‹ Nouvelle géographie universelle [microforme] (volume 4)Chapitre 524 sur 552 · MONA UNS ARS · texte numérisé non relu

MONA UNS ARS

ag:

ÉEr PRDSrne atn ue à Des Dei ae ah œuvre Ra

Du reste, les antiques superstitions se sont longtemps maintenues dans ces îles éloignées. Les graines de l'Entada gigalobium apportées des Antilles par le courant marin étaient considérées jadis aux Färüer comme ayant des vertus souveraines : avant que Debes ne les eût reconnues pour des «haricots des Antilles », on y voyait soit le rein d'un nain mystérieux, soit même le cœur de saint Thomas ; réduite en farine, la graine servait à traiter toutes les maladies, principalement celles des femmes en couches", Certaines sourees élaient considérées comme saintes, et c'est là que les parents, en l'absence du prètre, allaient baptiser leurs enfants : l'ancienne adoration des fontaines s'était conservée*, bien que les premiers habitants du pays aient été, dit la légende, des moines irlandais.

La population actuelle des Färôer est presque en entier d’origine norvégienne, quoique l'idiome parlé par eux soit maintenant le pur danois : ils ont eu pour ancêtres des fngitifs et des naufragés, qui abordèrent dans les iles pendant la deuxième metié du neuwwème siècle, Les Feringiens sont presque tous des hommes de grande taille, ayant un :-50et de force et de santé : on ne trouve parmi eux qu'un très-pelit nomure de boiteux ou d'infirmes ; plusieurs atteignent un âge très-avancé, grâce à la simplicité de leur genre de vie, Hs ont pour‘ plupart un air grave et presque sévère, répondant bien à celus de la nature qui les environne; mais ils n’ont pas seulement la dignité du maintien, ils ont d'ordinaire aussi celle de la conduite, el quoiqu'ils voient avec une certaine frayeur arriver les étrangers, qui leur ont souvent apporté des épidémies, ils sont de mœurs trèshospitalières. Les voyageurs qui s'arrêtent à Thorshavn (Havre de Thor), le port principal de l'archipel, se félicitent toujours de l’exeellent aceueil qui leur à été fait par les gens du pays. Quant aux employés danois, qui se sentent exilés sur ces terres où ne se retrouve plus la vie de Copenhague, l'étranger est pour eux comme un messager du monde civilisé.

L'ile est divisée en six districts : Strümô, Norderë, Oesterë, [Vaagô, Sand, Süderô, Les habitants nomment une assemblée locale et sont représentés aux Chambres de Copenhague.

! Peder Claussôn ; Debes ; Olaus Worm ; évêque Gunnerus, cités par Schübeler, Pflansenwelt Norwegens.

2 Xavier Marinier, Erpédilion au Spilsherg : Revue des Deux-Mondes, 1859. l {

enues dans ortées des üer comme nnues pour nystérieux, ie servait à 1 couches!, là que les l'ancienne s habitants

rine norvédanois : ils nt dans les igiens sont force et de boiteux ou simplicité que sévère, S n'ont pas elle de la les étran- 1iœurs trèsde Thor), nt accueil ois, qui se

penhague,

0, [Vaagô,

le et sont

Pflansemvelt

ISLANDE, ont

Cette terre danoise, trois fois plus étendue que le petit groupe de péninsules et d'îles dont elle dépend politiquement, à cependant une population bien moindre : si ce n'est dans le voisinage des côtes, elle est presque déserte! ; elle à deux fois moins d'habitants que le groupe de Malte et de Gozo dans la Méditerrannée, avant à elles deux une surface 280 fois moindre.

Quoique appartenant par sa population au monde scandinave, l'Islande semblerait, comme les Färüer, devoir se rattacher plutôt à la Grande- Bretagne qu'à la Seandinavie, Séparée de la Norvège par des abimes où la sonde trouve jusqu'à 4000 mètres de profondeur, elle se continue au sud-est vers les Färüer et les Hébrides par des banes et des seuils qui ne descendent pas à 1000 mètres au-dessous de la surface, Mais par sa posilion en plein Atlantique boréal, Fislande est une terre bien isolée, distinete du reste de l'Europe. Plus rapprochée du Nouveau Monde, l'ile parailrait même en être une dépendance ; mais elle est certainement européenne par le piédestal sous-marin qui là porte, par sa flore et sa faune, non moins que par l'histoire de ses populations. Il arrive parfois que la grande banquise polaire, s'appuyant sur la péninsule nord-oceidentale de l'Islande, ferme complètement le canal qui la sépare du Groenland : l'Europe s’unit alors à l'Amérique par un continent éphémère. Des labyrinthes de « bourguignons » ou glaçons épars précèdent là barrière continue de la banquise. L'île mérite bien alors son nom de « Terre des Glaces » que lui donna le marin scandinave Floki; elle avait été d'abord désignée par l'appellation de Snjéland ou « Terre des Neiges ».

