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AGRICULTURE DES ILES BRITANNIQUES

nuances disparates. Quant aux anciennes forêts, elles ont en grande partie cessé d'exister, mais des parcs s'étendent autour de tous les châteaux, des groupes d'arbres superbes s'élèvent çà et là au milieu des prairies et maint village est entouré d'arbres fruitiers, dont la verdure touffue assainit l'atmosphère et règle la chute des eaux de pluie comme le faisaient les bois d'autrefois. Depuis le milieu du siècle, de vastes étendues de landes, surtout dans les régions montagneuses de l'Irlande et de l'Écosse, ont été plantées de pins et d’autres conifères ; en certains domaines grandissent de jeunes forèts comprenant jusqu'à cinquante millions d'arbres. Quoique l'Angleterre soit l'un des pays où les cultures sont le mieux tenues, on y voit encore, comme dans la haute Écosse et en Irlande, des espaces considérables n'offrant que des bruyères, des genêts, des ajones. Ces landes recouvrent non-seulement les pentes des montagnes, où l'atmosphère est trop froide pour faire mûrir les récoltes, mais aussi les plaines et les penchants des collines, où la température moyenne est bien suffisante pour les cultures ordinaires. Ainsi dans le comté de Cornwall, où le prince de Galles possède de si vastes propriétés de chasse, la proportion des terres laissées comme asile au gibier est de près des deux tiers'. Les terrains de culture et les pâturages s'accroissent d'année en année par l’empiètement des agriculteurs sur les terres jusqu'à maintenant laissées en friche; de 1877 à 1878 seulement, l'augmentation des cultures dans la Grande-Bretagne a été de 57 000 hectares, et dans les neuf dernières années elle s'est élevée à 606000 hectares, dont plus des deux tiers sur le territoire anglais”. Mais environ un tiers de l'archipel reste encore à conquérir, soit par le gazon, soit par la végétation arborescente. Proportionnellement, les Îles Britanniques ont plus de terres incultes que les autres contrées de l'Europe occidentale ; ensemble, ces terres formeraient un espace plus grand que l'Irlande.

Les communes possèdent encore dans la seule Angleterre plus d’un mil- P

! Territoire agricole des Îles Britanniques en 1877 :

LATE RE TE EE 4493131 hectares, Green crops (pommes de terre, betteraves, choux, etc.). 2007 849 » Prairies artificielles. . , . , , . . . . . . . . . . 2613998 » RARE TANIA pe et dE neue Het eue 9672 955 »

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Bois et vergers . . , . . . . . . . . . . des 1100195 » ROSE A M Em re ed Durs aie et 256 356 »

id Villes, canaux, chemins, terres non cultivées. . . . . 11288991 »

# R. Giffen, Official Report of 1878.

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lion d'hectares, consistant, au moins pour les deux cinquièmes, en bonnes terres arables : ces espaces, suffisants pour nourrir un demi-million d'hommes, ne sont guère employés que pour la vaine pâture, Les lois et les mœurs, qui favorisent la propriété individuelle, n'ont pas encore permis aux habitants des communes d'utiliser ces terrains pour une culture rationnelle, et chaque année les seigneurs dont les domaines sont contigus à ces communaux en détachent quelque partie, Les citadins et les villageois réussiront-ils du moins à sauvegarder celles de leurs propriétés dont ils ont besoin pour champs de jeux et terrains de promenades? Telle est l'importante question qui se diseute dans la presse et dans les assemblées délibérantes, el qui n'a pas été toujours résolue en faveur des communes !, Du moins celles-ci, en perdant la terre, ont-elles pu conserver presque partout les anciens sentiers, et grâce à d'incessantes luttes devant les tribunaux, les villages des contrées agricoles ont encore leurs gracieux chemins, qui serpentent dans les prairies, où sur le bord des ruisseaux, à l'ombre des arbres touffus *.

Les Îles Britanniques sont des pays de grande propriété. Le nombre des possesseurs du sol, tel qu'il est établi par le nouveau Domesday Book, publié en 1876 en vertu d'un acte du Parlement, est plus élevé que ne le supposaient les staiisticiens : il serait de 972 000 personnes pour l'Angleterre et le pays de Galles, de 1173000 pour tout le Royaume-Uni, non compris le distriet de la métropole ; mais il faut tenir compte de ce fait, que les propriétaires de moins de 40 ares, c'est-à-dire ceux qui possèdent simplement le terrain de leur maison et de leur jardin, soit huit ares et demi en moyenne, sont au nombre de plus de 850000 et forment à eux seuls les trois quarts des possesseurs énumérés. Leurs parcelles réunies représentent une superficie totale d'environ 60 000 hectares, soit 12 000 hectares de moins que le seul domaine du due de Northumberland. En outre, les grands propriétaires ayant des terres en plusieurs parties de l'Angleterre autour de leurs anciens châteaux, comme Warwick, ou de leurs palais modernes, comme Blenheim et Chatsworth, sont énumérés dans chaque comté comme des personnes distinctes. En évaluant à 250 000 le nombre des landowners de l'Angleterre et à 500 000 celui de tous les propriétaires du royaume, on ne reste done que bien faiblement au-dessous de la vérité. D'après le nouveau cadastre, les deux tiers de la surface du

# Terres communes d'Angleterre en 1700 . . . . . . . . . . . . 2000000 hectares. » » » LE Se te cm, |.

? Hugh Miller, First Impression of England and the English. 3 Cliffe Leslie; — Léonce de Lavergne, Économie rurale de l'Angleterre.

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