‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 523 sur 552 · STORNOWAY. — RETOUR DE LA PÈCHE AU HARENG · texte numérisé non relu

STORNOWAY. — RETOUR DE LA PÈCHE AU HARENG

Dessin de Th. Weber, d'après une photographie de M. W. Wilson.

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mais plusieurs des embarcations anglaises ont au milieu un réservoir dans lequel l’eau de mer pénètre et où l'on enferme les morues vivantes pour les vendre sur le marché de Londres. Au sommet des promontoires on aperçoit de petits murs en pierres sèches que les indigènes ont élevés pour y faire sécher le poisson, en le mettant à l'abri de l'atteinte des mouches, qui ne montent jamais jusqu'à ces hauteurs. Souvent ces parois sont si escarpées, que le pêcheur ne peut les atteindre qu'au moyen de cordages. Le Grand Dimon est une île semblable à un pilier, dont les pâturages ne séni accessibles au berger que par un câble : c'est grâce à ce moyen qu'il a pu hisser ses brebis‘

Quelquelois les dauphins globicéphales (Delphinus melas,! globiceps, le hval des Féringeois) et d’autres cétacés échouent en grand nombre sur les grèves de l'archipel et fournissent ainsi aux habitants une source importante, mais irrégulière, de revenus. Les glolweéphales visitent le plus fréquemment les parages des Färôer en été et en amtomne, surtout par les temps de bromillard, que les Féringeois désignent des noms de qgrindemôrke et grmmdevesr : ils appellent grind les bandes de ces dauphins, qui voyagent bemours de compagnie, par centaines et mème par milliers, Quand un équipage de pêcheurs découvre un grid dans le voisinage de l'arehipel, une veste de matelot est immédiatement hissée au mât de l'embareation, les bateaux aecourent de toutes parts aux cris de grinde boi grinde bo let bientôt un demi-cercie d'esquifs, ineessamment rétréer, se resserre autour du troupeau de cétacés et le chasse vers quelque plage en pente douce, entre deux promontoires. En fuyant vers la rive, les animaux affolés soulèvent des vagues éeumantes pareilles à un ras de marée, el, portés par l'ondulation du flot, ils viennent s'échouer haut sur le sable, Mers commence le drab ou la tuerie, à laquelle participe presque toute la population valide de l'archipel. Pendant trente années* les'plus fortes pêches ont été celles de 1845, qui rapportèrent enviros 9190 dauphins, d'où l'on retira 4000 hectolitres d'huile et dont la chair, découpée en longues lanières, servit à nourrir environ 600 vaches, au grand avantage de la production du lait. Chose curieuse, les marins ne voulaient jadis commencer la pêche sans s'être assurés d'avance que ni femme ni prètre ne les regardait de la plage: autrement ils eussent eu malchance où malheur*,

1 Robert Chambers, Tracings of Iceland and the Feroe Islands.

? « Tueries » de globicéphales dans les Füirüer, de 1833 à 1862 : 248,

Globicéphales tués : 37 986, Moyenne de la tuerie : 193, Valeur totale de l'huile exportée à Copenhague : 3 800 000 francs,

(rminger, Notice sur les pêches du Danemark.) # Xavier Marmier, Erpédition an Spitiberq.

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