‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 480 sur 552 · RÉGIME DE LA PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

RÉGIME DE LA PROPRIÉTÉ

répond dans la pratique à l'institution du majorat ; d'autre part, la tendance générale qui porte les propriétaires à reculer les limites de leurs domaines, contrebalancent, et au delà, les efforts des petits acheteurs. Dans plusieurs comtés, la propriété moyenne à cessé d'exister : les anciens manoirs sont abandonnés ou changés en maisons de ferme; c'est ainsi que dans le Dorsetshire on compte 129 paroisses rurales sur 252 qui n'ont pas dans leur territoire un propriétaire résidant. La seule partie du Royaume-Uni dont le sol soit réparti en petits domaines est le groupe des îles Normandes : là prévaut le régime français de la propriété ; là aussi l’aisance est générale.

Naturellement les vastes domaines seigneuriaux sont subdivisés en fermes, et ces fermes elles-mêmes sont en moyenne beaucoup plus grandes que ne le sont d'ordinaire les groupes de parcelles appartenant au propriélaire français. Les seigneurs gèrent eux-mêmes ou par des intendants les enclos les plus étendus, et le reste est divisé en fermes ayant dans la Grande-Bretagne une superficie moyenne de 22 à 25 hectares et de 10 à Il hectares en Irlande‘. Ces fermes sont pour la plupart entre les mains de tenanciers à vie; même sur plusieurs grands domaines il s'établit entre la famille du suzerain et celles de ses fermiers des relations qui rappellent celles des patrons romains et de leurs clients et qui empéchent le propriétaire de faire des conditions trop dures à ceux qui dépendent de lui. Non-seulement il n’augmente pas le taux du fermage, mais il emploie une forte part de ses revenus à l'amélioration de son domaine, au drainage du sol, à l'ouverture des routes, à la construction d'édifices publics ?. Une possession de second ordre s'établit ainsi sous la propriété supérieure.

En méme temps que le nombre des parcelles du sol anglais diminue, s’'amoindrit aussi la population agricole, et de la manière la plus rapide. D'après les recensements, elle se serait réduite d’un neuvième entre 1851 et 1861. et de près d’un quart pendant la décade qui s'est écoulée de IS6T à INT! : de 2084150, elle serait tombée à 1855 690 personnes, puis à 1 ##7 500 ; mais il semble que les éléments de comparaison ont été classés autrement à ces trois époques. Quoi qu'il en soit, il est certain que les habitants des campu;,nes sont de plus en plus rejetés dans l’industrie proprement dite : employés désormais au service des locomobiles et des

? Division du sol dans le Royaume-Uni :

Angleterre et Galles . . . . . . . . . . . . . . . . 469500 fermes. BOOM Lure de wat er etant en 4 0e A0:

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* De Laveleye, Patria Belgica, tome Le".

machines de toute espèce, ils font plus de travail par l'intermédiaire de la vapeur qu'ils n'en faisaient autrefois par la force de leurs bras, et par cela même ils se rendent de moins en moins utiles et travaillent à réduire leur propre salaire : devenus trop nombreux pour le sol, ils sont obligés de chercher un refuge dans les mines et dans les manufactures, où leur venue contribue également à faire baisser le prix du travail. De tous les pays de l’Europe, l'Angleterre est celui qui se prête le mieux à la culture à vapeur, par l’abondance du combustible, le bon marché du fer, le grand nombre des ouvriers éprouvés, la nature du sol et le régime de la propriété. Dans les Iles Britanniques, les charrues à vapeur représentent une force totale bien supérieure à celle de tous les engins du même genre employés sur le continent d'Europe.

Par un singulier contraste, tandis que la surface des prairies n’a cessé d'augmenter dans les Iles Britanniques depuis 1860, le nombre des animaux, surtout des bêtes à cornes et des moutons, à diminué jusqu’en 1877, pour reprendre légèrement depuis* : en trois ans, de 1874 à 1877, l'Angleterre a perdu près de 2 millions de bêtes à laine”. L’Irlande est proportionnellement beaucoup plus riche en bestiaux que l’île occidentale ; mais si la Grande-Bretagne est parmi les contrées de l’Europe qui possèdent le moindre nombre relatif de bœufs et de vaches, ces animaux y achètent en partie leur faiblesse numérique par le poids et la qualité *. L’Angleterre est le pays du monde où l’on a su créer et modifier les variétés les plus précieuses des animaux domestiques, soit pour la force, soit pour la taille, pour la chair ou pour la laine. Le puissant durham ou

‘ Charrues à vapeur en 1876 :

Îles Britanniques. . . . . . . . . . 2000 | France (1878). . . . . . . . . . . 14 AOMABNONE TE ee dome ous 104 | Russie . . . . . . . . GÉPAO TETE EN Autriche-Hongrie, . 25 | Roumanie, 7

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* Cheptel agricole du Royaume-Uni en 1877 :

Angleterre et Galles. Écosse, Irlande, Ensemble, Chevaux . . . . . 1 221 086 191416 504 750 1927 066 Bêtes à cornes, . . 4642741 1095 387 3964751 9 761 288 Brebis, . . . . . 21 366 207 7 0356 396 4094 230 32 571018 Cochons . . . . . 2343459 140 189 1 269 340 3 767 960

5 R. Giffen, Official Report for 1878.

+ Race bovine en divers pays d'Europe, par 100 habitants : Grande-Bretagne. . . . . . , +. + 224 | Hollande, , , : ,, , , , ,, , , 59, Irlande , , , . . CR

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