‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 479 sur 552 · RÉGIME DE LA PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

RÉGIME DE LA PROPRIÉTÉ

sol anglais appartiennent à dix mille personnes seulement et leurs biens ont une superficie moyenne de 1500 hectares, non compris des landes et des terres incultes non classées, qui sont aussi en très-grande partie dans les mains des mêmes seigneurs terriens‘, Les membres de la famille royale, les églises, les corporations, les deux universités d'Oxford et de Cambridge ont une part considérable de ces vastes domaines, dont le revenu est évalué par la statistique officielle à des chiffres de beaucoup au-dessous de la réalité : tandis que les documents administratifs évaluent toujours au plus bas, la valeur marchande de la propriété ne cesse d'augmenter". La pairie anglaise, prise dans son ensemble, est le groupe de propriétaires le plus puissant qu'il y ait en Europe, et cette immense richesse territoriale maintient et consolide son pouvoir dans l'État. Pairs et pairesses possèdent dans tout le Royaume-Uni une étendue de 6 240 000 hectares, soit pour chacun 12000 hectares et un revenu moyen de 625 000 francs ; d'ailleurs, les énormes possessions territoriales sont toujours considérées, de même que les puissantes fortunes industrielles, comme donnant un droit à l'acquisition de la pairie. € L'Anglais, dit M. Gladstone, a la religion de l'inégalité. »

En Écosse et en Irlande la propriété est encore moins divisée qu'en Angleterre*, En vertu de lois récentes que nécessitait le désarroi social de l'Irlande, une étendue de domaines comprenant ensemble le sixième du territoire de l’île a changé de mains, et la vente des biens de l'Église établie vient d'accroître de quatre mille noms la liste des propriétaires irlandais : bientôt six mille autres parcelles, achetées presque toutes par d'anciens fermiers de l'Église, s’ajouteront au registre des propriétés distinctes. Mais en Écosse aueune intervention du parlement n'a modifié le

{ Division du sol, non compris la métropole, en 1873 :

lropriétaires Propriétaires

de moins de 40 ares. de plus de 40 ares. Ensemble. Angleterre et Galles . . . . 705 289 269 47 972 836 PR UN or 113005 19 196 132131 [MANS ie oo + 36144 32 572 68716 Royaume-Uni. . . . . . . 8592 438 321 245 1173683

# Accroissement de la valeur de la propriété de 1857 à 1877 :

MIE CR SE ET EE ENT er er + 21 pour cent.

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(James Caird, The Landed Interest and the Supply of Food.) 3 Superficie moyenne des propriétés d'après Je New Domesday Book :

Angleterre. . . . . . aies ce 10310 Revenu estim' 2554°fr, Écosse . . . . . ER ans mia 0 DAT: » » 3535 » Irlande . . . . . . . . . . . 4118°,77. » n 4879 »

régime de la tenure du sol, et les possesseurs de la terre, si l'on ne tient pas compte des simples propriétaires de maisons et de jardins, ne dépassent pas 8 000; quelques seigneurs possèdent à eux seuls de si vastes domaines, qu'ils ne pourraient, du haut de leurs montagnes, en saisir du regard toute l'étendue, et parmi les beaux lacs d'Écosse, il en est plusieurs qui se trouvent on entier dans les limites d'un seul pare,

Quoique li population des Îles Britanniques se soit grandement acerue depuis l'invasion normande, ilest probable que le nombre des propriétés distinetes a diminué depuis l'époque où l'Angleterre fut divisée entre les compagnons de Guillaume, L'ancien Domesday Book, que l'on conserve dans le Hecord Office à Londres, compte pour l'Angleterre, sans le pays de Galles et cinq comtés du Nord, 9271 possesseurs de fiefs directs ou indirects et 449591 détenteurs de € terres libres » astreints au service militaire où à une rente fixe en échange du sol qu'ils occupaient, Les 108 407 « villains », classe séparée de celles des bourgeois et des serts, n'étaient, ilest vrai, que campés sur la terre et les seigneurs pouvaient les en chasser suivant leur caprice; mais peu à peu leur droit d'usage devint un droit légal; ils restèrent de père en fils les maîtres du sol en payant les taxes et le fermage : ce sont eux qui constituèrent cette forte yeomanry, qui donna tant de solidité et la conscience de sa valeur au peuple anglais du moyen âge. D'ailleurs, la coutume saxonne, qui reconnaissait la division de la propriété par égales parts entre les enfants, et qui se continue encore dans quelques parties de l'Angleterre, notamment dans le comté de Kent, devait accroître, même après la conquête, le nombre des paysans propriétaires, D'après Macaulay, les yeomen formaient encore le septième de la population dans la seconde moitié du dix-septième sièele.

Mais qu'est devenue cette « vieille Angleterre », avec ses paysans libres et ses gentilshommes de campagne ? Sans doute l'ouvrier des fabriques et le petit rentier essayent de découper sur le sol un carré de terre qui leur appartienne, et ils ont appliqué la force que donne l'association pour se grouper en « sociétés de construction » (building socielies) et conquérir l'étroit espace dans lequel ils pourront bâtir leur propre maison, cultiver leur propre jardin. Autour de Birmingham, on compte 15 000 de ces propriétaires. Mais le paysan a disparu : à sa place il ne reste que des journaliers. Les petits domaines vont se perdre dans les grands. D'une part, la loi de l’entail qui ne permet pas à l'héritier d'une terre noble de la vendre sans le consentement de son propre héritier majeur, et qui

1 Shaw Lefevre, Fortnightly Review, vol. XXI, New Series.

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