‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 51 sur 552 · C.Perron · texte numérisé non relu

C.Perron

nom à la ville. Avant de se mettre en route, les chasseurs, suivis de leurs meutes aboyantes, assistaient à la messe. L'abbaye recevait les prémices du gibier tué dans la journée et la dime de celui que l’on abattait pendant l’année entière. Les religieux, eux-mêmes grands chasseurs, élevaient une espèce particulière de chiens dont ils étaient tenus d'offrir annuellement six couples au roi de France, et dont il n'existe plus aujour-

d'hui, et en Angleterre seulement , qu'un petit nombre de représentants ".

En aval de Dinant et de Bouvignes, modeste commune qui fut jadis rivale de Dinant, la Meuse n'arrese le territoire d'aucune ville jusqu'à Namur, bâtie sur les deux bords de la Sambre, au pied d'un promontoire escarpé qui domine le confluent La position de Namur est trop avantageuse au point de vue stratégique pour qu’elle n’ait pas été fortifiée : une puissante citadelle, occupant tout l'angle du promontoire, ÿ remplace depuis la fi du siècle dernier le château fort des anciens comtes de Namur. Très-nombreuses ont été les rencontres sanglantes entre les armées qui se disputaient la possession de ce point d'appui militaire. En 1815 encore, après la ba taille de Waterloo, l'arrière-garde française y arrêta les alliés. Les sièges, les bombardements, les incendies dont la ville eut fréquemment à souffrir ont fait disparaître presque tous ses anciens édifices : un beffroi, un couvent lransformé en palais de justice, tels sont les seuls monuments du moyen âge qui restent encore à la capitale de la province de Namur; la cathédrale moderne possède le tombeau de don Juan d'Autriche, le vainqueur de Lépante, mort en 1578 dans un camp voisin. Le philologue Honoré Chavée était natif de Namur. L'industrie de la ville est active; elle cem rend des verreries, des coutelleries, de grands établissements métallurgiques. Depuis vingt siècles au moins le travail du fer est pratiqué dans le pays : on y à découvert des traces d'anciennes forges et des cavités renfermant du métal fondu.

La vallée moyenne de la Sambre, grâce à sa richesse en houille, dépasse Namur par le nombre et l'importance de ses fabriques de toute espèce. Le chef-lieu de cette région industrielle, dont les produits sont expédiés dans le monde entier, est la ville de Charleroi, qui fut ainsi nommée, il y a plus de deux siècles, en l'honneur de Charles If, roi d'Espagne, mais qui, simple village à cette époque, portait alors l'appellation de Charnoy. Vauban l'entoura d’une enceinte, qui fut assiégée plusieurs fois et que remplacent maintenant des places, des boulevards, de grands édifices modernes. On ne s'étonne point que dans une ville d'industrie comme Charleroi, centre des travaux métallurgiques dans les Pays-Bas, le monument principal soit l'énorme nef de la gare, où vont et viennent les trains de houille et de mineral. Charleroi se prolonge en une vaste cité dans la vallée de la Sambre, par des villes et des bourgades nombreuses constituées en communes différentes : au sud et au sud-est, Marcinelle et Couillet ; à l’est, Montigny sur-Sambre, Châtelet, Châtelineau ; au nord-est, Gilly, Ransart, Courcelles

* Ernest Parent. Patria Relaica. N.

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ni, à l'ouest et au sud-ouest, Dampremy, Marchienne-au-Pont, Monceau-surescarpé Sambre, Mont-sur-Marchienne. Thuin, situé plus haut dans la vallée de la at Sambre, est déjà en dehors de Charleroi : c'est un groupe isolé de fabriques, uissante de même que le vieux bourg de Fontaine-l'Évèque, situé à l'ouest sur un

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RTE plateau qui sépare les bassins de la Sambre, de la Haine et de la Senne.

ès-nom- Sur le territoire des communes qui forment l'agglomération de Charleroi putaient ès la ba N° 25% — DISTRICT HOUILLER DE CHARLEROI.

