques Gallois à beaucoup contribué, par les prédications et les journaux, au maintien de la langue calloise, la séparation des Highlanders en catholiques et protestants à eu pour résultat de diviser la population; elle à diminué le patriotisme collectif de race et de langue. Les catholiques sont encore nombreux dans le comté d’Inverness, des deux côtés de la dépression du Glenmore : suivant la volonté des seigneurs, les clans ont dû se faire protestants ou garder l'ancienne religion. Les deux seules Hébrides dont les habitants soient restés catholiques sont les îles de Cana et d’Eig, au sud de Skye. La grande

ile de Rum, de laquelle dépendent ces deux îlots, tardait, dit-on, à se

1 Forbes Leslie, Early Races of Scotland and their monuments,

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