Les voyageurs n'ont pas encore exploré tout l’intérieur de File, Couverts de neiges et de glaces, percés de cratères d’éruption et de gouffres d'effondrement, entourés d'âpres coulées de laves, défendns contre les explorateurs par des torrents aux crues sondaines, aux rivages fuvants, les massifs du centre de l'Islande sont du plus difficile abord et récemment les indigènes les disaient tout à fait inaccessibles; c’est en IS7Æ seulement que le plateau du Vatna Jôkull, dans la partie orientale de Pile, à été parcouru

! Superfieie de l'Islande, Population en 1870, Population kilométrique,

109 963 kilomètres carrés, 69 763 habitants, T habitants par 40 kilom. carrés.

EE eee VU TN RER RE JE

ñ02 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

pour la première fois et que la croupe suprème en à été gravie', Ces espaces naguère inconnus, qui jusqu'à maintenant ne sont traversés que d'un seul itinéraire, étaient pour les anciens Islandais le pays des mystères et des fables. Peut-être est-ce Tà que se trouvait la cité d’Asgard dont parle la cosmogonie de l’Edda. Pour les colons scandinaves, l'Islande était le monde entier, entouré par les vastes replis du fleuve d'Ifing, c'est-à-dire de l'Océan ; la Terre où Midgard n'était pour eux que le littoral d'Islande avec sa bordure d'écueils ; mais cette région de l'intérieur, sur laquelle on voyait le frêne Ygdrasil étaler parfois son branchage immense de cendres noires, n'élait-ce pas le séjour des Dieux, les maîtres de l'Eau et du Feu, les dispensateurs des éruptions et des orages”? Encore de nos jours, même chez des gens instruits, se maintient, dil-on*, la tradition d’un lieu de délices, d'un « jardin des Ases », caché dans quelque vallée du centre de l'île.

Dans son ensemble, l'Islande est une terre assez élevée, car des plateaux en occupent tout l'intérieur et des montagnes volcaniques se dressent en dehors des hautes régions du centre, jusque dans les péninsules, Un des sommets les plus superbes de l’île, le Snaefells-Jükull, est précisément un de ces monts presque séparés de la grande terre : il se dresse en cône parfait à l'extrémité de la presqu'ile qui limite au nord le golfe de Faxa. Les marins qui viennent de contourner les écueils de Reykjanes, au sud-ouest de l'Islande, voient la cime du volean pointer et s'élever graduellement au-dessus des flots en étalant au loin ses pentes neigeuses : bien avant que le pourtour des rivages ne se montre à eux, la montagne superbe se dresse isolée, surgissant comme une île du milieu de la mer, La grande péninsule nord-occidentale, séparée du corps principal de Pile par un isthme de 8 kilomètres de largeur, est aussi fort montueuse, et plusieurs des cimes qui hérissent en promontoires la côte dentelée ont de cinq cents à neuf cents mètres de hauteur. Les caps de la côte septentrionale sont pour la plupart également dominés par des montagnes abruptes. Quant à la région orientale, la plus rapprochée du plateau, elle à quelques cimes de plus d'un kilomètre de hauteur, que les navigateurs peuvent souvent apercevoir de loin, dessinant leurs escarpements dans le ciel bleu, au-dessus des brouillards qui recouvrent les rivages. Le sommet le plus élevé de l'Islande, l'Oraefa-Jükull ou le € Mont Glacé de la Solitude », est à l'angle méridional du grand plateau de Vatna-dôkull; sa hauteur est de près de 2000 mètres, à peu près le quadruple de l'élévation moyenne qu'en l'ab-

1 Watts, Across the Vatna-Jükull.

2 Nouk, Ausland, n° 5, ANT.

avie!, Ces ersés que pays des ÿ d’Asgard , l'Islande e d'Ifing, Je littoral rieur, Sur * immense s de l'Eau re de nos \ tradition que vallée

s plateaux ressent en , Un des sément un cône par- : Faxa. Les

sud-ouest

luellement avant que se dresse péninsule isthme de des cimes its à neuf t pour la la région s de plus ipercevoir essus les l'Islande, ble méri-

près de

‘en lab-

Page 1