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GOUVERNEMENT ET ADMINISTRATION

A bien des égards, le Royaume-Uni est encore un pays féodal. L'Anglais n’a pas de droits inhérents à sa qualité d'homme, ni même à son titre d'Anglais; mais il peut jouir d'avantages spéciaux comme habitant d'un domaine seigneurial, ou posséder un ‘privilège comme membre d’une corporation ou comme citoyen d’un bourg municipal. Partout, dans la division du sol, aussi bien que dans les attributions des fonctionnaires locaux, se voient les traces de l’ancien ordre de choses, très-différent de celui que les colons anglais transportés soudain dans un milieu différent, en Aus-

tralie et en Nouvelle-Zélande, ont établi pour répondre à leur idéal nouiv. 409

H veau. Les trois royaumes qui composent l'État ont chacun une administration différente, des lois, des règlements distinets où même contradictoires, Les divisions de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, connues sous Ù le nom de shires ou de comtés, contrastent aussi les unes avec les autres L' par les dimensions et les prérogatives locales. Chacun des cinquante-deux comtés de l'Angleterre et de Galles se partage, au moins nominalement, en

| ‘| «centaines » ou hundreds : mais administrativement ces limites anciennes ! n'ont plus qu'une bien faible j N° 190 — DIMENSIONS COMPARÉES DES CONTÉS D'YORK valeur. Lors de la création du À ATOS hundred, ce district compre- | nait exactement cent familles :

le commerce et l’industrie ont singulièrement changé la distribution des habitants, et tandis que certains hundreds n’ont guère accru leur population primitive, d’autres en ont une plusieurs milliers de fois plus considérable’, Dans certains

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comtés, les subdivisions correspondant aux hundreds portent les noms de wapentakes, de sokes, de liberties ou de wards, et sont groupées en

d ‘nee nn < lathes ou en rapes. Mais les 1 » SV cé DE’RUPLA PA. dr ; 1 MEME. ND aura doc limites des divisions admij

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Es l) 0° Cr . CR , * Echelle de 1.3500.000 Cravé par Érhart nistratives s’entremélent avec che +0 oUVU.

LENS 39 ido Eil. beaucoup d’autres : suivant les

14 convenances ou Îles intérêts spéciaux, les espaces sont distribués d'une manière différente. On peut citer en exemple la ville d’York, qui se trouve à la fois dans le North Riding du comté pour les élections du Parlement, dans l’East Riding pour le travail du recensement, dans le West Riding pour l'administration proprement dile?.

Les hundreds dont l'organisation rappelait le mieux celle des communes de France et de Belgique étaient les anciens boroughs. Tous les habitants

Ê du bourg, qu'entourait un fossé, une palissade ou un mur, étaient des Frederick Martin, England, Encyclopedia Britannica.

* Official Report on the Census of 1871.

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ADMINISTRATION DU ROYAUME-UNI. 867 ni

hommes libres, solidaires les uns des autres, subvenant tous aux dépenses h générales et partageant les mêmes dangers. Quelques-unes de ces communautés de bourgeois sont tombées à la condition de simples villages, d'au- 5:18 tres ont disparu ; mais plusieurs sont devenues de grandes cités. Des villes « considérables, nées depuis le mouvement industriel et commercial des j temps modernes, ont aussi réclamé le droit d’être incorporées comme cités 1 autonomes et le Parlement leur a concédé leur charte d’émancipation. Lors Fi du recensement de 1871, on comptait en Angleterre et dans le pays de ui: Galles 224 bourgs municipaux. Des conseils locaux ou local boards, élus, # comme les conseils des boroughs, par les burgesses ou citoyens, administraient 721 autres villes. C'est entre leurs mains que se trouve presque toute l'administration locale; ils s'occupent de l'édilité, administrent les biens communaux et même peuvent lever des taxes spéciales. Les comtés sont placés, au contraire, sous l'autorité des fonctionnaires de la couronne. Les sheriffs, nommés pour un an, représentent le souverain; ils veillent à l'exécution des jugements civils et criminels et président aux n élections parlementaires ; au-dessous d'eux, dans l'ordre hiérarchique, les l lords-lieutenants ont surtout des fonctions honorifiques : ils sont choisis M d'ordinaire parmi les pairs du royaume.

, La représentation politique devait appartenir naturellement aux groupes assez forts pour l'exiger, soit qu'ils eussent quelque puissant baron pour protecteur, soit que les bourgeois eux-mêmes fussent assez riches pour , que leur voix dût être écoutée dans les questions d’impôts. Conformément : aux traditions du moyen âge, l'électorat n’est point un droit dans le 1 Royaume-Uni, c’est un privilège, et ce privilège est attaché non à la perà sonne, mais à la résidence. Il est vrai que de modifications en modificaj tions l'antique mode électoral tend à se rapprocher quelque peu de la : conception moderne, mais les inégalités maintenues n’en deviennent que plus choquantes. D'après le dernier reform-bill, promulgué en 1867, sont électeurs tous les habitants des districts ruraux qui payent un fermage ou une location de 125 francs par an et tous les résidants des boroughs parlementaires dont le loyer annuel s'éière à 250 francs. Les bills de réforme ï

qui s'appliquent à l'Écosse et à l’lrlande sont analcgues à celui de l’An- Lie

| gleterre, mais avec quelques différences. Les Universités du Royaume-Uni \ | ont aussi reçu le droit d’élire des représentants. Ainsi les campagnards A pauvres, c’est-à-dire les travailleurs de terre sans exception, et la grande 4 majorité des ouvriers des villes sont exclus du scrutin. Plus des deux 4 uers de la population mâle et valide n’ont point de droits politiques ; en M: Irlande, où la misère est si grande, un seul homme sur huit jouit du

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