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D'après la Carte de l'Etat :Major

(] à kil, lernes. On oi, centre on ne voit qu'usines aux cheminées fumantes, forges, hauts fourneaux, verreries, établissements de produits chimiques; partout l'horizon est limité par des amas de scories dressant leurs talus en véritables collines ". Plusieurs chemins de fer croisent dans cette région houillère la grande ligne k de Liège à Paris; en outre, un canal, où Îles bateaux chargés se sui-

icipal soil lle et de le la Sam- ‘ommunes Montigny

'ourcelles ! Fabrication du fer à Charleroi : 1842. . . . . . 20000 tonnes. ! 1862 . . . . . . . 112300 lonnes. AS à à ONU on L'ANÉ. a 960000 »

Production sidérurgique de la province de Hainaut en 1876 :

Fonte et fer . . . . 516 489 tonnes, Valeur. . . . 65017 000 fr,

vent en longs convois, réunit le cours de la Sambre au réseau des voies navigables de la basse Belgique. Au sud, vers les frontières de France, sont les petites villes de Mariembourg, de Philippeville, de Chimay, souvent citées dans l'histoire des guerres et des traités politiques. Au nord de Charleroi sont les célèbres champs de bataille de Fleurus et de Ligny. Une partie de la plaine de Fleurus est couverte d’une efflorescence blanchâtre, le sulfate de baryte, que l’on exploite en grand depuis quelques années, malheureusement, paraît-il, cette poudre n’est pas employée seulement à divers usages industriels légitimes, mais elle sert aussi à la falsification de nombreuses denrées : des spéculateurs éhontés la mélangent même aux farines.

Au-dessous du confluent de la Sambre et de la Meuse, le fleuve s'écoule en longues sinuosités entre des pentes gracieuses, où se montrent de vieilles ruines et des châteaux modernes. Andenne, sur la rive droite, est une ville de papeteries, de faïenceries, de carrières. Plus loin, la ville de Huy est située sur la même rive, au pied d’une citadelle désormais inutile, mais d’un effet pittoresque. Huy est une des vieilles cités du pays wallon : elle eut jadis jusqu’à dix-sept monastères, dent l’un possédait le tombeau de Pierre l’Ermite, l'apôtre de la croisade. Au nord de la grande commune de Saint- Georges-sur-Meuse et du village d'Engis, important par ses carrières el devenu célèbre dans le monde savant par les précieux débris préhistoriques trouvés dans ses grottes, les bords de la Meuse sont couverts d'usines et de villages d'ouvriers : on est entré dans la région industrielle de Liège.

La métropole de la Belgique wallonne est située sur les deux rives de la Meuse, en aval du confluent de l'Ourthe; à l’ouest s'élève une colline allongée, que surmonte une citadelle et d’où la vue est fort belle, quand elle n’est pas obscurcie par la fumée des innombrables cheminées d’usines. La ville se prolonge an loin, par ses faubourgs industriels, dans la vallée et sur les pentes des coteaux, et couvre de ses constructions une grande île qu'entourent la Meuse et l’un de ses bras canalisés. Plusieurs ponts traversent le fleuve; l’un d'eux, fréquemment reconstruit, est celui des Arches, qui succéda, dit la légende, au « souverain pont > élevé par le paladin Ogier le Danois. Liège est une de ces villes dont le nom, répété par les poëtes du cycle de Charlemagne, aussi bien que par les chroniqueurs el les historiens, devint fameuse dans toute l’Europe. Est-il un village de l'Europe germanique et latine où ne soit connu le double « Almanach liégeois » de Matthieu Laensberg ?

Le centre de Liège est peu éloigné du pont des Arches. Là, sur la place de l’Hôtel-de-Ville, une colonne, entourée des trois Grâces, remplace l’ancien «perron » ou « péron » qui fut le symbole des libertés locales pour les bour-

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3 ambert, ainsi nommée d’une somptueuse cathédrale, à laquelle tout Lié-

geois, riche ou pauvre, devait jadis léguer en mourant une somme quelconque, ne füt-elle que d’un sou, et qui fut démolie pendant la arr française. L'université‘, fondée en 1817 par le gouvernement neerlandais à la place d'un ancien collège des jésuites, renferme une précieuse biblio:

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