‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 443 sur 552 · RE TR CES NUE, RL ICT TIES · texte numérisé non relu

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la nature un caractère triste et doux, laissant dans l'esprit la même impression que les mélodies irlandaises, à la fois tendres et mélancoliques" L'égalité de température, qui est, avec l'abondance d'eau, un avantage du climat maritime, permet à un grand nombre de plantes méridionales le libre développement sur le sol de l'Irlande, Les riverains de la Méditerrande qui visitent les lacs de Killarney sont étonnés de voir des arbousiers sur les pentes des montagnes de Kerry; même dans les districts septentrionaux de l'ile, les vallons bien abrités des vents polaires ont un hiver si doux, que ces plantes y croissent encore, à côté des cyprès, comme dans les campagnes de l'Italie. Pour une certaine partie de sa flore, l'Irlande se trouve dans l'aire lusitanienne : une dizaine d'espèces, y compris l'arbousier, appartiennent en commun aux Açores, à Madère , au Portugal, au lilloral cantabrique et à l'Irlande, ce qui semble témoigner d'une ancienne communication terrestre entre ces contrées actuellement séparées les unes des autres; le continent dont ces terres éparses ne sont que des fragments, a disparu depuis de longues périodes géologiques*. À l'ouest de l'Irlande, chacune des îles de l'Atlantique, Achill, Clare, Inishbofin, Aran, a sa flore spéciale, où se mêlent diversement les plantes des aires botaniques”. L'Irlande était autrefois couverte de forêts, ainsi que le prouvent les débris végétaux trouvés dans les tourbières et un grand nombre de noms géographiques, tels que celui du comté de Derry, appellation qui signifie « Chénaie », Mais les guerres et la mauvaise administration du pays ont eu pour conséquence de faire disparaitre les bois; au moyen âge déjà, disent d'anciens manuscrits, le manque de bois obligeait en plusieurs districts de l'île à cereler ies tonneaux avec des fanons de baleine; il y a trente ans, les arbres étaient devenus si rares dans certaines comtés de l'Ouest, notamment dans Mayo, que les paysans se les figuraient comme de grandes herbes, L'frlande est plus pauvre en espèces végétales et animales que sa voisine la Grande-Bretagne et surtout que le continent : ce fait est la conséquence de la forrae insulaire du pays. C’est ainsi qu'en Belgique on compte 22 espèces de reptiles ; en Angleterre, le nombre est réduit de moitié; en Irlande, ils ne sont plus que einq, lézards, grenouilles et salamandres. Forbes en a conclu que ces animaux ont émigré de l’est à l'ouest en suivant les isthmes qui rattachaient autrefois la Grande- Bretagne au continent d'Europe et l'Irlande au pays de Galles ; lorsque les chemins ont été supprimés par la mer, l’émigration n'était pas encore * Thackeray, risk Skelch-book.

? Edward Forbes; — Charles Martins, Revue des Deux-Mondes, 1°" mars 1867. 5 G. More, Proceedings nf the R. lrish Academy, My 1876.

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FLORE, FAUNE, PEUPLE DE L'IRLANDE, 7üh

achevée, où les colonies, trop peu nombreuses, n'ont pu résister aux chances de destruction, Dans les campagnes irlandaises, le peuple, trèssuperstitieux, croit que les serpents et les erapauds existaient autrefois en multitudes sur le sol de leur île, mais qu'ils furent détruits par saint Patrick : on montre encore le promontoire du haut duquel il lança tous les reptiles dans la mer, et même, en dépit des preuves du contraire fournies par les jardins z0ologiques, des paysans affirment que des serpents, apportés par des expérimentateurs curieux, sont morts immédiatement en touchant le sol de l'Irlande. Divers indices ont permis aux géologues de croire qu'à une époque antérieure l'île n'était pas habitée par les redoutables fauves qui parcouraient le continent et la Grande-Bretagne. Le grand cerf d'Irlande, ainsi nommé parce qu'on ne rencontre nulle part ses squelettes aussi nombreux qu'en Érin, et que divers naturalistes disent avoir vécu dans le pays jusque vers le douzième siècle de l'ère vulgaire, n'aurait pu se multiplier en Irlande comme il l'a fait, si de grands carnivores lui avaient disputé le sol!,

La pauvreté relative de la faune irlandaise n'a pas été constatée seulement pour les animaux sédentaires ; on l'a observée également pour les oiseaux visiteurs, Sur trente espèces de volatiles migrateurs du continent qui vont passer l'été en Angleterre, tous, à l'exception d'un seul, poussent leur voyage jusqu'en Écosse; mais il en est huit ou neuf, d'après Harting, qui ne se rendent pas en Irlande, soit que la traversée du détroit les effraye, soit qu'elles n’en connaissent pas même l'existence, Sur la foi du natu- “liste Smith, on croyait naguère que la pie était un immigrant de date récente en Irlande, C'est une erreur; mais cet oiseau, protégé par la superstition, est devenu très-commun, et les soirs d'automne on voit les pies s'abattre en véritables nuées sur les champs ensemencés.

D'après une tradition, que l’on aimait à citer nagure, lerne où l'Irlande devait son nom d’Ansula sacra, — qui lui vient peut-être d’une sorte de calembour entre Lerne et Hiera?, —au privilège qu’elle avait eu de flotter comme l'arche au-dessus des eaux du déluge, avec les habitants qu'elle portait et qui peuplèrent ensuite les îles voisines®, Loin d'admettre que leurs ancètres étaient venus d'une terre étrangère, les Irlandais voulaient au contraire avoir fourni des colons à tous les pays environnants. Quant aux « annales » irlandaises des anciens moines de la contrée, elles renferment 1 Owen, Palæontology; — Wull, Physical Geology and Geography of Ireland.

* Henri Gudoz, Revue Cellique, tome I, 3 Malley, Atlas maritimns et commercialis.

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aussi tant de récits fantastiques et de légendes, qu'ilest presque impossible

d'en extraire le fonds de vérité qui S'y trouve, Les chroniqueurs irlandais

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qui ont essayé de transformer la mythologie de leur vace en anne histoire régulière, avec dates et généalogie, désignent les Firboles, c’est-a-dire les « Hommes de la Peau de Bête », comme les plus anciens colons de la contrée, Ces QC êtres de la nuit » furent vaincus par les € dieux du jour », les Tuatha-de-dananns où € Gens de la Déesse Dana », la € Mère des Dieux !».

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Ceux-ci connaissaient les métaux, fabriquaient des armes, des outils, des instruments de musique. Mais les Tuatha-de-dananns furent vaincus à

leur tour : «une troisième invasion, celle des € Milésiens » d'Espagne,

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